[161] C’est du 9 au 30 juillet 1363, avant de se rendre en Poitou, qu’Édouard, prince d’Aquitaine et de Galles, duc de Cornouaille et comte de Chester, reçut le serment des feudataires de Gascogne, soit dans l’église cathédrale de Saint-André, soit dans le palais de l’archevêque de Bordeaux. Delpit, Documents français, p. 86 à 100.

[162] Cette paix fut conclue en l’église Saint-Volusien de Foix le 14 avril 1363 à la suite de la victoire remportée par le comte de Foix à Launac le 5 décembre précédent (dom Vaissète, Hist. de Languedoc, IV, Preuves, 281 à 284); mais le roi Jean et le pape Urbain V eurent beaucoup plus de part que le prince d’Aquitaine à la réconciliation des deux comtes.

CHAPITRE LXXXVII

[163] Pierre Ier, roi de Chypre, fit son entrée à Avignon le mercredi saint 29 mars 1363. Baluz., Vitæ pap. Aven., I, 401, 983.

[164] Les rois de France et de Chypre et un troisième roi dont Froissart ne parle pas, Valdemar III, roi de Danemark, prirent la croix le vendredi saint, 31 mars 1363, le surlendemain de l’arrivée du roi de Chypre. Valdemar III était arrivé à Avignon le 26 février, un mois environ avant Pierre Ier: «Die vigesima sexta februarii, rex Daciæ intravit curiam (Avenionis), qua de causa ignoratur.» Baluz., Vitæ pap. Aven., I, 401.

[165] Pierre Ier partit d’Avignon le mercredi 31 mai 1363 (Ibid., I, 401).

[166] Le roi Jean, après avoir fait ses adieux au Saint-Père le 9 mai (Ibid., I, 401), quitta Villeneuve-lez-Avignon pour retourner en France, entre le 15 et le 17 mai 1363 (Bibl. Nat., ms. lat. nº 10002, fos 53, 55 vº et 56). Voici les principales étapes de son retour: à Bagnols-du-Gard, le 17 mai (ms. lat. nº 10002, fos 55 vº et 56); au Pont-Saint-Esprit (JJ93, nº 242), à Romans (X2a7, fos 191 vº et 196 vº), entre le 17 et le 28 mai; à Lyon, le 28 (P13601, nº 797) et le 31 mai (ms. lat. nº 10002, fº 17 vº). Pierre Ier, parti d’Avignon le 31 mai, alla rejoindre le roi de France à Lyon. Après quoi, Jean se remit en route vers Paris. Il était à Chalon le 7 juin (ms. lat. nº 10002, fº 1), à Beaune entre le 7 et le 27 juin (JJ93, nos 263, 279 à 281), à Talant-sur-Dijon le 27 juin, où il nomma son plus jeune fils Philippe, duc de Touraine, son lieutenant en Bourgogne (JJ95, nº 43), à Troyes (JJ91, nos 483, 489; JJ95, nº 140), puis à Provins (JJ91, nº 485), dans les premiers jours de juillet, et il arriva à Paris dans la première quinzaine de ce mois (JJ91, nos 486 à 488, 490). Le 23 juillet, il tint cour plénière à la Noble Maison de Saint-Ouen (K48, nº 33).

[167] Il est invraisemblable et à peu près impossible que Pierre Ier, roi de Chypre, ait fait alors ce voyage à Prague dont parle Froissart, quoique la version du brillant chroniqueur ait été adoptée par le dernier et savant historien de Chypre, M. de Mas-Latrie (Hist. de Chypre, II, 240, en note). Parti, comme nous venons de le voir, d’Avignon le 31 mai 1363, Pierre Ier était en Normandie à la fin d’août, à Rouen et à Caen, où le dauphin Charles fêtait sa venue, au commencement de septembre de la même année (Contin. chron. G. de Nangiaco, II, 330 et 331; Chronique des quatre premiers Valois, 128). On admettra difficilement que deux mois et demi aient pu suffire au roi de Chypre pour se rendre d’Avignon en Bohême et pour revenir en Normandie après avoir parcouru l’Allemagne, le duché de Juliers, le Brabant et le Hainaut. D’ailleurs, deux chroniqueurs, d’ordinaire plus exacts que Froissart, Jean de Venette et l’auteur de la Chronique des Valois, affirment que Pierre Ier, après son départ d’Avignon, accompagna le roi Jean en France: «Et, istis sic ordinatis, reversus est ad Franciam indilate (Johannes, rex Franciæ), et rex Cypri similiter venit illucContin. G. de Nangiaco, II, 330.

[168] Aux termes de ce traité, conclu à Londres en novembre 1362, Édouard III s’engageait à mettre en liberté les quatre ducs d’Orléans, d’Anjou, de Berry et de Bourbon, appelés les quatre princes des Fleurs de Lis, moyennant le prix de 200 000 florins et la cession de la terre de Belleville et du comté de Gaure. En outre, le duc d’Orléans devait donner en gage au roi anglais les châteaux de Chizé, de Melle, de Civray et de Villeneuve, sis en Poitou et Saintonge, ainsi que le château de Beaurain situé en Pontieu. Il était convenu aussi que la Roche-sur-Yon, Dun-le-Roi et Ainay lez Dun-le-Roi (auj. Ainay-le-Vieil) seraient livrés à Édouard en échange de la mise en liberté des comtes de Braisne, de Grantpré, des seigneurs de Montmorency, de Clères, de Hangest et d’Andrezel (Rymer, III, 681, 682). Par acte daté de Villeneuve-lez-Avignon, le 26 janvier 1363, le roi Jean confirma le traité conclu entre son frère, ses deux fils, le duc de Bourbon et Édouard III, au mois de novembre précédent. Il pria seulement le roi anglais de vouloir bien mettre en liberté Pierre d’Alençon, le comte dauphin d’Auvergne et le seigneur de Coucy au lieu et place du comte de Grantpré, des seigneurs de Clères et d’Andrezel (Rymer, III, 685); mais Édouard ne voulut pas consentir à cette modification.

[169] Par acte daté du 15 mai 1363, Philippe, duc d’Orléans, comte de Valois et de Beaumont, Louis, duc d’Anjou et comte du Maine, Jean, duc de Berry et d’Auvergne, Louis, duc de Bourbon et comte de Clermont, auxquels Édouard III avait permis de venir et de résider à Calais jusqu’à l’entier accomplissement des conditions stipulées dans le traité qui devait assurer leur mise en liberté, promirent de retourner otages en Angleterre, si une entente définitive ne parvenait pas à s’établir au sujet de l’exécution de ce traité (Rymer, III, 700). Vers la mi-mai 1363, une nef d’Abbeville transporta de Londres à Calais les garnisons de salle, de chambre, les harnais de joute, les lévriers et chiens, ainsi que les seize domestiques, clercs et valets de Philippe, duc d’Orléans (Rymer, III, 699).