[325] Il y a tout lieu de croire, malgré l’assertion de Froissart, que du Guesclin ne se rendit pas de sa personne auprès du roi de France à la fin de 1366.

[326] Le 10 octobre 1363, don Henri de Trastamare s’était obligé par le traité de Benifar, de livrer à Pierre IV, roi d’Aragon, le royaume de Murcie et en outre dix villes importantes des deux Castilles, Requena, Moya, Otiel, Canyet, Cuenca, Molina, Medina Celi, Almazan, Soria, Agreda. Sommé vers le milieu de 1366 de mettre ce traité à exécution (Arch. génér. d’Aragon, reg. 1293 Secretorum, p. 127), le rival de don Pèdre, pour s’assurer l’alliance de Pierre IV dans la lutte qui allait s’ouvrir, avait consenti à céder au roi d’Aragon le royaume de Murcie.

[327] La somme que le roi d’Angleterre mit à la disposition de son fils fut prélevée sur une des échéances de la rançon du roi Jean. Le 1er mars 1366, Édouard III, confirmant un acte en date du 13 décembre 1363, assigna à son fils aîné Édouard, prince de Galles, 60 000 écus d’or à prendre sur le premier payement du second million dû par le roi de France, ou qui premièrement se doit faire du second million (Rymer, III, 787). Par acte daté d’Ax (Ax-sur-Ariége, Ariége, arr. Foix), le 29 janvier 1367 (n. st.), Édouard, prince d’Aquitaine et de Galles, donna procuration à Jean des Roches, sénéchal de Bigorre, pour recevoir en son lieu et place 30 000 francs sur la rançon du roi Jean (Arch. Nat., J642, nº 27).

[328] C’est Arnaud d’Espagne qui était alors sénéchal de Carcassonne.

[329] Le sénéchal de Beaucaire et de Nîmes s’appelait Gui de Prohins.

[330] Aimeri de Lara, vicomte de Narbonne, à qui Froissart donne par erreur le titre de comte, amiral de France du 28 octobre 1369 à février 1373, mourut en 1382 et fut enterré à l’abbaye de Fontfroide, au diocèse de Narbonne (auj. château de la commune de Narbonne). Anselme, Histoire généal., VII, 759, 760.

[331] Olivier de Mauny, avant d’aller prendre possession de son poste de capitaine de Borja pour Bertrand du Guesclin, s’était mis à la poursuite des Compagnies anglo-gasconnes, et était accouru au secours de Louis, duc d’Anjou, frère du roi de France et son lieutenant en Languedoc, dont ces bandes avaient envahi le gouvernement. Le 13 août 1366, Olivier, à la tête de ses Bretons renforcés des gens d’armes du duc d’Anjou et des arbalétriers de la commune de Toulouse, attaqua l’une de ces bandes retranchée derrière les palissades de Montech (Tarn-et-Garonne, arr. Castelsarrasin, à 12 kil. S. O. de Montauban), la mit en déroute, lui tua cent hommes, fit quatre-vingt prisonniers et captura cinq cents chevaux «Item en aquel an meteys (1366), a xiii d’aost, los gens d’armas de mossenhor Olivier de Mauni et de la comuna de Tholoza, aneron armatz combattre una companha d’Angles que era en los barris de Montuoch, en Tolzan, e los desconfiron si que n’i ac entorn LXXX pres e c mortz et entorn vc cavalguaduras prezas: els autres fugiron.» Thalamus parvus, p. 372.

[332] Charles V s’étant plaint au roi d’Angleterre, précisément à l’occasion de l’affaire de Montauban, de ce que les Compagnies s’autorisaient du prince d’Aquitaine pour faire guerre au royaume de France, Édouard III adressa à son fils aîné une lettre assez sévère où on lit ce qui suit: «Et les dites gentz d’armes et Compaignies, requis paravant (le combat livré devant Montauban) par les gentz de nostre dit frère (le roi de France) par quoi et par qui et en quel noun il venoient faire guerre en la terre de nostre dit frère, respondirent que c’estoit de par vous et pur vous et en vostre noun, et que de ce il avoient voz lettres et mandement: lesquelles choses seroient, se il est ainsi, contre la paix et alliances, à grant deshonour et esclaundre de nous et de nostre estat, et aussi de vous et de noz filz, prelatz et autres gentz de nostre roialme, et nous desplairoit très durement, ne ne pourriens en nulle manère ces choses par dissimulacion passer, sans y mettre remède.» Rymer, III, 808.

[333] En 1368, ce Robert Ceni ou Cheni fut fait prisonnier dans l’abbaye fortifiée d’Olivet (auj. lieu-dit de la commune de Saint-Julien-sur-Cher, Loir-et-Cher, arr. de Romorantin, c. Menetou-sur-Cher, sur la rive gauche du Cher), par Louis de Sancerre, Gui le Baveux et le gouverneur de Blois. Robert Cheni eut la tête tranchée ainsi que tous les routiers placés sous ses ordres. Bibl. Nat., ms. fr. nº 4987, fº 87 vº.

[334] La lettre du roi d’Angleterre, dont nous venons de citer un fragment, mentionne en outre parmi les chefs de ces bandes Rocamadour, le bour Camus, Garciot du Castel et un routier nommé Frère Darrère, que dom Vaissete appelle Fierderrière. Hist. du Languedoc, IV, 332.