[199] Il faut se garder de confondre, à l’exemple de savants d’ailleurs très-autorisés (Inventaire des Archives nationales; collection de sceaux, I, 661) les Mauny de Bretagne avec les Mauny de Haute Normandie (Mauni, fief et château de la commune de Saint-Nicolas-d’Attez, Eure, arr. Évreux, c. Breteuil), et surtout avec les Masny des environs de Douai dont le nom s’écrivait souvent Mauny au moyen âge (auj. Masny, Nord, arr. et c. Douai). Les armes, du reste, étaient différentes. Les Mauny de Bretagne portaient un croissant, et les Masny trois chevrons. La terre patrimoniale des Mauny, ancien fief et seigneurie de Bretagne, est représentée par le hameau actuel de ce nom situé en le Quiou (Côtes-du-Nord, arr. Dinan, c. Évran). Le Quiou est un peu à l’est de Broons, dont il n’est séparé que par les communes de Saint-Maden et d’Yvignac. Olivier de Mauny, dont il est ici question, était le neveu à la mode de Bretagne, c’est-à-dire le fils d’un cousin germain de Bertrand du Guesclin.

[200] Dom Plancher dit (Hist. de Bourgogne, II, 302) que Philippe partit de Dijon le 16 avril 1364 pour se rendre à la cour de France et ne revint dans son duché que le 13 novembre suivant, mais cela semble en contradiction avec le passage suivant extrait par M. Finot d’un registre de la Chambre des comptes de Bourgogne: «Lettres en date du 4 mai 1364 de Messeigneurs de Voudenoy et d’Aigremont au duc qui estoit à Rouvres, l’avertissant qu’il prist garde de sa personne, parce qu’il y avoit un parti de par delà la Saône qui vouloit l’enlever.» Finot, Recherches, p. 88.

[201] Il y a plusieurs erreurs dans ce peu de mots. Jeanne de Châteauvillain, remariée le 2 mai 1362 à Arnaud de Cervolle, l’aînée des filles et la principale héritière de Jean III du nom, seigneur de Châteauvillain, et de Marguerite de Noyers, n’était nullement, comme le dit Froissart, veuve d’un seigneur de Chateauvillain tué à la bataille de Poitiers. Elle avait été mariée en premières noces avant 1345 à Jean, seigneur de Thil en Auxois et de Marigny en Champagne, en secondes noces, à Hugues de Vienne VI du nom, seigneur de Saint-Georges, qui vivait encore le 25 janvier 1358 (n. st.). Anselme, II, 343, VII, 799, 800.

[202] Louis, vicomte de Beaumont (Beaumont-sur-Sarthe ou le-Vicomte, Sarthe, arr. Mamers), marié à Lyon le 13 novembre 1362 à Isabelle de Bourbon, fille de Jacques de Bourbon, comte de la Marche, blessé mortellement à Brignais.

[203] A peine monté sur le trône, Charles V eut soin de s’attacher par des pensions quelques-uns des principaux seigneurs de Gascogne, déjà mécontents du gouvernement du prince d’Aquitaine et de Galles. Amanieu de Pommiers, notamment, fit hommage au roi de France pour mille livres tournois de rente et promit de servir le dit roi contre tous excepté le roi d’Angleterre. Arch. Nat., J626, nº 105.

[204] La Trau est aujourd’hui un château ruiné de la commune de Préchac (Gironde, arr. Bazas, c. Villandraut). Le seigneur de Préchac s’intitulait, tantôt soudic, tantôt soudan de la Trau. Le Soudan de la Trau, chevalier banneret, reçut en 1364 2,905 florins d’or de Florence de bon poids, pour le reste de ses gages et de la solde des archers et des gens d’armes de sa compagnie ayant servi en Bourgogne sous le duc Philippe (Arch. de la Côte d’Or, fonds de la Chambre des Comptes, série B, liasse 357; Invent., I, 38). Le 2 octobre 1364, ce même soudic, chevalier et sire de Didonne (auj. Saint-Georges-de-Didonne, Charente-Inférieure, arr. Saintes, c. Saujon), fit hommage à Charles V pour le château de Beauvoir sis en la sénéchaussée de Toulouse (Arch. Nat., J622, nº 75; J400, nº 60), et il renouvela cet hommage en 1365 (J622, nº 66). Deux ans environ après l’aveu du 2 octobre 1364, c’est-à-dire le 10 juin 1366, ce soudic ou soudan de la Trau n’en faisait pas moins hommage à Bordeaux, au prince d’Aquitaine, pour cette même seigneurie de Didonne (Maichin, Hist. de Saintonge, 1671, in-fº, p. 172).

[205] Dordogne, arr. Ribérac.

[206] Froissart appelle ce personnage Braimon de Laval. Le véritable nom de ce chevalier, manceau et angevin plutôt que breton, était Gui de Laval, dit Brumor, fils aîné de Foulque de Laval et de Jeanne Chabot, dame de Rais. Marié en premières noces à Jeanne de Montmorency, dame de Blaison (Maine-et-Loire, arr. Angers, c. les Ponts-de-Cé) et de Chemillé (Maine-et-Loire, arr. Cholet), Brumor de Laval se remaria à Thiphaine de Husson, fille de Fraslin de Husson, chevalier, seigneur de Ducey (Manche, arr. Avranches), de Champcervon (Manche, arr. Avranches, c. la Haye-Pesnel) et de Chérencé (auj. Chérencé-le-Héron, Manche, arr. Avranches, c. Villedieu), et de Clémence du Guesclin, la plus jeune des sœurs du futur connétable. Gui de Laval, dit Brumor, devint ainsi, par suite de ce mariage, le neveu par alliance de Bertrand du Guesclin.

[207] Pierre Ier, roi de Chypre, était à Paris le 29 février 1364. Voyez plus haut, p. XLVI, [note 179].

[208] Les obsèques du roi Jean furent célébrées, malgré l’épuisement du Trésor, avec un grande magnificence. On dépensa à ces obsèques, en trois jours, du 27 au 29 avril, dix-sept mille sept cent soixante et une livre de cire, qui, à 23 francs les cent livres, coûtèrent 4,805 francs 7 deniers parisis. Bibl. Nat., Quittances, XV, nº 21.