[285] Ce chevalier accompagna du Guesclin sans l’aveu et même contre le gré du roi d’Angleterre, puisque celui-ci, par acte daté du 6 décembre 1365, alors que Bertrand et ses compagnons d’aventure étaient déjà en route pour l’Espagne, manda à Jean Chandos, à Hugh de Calverlé, à Nicol de Dagworth et à William de Elmham, chevaliers, de prendre des mesures pour que nuls gens d’armes de sa ligeance, assemblés en certaines Compagnies, ne pussent entrer au royaume d’Espagne pour faire guerre à noble prince le roi de Castille son cousin. Rymer, III, 779.

[286] Dans le courant du mois d’août 1365, Bertrand du Guesclin, en vertu d’un traité passé avec Louis de Navarre et Eustache d’Auberchicourt, lieutenants de Charles le Mauvais en basse Normandie, avait consenti à rendre les château et ville de Carentan au roi de Navarre, moyennant une rançon de 14 000 francs; et en outre Olivier de Mauny, capitaine de Carentan pour son cousin, s’était fait donner 3535 francs à titre d’arrérages des rançons (Bibl. Nat., ms. fr. 10 367, fº 20).

[287] Ce Bertucat était un cadet, sinon même un bâtard, de la puissante maison d’Albret, et le père Anselme ne l’a pas classé dans sa généalogie de cette famille. Parmi ces seigneurs anglais ou anglo-gascons qui accompagnèrent du Guesclin en Espagne, Froissart n’a pas mentionné le plus important. Nous voulons parler de Guardia Raymond, cher, seigneur d’Aubeterre (auj. Aubeterre-sur-Dronne, Charente, arr. Barbezieux), qui paraît avoir été le grand recruteur et condottière des compagnies anglo-gasconnes. Il prétendit plus tard que, le 10 octobre 1365, à Auxerre, Bertrand lui avait souscrit une obligation de 2400 francs d’or; le 6 et le 9 janvier 1366, à Barcelone, deux autres obligations l’une de 6066 francs d’or et l’autre de 2060 florins du coin du roi d’Aragon, cette dernière de moitié avec Arnoul, sire d’Audrehem, maréchal de France; enfin, le 20 juillet suivant, à Albatera, en Castille, une quatrième obligation de 4000 florins d’or. L’année suivante, le sire d’Aubeterre ayant combattu à Najera dans l’armée du prince de Galles contre don Henri de Trastamare, du Guesclin avait différé de payer le chevalier anglo-gascon, qui mourut sans avoir pu réussir à se faire rembourser. Plus de vingt ans après ces événements, en 1390, Jean Raymond, frère et héritier de Guardia Raymond, intenta pour ce fait devant le Parlement à Olivier du Guesclin, comte de Longueville, le principal héritier du connétable, un procès dont les pièces, qui seront analysées à la fin du second volume de notre Histoire de du Guesclin, nous ont permis d’établir pour la première fois d’une manière sûre les principales étapes ainsi que les dates précises de l’expédition de du Guesclin et des Compagnies en Espagne (Arch. Nat., sect. jud., X1a 1475, fº 87, vº; X1a 37, fos 333 vº et 334; X1a 1475, fos 176, 178 vº et 179; X1a 38, fos 246 et 247). Une fois arrivés à Montpellier, les brigands des Compagnies voulurent être payés avant de continuer leur route; et du Guesclin fut obligé, pour les satisfaire, d’emprunter 10 000 francs aux bourgeois de cette ville: «Et alèrent à Montpellier dont ne vouldrent partir, se ilz n’avoient argent; et pour ce emprunta (Bertrand) à certains bourgois dix mille francs, et lors partirent.» X1a 1475, fº 176.

[288] Jean de Bourbon, Ier du nom, comte de la Marche, fils de Jacques de Bourbon blessé mortellement à la bataille de Brignais, et de Jeanne de Châtillon-Saint-Pol, était le cousin germain de Blanche de Bourbon, fille de Pierre Ier, frère aîné de Jacques de Bourbon. Anselme, Hist. généal., I, 298, 300, 319.

[289] Antoine, sire de Beaujeu, fils d’Édouard, sire de Beaujeu, tué au combat d’Ardres en 1351, et de Marie du Thil, passa à Montpellier, en faisant route pour l’Espagne, le 13 janvier 1366; mais l’auteur de la chronique romane l’a sans doute confondu avec son oncle Louis auquel il donne à tort le titre de seigneur de Beaujeu qu’Antoine seul avait le droit de porter: «Item, a XIII del dich mes (de janvier 1366), passet a Montpellier M. Loys, senhor de Beljoc, en Bergonha, am sa companha, e segui los autres.» Thalamus parvus, p. 370.—Le sire de Beaujeu retourna en Espagne trois ans plus tard et, avant de partir pour ce pays, fit son second testament daté de Beaujeu le 12 mai 1369. Arch. Nat., P. 13681, nº 1586; Musée des Archives, p. 220 à 223.

[290] Arnoul, sire d’Audrehem, l’un des premiers protecteurs de du Guesclin qu’il avait pu apprécier dès la fin de 1353, pendant qu’il était lieutenant du roi Jean en basse Normandie (Hist. de du Guesclin, p. 118 et 119), avait été envoyé en Languedoc vers le mois de janvier 1361 (voyez plus haut, p. XXXII, [note 127]), en compagnie de Robert, dit Moreau, sire de Fiennes, connétable de France, avec le titre de capitaine de la Langue d’Oc (dom Vaissete, Hist. de Languedoc, IV, 314), de capitaine général dans toute la Langue d’Oc (Ibid., Preuves, 276), enfin de lieutenant du roi ès parties de Langue d’Oc (Arch. Nat., JJ93, nº 216). Le 23 juillet 1362, de concert avec Henri, comte de Trastamare, il avait passé à Clermont en Auvergne avec les principaux routiers un traité tendant à faire évacuer le royaume par les Compagnies (voyez p. XXIII, [note 97]). Le 13 août 1362, il avait été nommé par le roi Jean lieutenant général en toute la Langue d’Oc (Arch. Nat., JJ93, nº 241), et depuis lors il n’avait cessé de lutter avec plus de courage que de succès contre les bandes qui infestaient le midi. Le sire d’Audrehem, aussi modeste que brave, dut contribuer plus peut-être que personne à faire charger du Guesclin d’une entreprise aussi difficile que la conduite des Compagnies en Espagne.

[291] Pierre de Villaines, chevalier, dit le Bègue, qui tirait son nom du fief de Villaines (Seine-et-Oise, arr. Pontoise, c. Écouen), mentionné dès le mois de mai 1360 comme sénéchal de Carcassonne et de Béziers (Arch. Nat., JJ91, nº 302), paraît avoir conservé cette charge jusque vers la fin de 1362. Créé chambellan du dauphin, duc de Normandie, il guerroyait dans les premiers mois de 1363 aux environs de Falaise où il fut fait prisonnier (Ibid., JJ92, nº 208). Là sans doute il connut du Guesclin, qui l’entraîna en Espagne où il devint comte de Ribadeo.

[292] Adam de Villiers, dit le Bègue, seigneur de Villiers-le-Bel, de Vitry en Brie et de la Tour de Chaumont. Le Bègue de Villiers fit montre à Pontorson le 1er février 1356 (n. st.) avec cinq écuyers et donna quittance au même lieu le 11 avril suivant (Bibl. Nat., Titres originaux, au mot Villiers). Adam servait sous son frère aîné Pierre de Villiers, capitaine de Pontorson, et c’est alors sans doute que les deux frères eurent l’occasion d’apprécier Bertrand, et se lièrent avec le chevalier breton. Par acte daté d’Avignon le 26 janvier 1366, Pierre de Villiers, qualifié «officier procureur de Bertrand de Clesquin, comte de Longueville et seigneur de la Roche Tesson», donna quittance au trésorier du pape de trente-deux florins (Arch. Nat., L377, d’après Arch. du Vatican, Miscell., boîte 222, nº 3).

[293] Auj. Belgique, prov. Hainaut, arr. Tournay, à 7 kil. de Tournay.

[294] Auj. dép. de Vasmes-Audemez, Belgique, prov. Hainaut, arr. Tournay, c. Péruwelz.