[190] Le roi Jean mourut à Londres le lundi 8 avril 1364, vers minuit.
[191] Ces préparatifs sont, comme nous l’avons fait remarquer plus haut, antérieurs à la maladie du roi Jean dont la mort n’eut d’autre effet que de les activer. Jean II mourut à Londres dans la nuit du 8 au 9 avril, et, le 12 de ce mois, Charles V adressait un mandement aux maîtres de ses forêts «pour qu’il soit faict hastivement, ainsi qu’il l’a ordonné, cent milliers de viretons avec plusieurs autres artilleries necessaires et convenues pour la defence du pays,» dont le bois doit être pris dans la forêt de Roumare pour être délivré à Richard de Brumare, garde du clos des galées de Rouen, chargé de la confection de ces viretons et artilleries. Du Châtellier, Invasions en Angleterre, Paris, 1872, in-12, p. 13 et 14.
CHAPITRE LXXXVIII
[192] Froissart semble croire que Bertrand du Guesclin n’entra au service de la France qu’au commencement de 1364. Nous avons prouvé ailleurs que le futur connétable se mit à la solde de Pierre de Villiers, capitaine de Pontorson pour le duc d’Orléans, frère du roi, dès 1354, et que le dauphin Charles, duc de Normandie, l’institua capitaine de cette forteresse le 13 décembre 1357. Hist. de du Guesclin, p. 119 à 127, 248, 249, 522, 523.
[193] Du Guesclin prit Mantes par surprise le dimanche 7 avril. D’un autre côté, le roi Jean mourut à Londres dans la nuit du 8 au 9 avril. Le rapprochement de ces deux dates montre que Froissart s’est trompé. Le dauphin, duc de Normandie, n’attendit pas la mort de son père pour concerter et faire exécuter les mesures qui aboutirent à la prise de Mantes et de Meulan.
[194] Seine-et-Oise, arr. Mantes, c. Bonnières. La tour de Rolleboise, dont il reste d’imposants débris, située à 9 kil. de Mantes, entre cette ville et Vernon, sur une hauteur qui domine la Seine, était occupée en 1363 et 1364 par un petit nombre de brigands anglo-brabançons qui y vivaient avec une femme. Les gens du pays et les habitants de Rouen, opprimés par ces brigands, ne purent prendre cette tour, tant elle était haute et inexpugnable. Rachetée à prix d’or vers Pâques (13 avril) 1365, la tour de Rolleboise fut démolie de fond en comble par les gens du pays d’après l’ordre du roi Charles V. Des ouvriers d’une force herculéenne, armés de marteaux de fer, mirent beaucoup de temps à l’abattre, car les murs avaient plus de neuf pieds d’épaisseur. Le second continuateur de Guillaume de Nangis, le moine Jean de Venette, dit que déjà de son temps les ruines de cette tour, dont naguère on n’admirait pas la prodigieuse élévation sans une certaine stupeur, jonchaient au loin le sol environnant. Contin. chron. Guill. de Nangiaco, II, 357, 358.
[195] Wauter Straël est le véritable nom du capitaine de Rolleboise. Ce nom nous est fourni par une lettre de rémission octroyée par Charles V en octobre 1368 à «Gautier Strael, escuier, nez de Broisselle... ayant tenu et occupé contre nostre voulenté le fort de Rouleboise.» Arch. Nat., JJ99, nº 416.—La forme Obstrate, donnée par Froissart, est une corruption d’Estralle qui nous représenterait fidèlement la prononciation française et populaire du flamand Straël au quatorzième siècle. La forme Strot, altération de Strol, employée par l’auteur de la Chronique des Valois (p. 138), semblerait provenir plutôt de la prononciation anglaise de Straël.
[196] Ces pages, où Froissart raconte la ruse imaginée par Boucicaut pour pénétrer dans Mantes, peuvent être citées comme un modèle de narration vive et pittoresque. Cela a le charme du roman, mais c’est un roman. Si l’on veut savoir comment les choses se sont passées en réalité, il faut interroger un témoin contemporain, qui appartenait, selon toute probabilité, au clergé de Rouen, et qui, dans tous les cas, semble avoir vu de très-près ces événements. Chronique des quatre premiers Valois, p. 135 à 142. Histoire de Bertrand du Guesclin, p. 417 à 429.—Toutefois, il est certain que Boucicaut accompagna le duc de Normandie dans le voyage que celui-ci fit au Goulet et à Vernon vers la mi-avril 1364. On lit, en effet, dans un mandement en date du 4 mai suivant: «Comme... le mareschal Bouciquaut... ait moult grandement frayé... pour estre avec nous et à nostre conseil et à venir en nostre compaignie à Meurlant et à Mante où nagaires allasmes.» L. Delisle, Mandements de Charles V, p. 10.
[197] On retrouve ici l’erreur que nous avons déjà signalée. Pendant que tout ceci se passe, le chroniqueur de Valenciennes continue de supposer Charles le Mauvais à Cherbourg, tandis qu’en réalité il était alors dans son royaume de Navarre.
[198] Sur ces préparatifs, antérieurs à la mort du roi Jean, voyez plus haut, p. XLVIII, [note 191].