[132] Seguin de Badefol s’empara de Brioude le 13 septembre 1363, de grand matin: «Item a XIII de setembre (1363), davan matinas, lo dig mossen Segui de Badafol pres lo luoc de Brieude en Alvernhe, e lo tenc ben entorn x meses e plus.» Thalamus parvus, p. 363.—La prise de Brioude est par conséquent antérieure de plus d’un an à celle d’Anse, d’où il suit que Froissart, en racontant ces deux faits, a interverti complétement l’ordre chronologique. Le témoignage de l’auteur de la chronique romane de Montpellier est confirmé par une lettre de rémission accordée en juin 1366 à Jean Baille, sergent royal au bailliage d’Auvergne, «comme, environ trois anz a, la ville de Briode eust esté prise par les ennemis de nostre royaume et ycelle eussent tenu l’espace d’un an ou environ, en laquelle ville le dit Jehan, sa femme et enfanz demouroient, et à la prinse d’icelle ville fu le dit Jehan pris par les diz ennemis et mis à grant raençon.» Arch. Nat., JJ97, 107.—Dans une autre lettre de rémission octroyée en mai 1365 à Bertrand Basteir, marchand de Brioude, il est fait mention de «la prise de la dicte ville de Brioude faicte nagueires par Seguin de Baldefol et ses aliez, ennemis de nostre royaume.» JJ98, nº 279. Cf. sect. judic., X1a20, fº 47.—Peu après la prise de Brioude, Arnoul d’Audrehem, lieutenant en Languedoc, par un mandement daté de Nîmes le 13 octobre 1363, poussait la faiblesse jusqu’à autoriser les habitants du Velai à s’imposer une aide extraordinaire pour payer rançon à Seguin de Badefol à la suite d’un pactis récemment conclu «cum ipso et ejus tirannida Societate.» Bibl. Nat., ms. lat., nº 10 002, fº 32 vº.—Par acte passé à Clermont le 21 mai 1364, les trois États d’Auvergne et le gouverneur du duché pour le duc de Berry, alors otage en Angleterre, rachetèrent Brioude ainsi que Varennes (auj. Varennes-Saint-Honorat, arr. le Puy, c. Allègre) des mains de Seguin de Badefol. Archives des Basses-Pyrénées, arm. Albret, invent. C, chap. iii.
[133] Haute-Loire, arr. Brioude.
[134] Aujourd’hui section de Clermont-Ferrand.
[135] Haute-Loire, arr. Brioude, c. Lavoûte-Chilhac. Dans notre texte (p. 76, l. 4), on a imprimé, par erreur: Tillath. Lisez: Cillach.
[136] Puy-de-Dôme, arr. Issoire, c. Saint-Germain-Lembron.
[137] Puy-de-Dôme, arr. et c. Issoire.
[138] Saint-Bonnet-l’Arsis nous est inconnu. Le contexte ne nous permet pas de voir là deux localités distinctes, par exemple Saint-Bonnet et Lastic, suivant la leçon de quelques éditeurs; car, dans ce cas, Larsis ou l’Arsis devrait être précédé, comme les autres noms de lieu, de la préposition à. Peut-être l’Arsis ou le Brûlé est-il un ancien surnom de Saint-Bonnet-le-Château (Loire, arr. Montbrison), par opposition à Saint-Bonnet-le-Froid (Haute-Loire, arr. Yssingeaux, c. Montfaucon). Le voisinage de ces deux localités donne au moins quelque vraisemblance à cette hypothèse. Seguin de Badefol pilla aussi l’hôtel-Dieu de Montbrison (Arch. Nat., sect. adm., P14093, nº 1394).
[139] Béraud 1er, comte de Clermont et dauphin d’Auvergne, marié à Marie de Villemur, fut en effet l’un des otages du traité de Brétigny (Rymer, III, 515). Les domaines du comte Dauphin s’étendaient entre Clermont et Brioude.
[140] S’il fallait en croire un curieux et charmant récit d’un ancien chef de Compagnie nommé le Bascot de Mauléon, rapporté par Froissart, après le départ pour Anse de Seguin de Badefol, Louis Roubaut, de Nice, lieutenant de Seguin, aurait occupé Brioude, à la place de son maître. Un autre routier nommé Limousin aurait obtenu les faveurs d’une maîtresse, «une trop belle femme», que Roubaut, pendant un voyage à Anse, avait laissée à Brioude. Informé du fait, Roubaut, pour se venger, aurait chassé ignominieusement Limousin, après l’avoir fait «mener et courir tout nud en ses braies parmi la ville.» Limousin se serait vengé à son tour en faisant tomber Roubaut dans une embuscade où le bandit niçois fut taillé en pièces et pris par le seigneur de la Voulte et les habitants du Puy (Froissart de Buchon, II, 411 à 413), à la Batterie (auj. hameau de Graix, Loire, arr. Saint-Étienne, c. Bourg-Argental), entre Annonay et Saint-Julien. Cet engagement, où Louis Roubaut fut battu et fait prisonnier, se livra le vendredi 2 mai 1365. Thalamus parvus, p. 368.
[141] Lorsque Seguin évacua Brioude en vertu d’une convention conclue à Clermont le 21 mai 1364, il ne se retira pas immédiatement en Gascogne; mais, dans les premiers jours du mois de novembre de cette année, il s’empara d’Anse, comme nous avons déjà eu lieu de le dire plus haut. Après huit mois d’occupation, dans le courant de juillet 1365, il s’engagea, envers le pape Urbain V, à rendre cette forteresse aux chanoines de Saint-Jean, comtes de Lyon, qui en étaient seigneurs, moyennant l’absolution et une somme de 40 000 petits florins, ou 32 000 francs, dont une moitié devait être payée à Anse dans les premiers jours d’août, et l’autre moitié à Rodez au terme de Noël suivant. Seguin s’engageait, en outre, à faire sortir ses compagnons du royaume, et consentait, en garantie de l’exécution de cette clause, à livrer messire Seguin son père et ses frères comme otages à Avignon. Le pape, de son côté, promettait de donner l’absolution aux compagnons de Seguin de Badefol, au cas où ceux-ci voudraient aller au voyage d’outre-mer «avec les autres qui y doivent aler en la compaignie de l’Archiprestre.» A cette occasion, les consuls de Lyon prêtèrent 4000 florins au chapitre de Saint-Jean, et fournirent en outre les otages, qui furent envoyés à Avignon jusqu’à l’entier acquittement des 20 000 florins restants. Le roi Charles V vint aussi au secours des comtes de Lyon; il leur fit don d’une somme de 12 000 francs, pour le payement de laquelle on leva 3 gros par feu sur les habitants du Lyonnais et du Gévaudan (Arch. Nat., K49, nº 5), et un franc et un florin par feu sur ceux de l’Auvergne (Bibl. Nat., Quittances, XV, 192). Le chapitre de Saint-Jean reprit possession du château d’Anse dès le mois d’août, puisqu’on le voit nommer, le 30 de ce mois, Guillaume de Chalamont, chevalier, capitaine de ce château, aux gages annuels de 400 écus d’or (Arch. du Rhône, arm. Énoch, vol. 20, nº 26; Allut, les Routiers, p. 155 à 170). Toutefois, au mois de novembre 1365, Seguin de Badefol était encore à Anse, ou du moins il était supposé y être, car il figure parmi les routiers à qui Bertrand du Guesclin fit porter, le 20 de ce mois, une lettre où il les invitait à vider le pays et à le suivre (Archives de la Côte-d’Or, fonds de la Chambre des Comptes de Bourgogne, B1423). Quoi qu’il en soit, du Guesclin réussit à entraîner Seguin. Seulement, ce routier voulut, chemin faisant, rendre visite au roi de Navarre à l’instigation duquel il avait naguère saccagé le royaume, et mal lui en prit. Charles le Mauvais, à qui Seguin réclamait un arriéré de solde, trouva plus simple de l’empoisonner que de le payer. Telle est la fin tragique à laquelle Froissart fait allusion, et qu’il faut rapporter aux derniers jours du mois de décembre 1365: «Item, en lo dich mes de dezembre (1365), lo sobredich Segui de Badafol mori à Pampalona (Pampelune, en Navarre) per lo fuoc de Sant Anthoni.» Thalamus parvus, p. 370. Cf. Martène, Thes. Anecdot., I, 1576, et Secousse, Preuves de l’histoire de Charles le Mauvais, p. 381 et 411.