[315] Lorsque Bertrand était parti pour l’Espagne à la fin de 1365, Olivier de Mauny, alors capitaine de Carentan pour le comte de Longueville, n’avait pas accompagné son cousin. Olivier de Mauny, seigneur de Lesnen (fief situé en Saint-Thual, Ille-et-Vilaine, arr. Saint-Malo, c. Tinténiac), n’arriva en Languedoc que vers le milieu de 1366. Il passa devant Montpellier le premier juin de cette année et, après avoir mis au pillage tous les environs de cette ville récemment cédée au roi de Navarre, se remit en route, le 5, dans la direction d’Agde: «Item, le primier jorn de junh (1366), M. Olivier de Mauni et M. G. Boten (il faut sans doute lire: Geffroi Budes, d’Uzel, Côtes-du-Nord, arr. Loudéac, le même qui déposa le 17 septembre 1371 dans l’enquête pour la canonisation de Charles de Blois; dom Morice, Preuves, II, 10), cavaliers de Bretanha, capitanis d’alcunas grans companhas, am las dichas companhas se alojeron als barris deis Augustis et en los autres de Montpellier et à Castel Nou et en los autres luocs entorn Montpellier, et estant aqui gasteron motas tozelieyras et motas sivadieyras et autres camps de Montpellier et dels dichs autres luocs, et y feron motz autres mals, e puoys a V jorns del dich mes, s’en desalotjeron et aneron s’en en Agades (Agde, Hérault, arr. Béziers), per seguir las autras companhas.» Thalamus parvus, p. 372.—Olivier de Mauny se rendait en Aragon où il allait prendre possession du poste de capitaine et châtelain de Borja (Aragon, sur la Huccha, à 25 kil. S. E. de Taraçona, à la limite de l’Aragon et de la Navarre), que venait de lui confier son cousin Bertrand nommé par Pierre IV comte de Borja, en récompense de ses services. En 1375, du Guesclin vendit ce comté à l’archevêque de Saragosse, moyennant le prix de 27 000 florins d’or (communication de M. le marquis de Santa Coloma).
[316] La relation de Lopez de Ayala diffère un peu de celle de Froissart. Le chroniqueur espagnol prétend que don Pèdre se rendit d’abord de Santiago à la Corogne où il reçut le sire de Poyane et un autre chevalier gascon députés par le prince de Galles pour l’inviter à se rendre dans ses États d’Aquitaine. De la Corogne le roi détrôné de Castille gagna Saint-Sébastien et de là Bayonne. Arrivé dans cette dernière ville, il fit savoir son arrivée au prince et, sans attendre que celui-ci vînt à sa rencontre, alla au-devant de lui jusqu’au Cap Breton (auj. Landes, arr. Dax, c. Saint-Vincent-de-Tyrosse). Quelques jours après l’entrevue de Capbreton, le prince d’Aquitaine, don Pèdre et Charles, roi de Navarre, se donnèrent rendez-vous à Bayonne, et ce ne fut qu’après cette conférence que l’ex-roi de Castille alla lui-même à Bordeaux. Froissart, qui se trouvait alors dans cette ville à la cour du prince, devait, selon la judicieuse remarque de Buchon, être mieux informé de ces détails que Lopez de Ayala attaché au service personnel de don Henri de Trastamare.
[317] Don Pèdre n’avait emporté que trente-six mille doubles; la plus forte partie de son trésor et ses joyaux, confiés à Martin Yanez et saisis par l’amiral Boccanegra, étaient devenus, comme nous l’avons dit plus haut, la proie de don Henri de Trastamare.
[318] Roncevaux ou Roncesvalles, vallée et port ou passage situé en Navarre, sur le versant espagnol des Pyrénées, entre Pampelune et Saint-Jean-Pied-de-Port. Roland, chef de l’arrière-garde de l’armée de Charlemagne, y fut vaincu par les Sarrasins et y périt le 15 août 778.
[319] «Nos igitur Petrus, rex Castellæ et Legionis, Carolus, rex Navarræ et Edwardus, princeps Aquitaniæ, supradicti, convenientes in unum in civitate Baionensi.» Rymer, III, 800.—Cette citation prouve que les conférences préliminaires, où le prince d’Aquitaine, les rois de Castille et de Navarre s’entendirent sur les conditions de leur alliance, se tinrent, comme le dit Froissart, à Bayonne; mais le traité lui-même ne fut rédigé et signé par les plénipotentiaires des trois contractants qu’à Libourne, dans le couvent des Frères Mineurs du dit lieu, le 23 septembre 1366. Ibid., 800 à 807.
[320] Le traité porte 200 000 florins d’or vieux: «El rey don Pedro pagara al rey de Navarra dozientas vezes mil florines de oro.» Rymer, III, 801, 1re col., I. 21 et 22.
[321] Espagne, prov. Burgos, sur l’Ebre, à 88 kil. E. de Burgos.
[322] Espagne, prov. Alava, à 240 kil. E. N. E. de Vittoria. Ayala dit que don Pèdre s’engagea à céder au roi de Navarre la province de Guipuzcoa (cap. Saint-Sébastien) et celle de Logroño.
[323] Basses-Pyrénées, arr. Mauléon. Don Pèdre s’engageait, d’un autre côté, à céder au prince d’Aquitaine une partie de la Biscaye, particulièrement les ports de mer et le château d’Ordiales; il se reconnaissait en outre le débiteur du prince pour une somme de 550 000 florins d’or au coin de Florence. Cette somme et 56 000 florins, avancés par le prince et payés au roi de Navarre, devaient être remboursés dans le délai d’un an. Les jeunes infantes, filles de Marie de Padilla, ainsi que les femmes et les enfants des seigneurs castillans émigrés, demeureraient en otage à Bordeaux jusqu’au payement intégral de cette dette. Rymer, III, 802, 703. Ayala, p. 433.
[324] Vers le milieu de 1366, don Henri de Trastamare avait dépêché ce Mathieu de Gournay à Lisbonne pour obtenir du roi de Portugal qu’il demeurât neutre dans la lutte qui allait s’ouvrir. Vicomte de Santarem, Quadro de relações politicas, III, 26, d’après Mérimée, p. 439.