CHAPITRE LXXXVI
[142] Un mandement d’Édouard III, en date du 16 avril 1361 (Rymer, III, 614), est adressé à Henri, duc de Lancastre. Cependant Knyghton, chanoine de Leicester (apud Twysden, II, 2625) dit que Henri de Derby mourut dans le carême qui suivit le traité de Brétigny, c’est-à-dire au plus tard dans les vingt-et-un premiers jours de mars 1361. Le duc de Lancastre fut enterré près de la porte septentrionale de l’église collégiale de Leicester, qu’il avait fondée à côté d’un hôpital destiné à recevoir cent pauvres malades.
[143] Philippe, dit de Rouvre, mourut le 21 novembre 1361, cinq mois à peine après son mariage avec Marguerite de Flandre, accompli le 1er juillet précédent, alors que Marguerite n’avait pas encore atteint sa douzième année.
[144] Marguerite de France, mariée le 2 juin 1320 à Louis II, comte de Flandre, mère de Louis III, dit de Male, et grand’mère de Marguerite de Flandre, était la seconde fille de Philippe le Long et de Jeanne, comtesse de Bourgogne et d’Artois. Cette princesse, sœur de Jeanne de France, mariée à Eudes IV, recueillit les comtés de Bourgogne et d’Artois du chef de sa mère Jeanne, bisaïeule de Philippe de Rouvre.
[145] Jeanne de Boulogne, fille de Guillaume, comte d’Auvergne et de Boulogne et de Marguerite d’Évreux, mariée en premières noces à Philippe de Bourgogne, dont elle eut Philippe de Rouvre, remariée le 19 février 1349 à Jean, roi de France, mourut à Argilly le même jour que son fils, c’est-à-dire le 21 novembre 1361. Jean d’Auvergne ou de Boulogne, qui, par suite de ce double décès, entra en possession des comtés de Boulogne et d’Auvergne, était, ainsi que le cardinal Gui de Boulogne, l’oncle de Jeanne du côté paternel. Jean et Gui étaient les fils de Robert VII, comte d’Auvergne et de Boulogne, et de sa seconde femme, Marie de Flandre, tandis que Guillaume, père de Jeanne de Boulogne, était le fils de ce même Robert VII et de sa première femme, Blanche de Clermont. Anselme, Hist. généal., VIII, 56 et 57.
[146] Le roi Jean, fils de Jeanne de Bourgogne, sœur d’Eudes IV, grand-père de Philippe de Rouvre, était par conséquent le neveu d’Eudes IV, le cousin germain du fils d’Eudes, Philippe de Bourgogne, tué au siége d’Aiguillon le 22 septembre 1346, et l’oncle à la mode de Bretagne de Philippe de Rouvre, fils de Philippe de Bourgogne.
[147] Charles II, roi de Navarre, dit le Mauvais, petit-fils par sa mère de Marguerite de Bourgogne, première femme de Louis le Hutin et sœur d’Eudes IV, était seulement le cousin issu de germain du dernier duc de Bourgogne. Pour couper court à ces prétentions de son gendre, le roi Jean, par une ordonnance rendue au Louvre lez Paris au mois de novembre 1361, réunit perpétuellement à la Couronne: 1º le duché de Bourgogne, 2º les comtés de Champagne et de Brie, 3º le comté de Toulouse. Ordonn., IV, 212 et suiv.
[148] Le voyage du roi Jean en Bourgogne pour prendre possession de son nouveau duché, n’a rien de commun, quoi qu’en dise Froissart, avec le voyage à Avignon. Le voyage en Bourgogne eut lieu en décembre 1361 et janvier 1362, tandis que le voyage à Avignon ne se fit, comme nous le montrerons plus loin, qu’aux mois d’octobre et de novembre de cette même année 1362. Voici les principales étapes du voyage en Bourgogne. 1361, 5 décembre: départ du bois de Vincennes (Gr. Chron., VI, 225); du 5 au 9 décembre: passage à Moret (JJ91, nº 30), à Sens (JJ91, nº 31), à Villeneuve-le-Roi (JJ119, nº 415), à Saint-Florentin (JJ91, nº 100), à Auxerre (JJ91, nº 230), à Tonnerre (JJ91, nº 33). Jean arriva à Dijon le 10 décembre et confirma le jour même de son arrivée le traité conclu à Guillon le 10 mars 1360 (dom Plancher, Hist. de Bourg., t. II, Preuves, p. CCLXXII à CCLXXVI). C’est encore à Dijon que ce prince confirma, le 23 décembre suivant, les libertés et franchises des habitants de cette ville (JJ91, nº 44). 1362 (n. st.), 2 janvier, à Talant (JJ91, nos 46, 56, 57, 98); 7 janvier, à Rouvre (dom Plancher, II, Preuves, CCLXVI et CCCLXVII); 16 janvier, à Cîteaux (Ibid., CCCLXVII et CCCLXVIII); 20 et 25 janvier, à Beaune (JJ91, nos 103 à 106: JJ93, nº 69); février, à Arnay-le-Duc (JJ91, nos 69 à 71). Le roi Jean, après avoir passé par Châtillon-sur-Seine (JJ91, nº 68) et Troyes (JJ91, nos 84 et 85) pendant la première quinzaine de février, était de retour au bois de Vincennes le 17 février (JJ91, nº 221).
[149] Froissart commet ici, comme l’a déjà fait remarquer dom Vaissète (Hist. du Languedoc, IV, 572), une grave erreur de date. Le roi Jean ne partit point de Paris vers le 24 juin; il était encore dans cette ville non à la fin, comme le dit dom Vaissète, mais dans les premiers jours de septembre (JJ91, nos 368, 370), au manoir de Tourvoye, près Provins (K179, liasse 21, nº 4); à Torcenay (K179, liasse 28, nº 2128); à Troyes le 30 septembre et dans les premiers jours d’octobre (P13772, nº 2891. JJ119, nº 219. JJ93, nos 1 à 12); à Châtillon-sur-Seine (JJ93, nos 13 et 14); à Villaines-en-Duesmois (JJ93, nº 15), à Beaune (JJ93, nos 18 à 20, 37, 38), à Chalon (JJ93, nos 21, 35, 36, 39, 40, 41, 43, 51, 54 à 56) en octobre; à Tournus, le 22 octobre (JJ93, nº 69); à Mâcon (Ordonn., III, 594, 595, 599) dans les derniers jours d’octobre. Le roi de France n’arriva à Villeneuve-lez-Avignon que dans les premiers jours de novembre (Ordonn., III, 600).
[150] La fête de Noël se célèbre le 25 décembre. On a vu par la note précédente que Jean arriva à Villeneuve-lez-Avignon dans les premiers jours de novembre. Par conséquent, Froissart place près de deux mois trop tard l’arrivée du roi de France à Avignon ou du moins à Villeneuve-lez-Avignon.