[305] Don Pèdre ne s’embarqua point pour se rendre en Galice; il prit la voie de terre et essaya d’abord de chercher un refuge en Portugal. Presque assiégé dans l’Alcazar de Séville par ses sujets ameutés contre lui, il monta à cheval et sortit pour ainsi dire furtivement de la capitale de l’Andalousie avec les deux infantes et une fille naturelle de don Henri son rival, surnommé doña Léonor des Lions. Il était suivi du maître d’Alcantara, Martin Lopez, de son chancelier et de deux cents cavaliers seulement. Repoussé par le roi de Portugal Pierre Ier, le monarque fugitif n’eut d’autre parti à prendre que de gagner la Galice où commandait en maître don Fernand de Castro qui lui était entièrement dévoué.

[306] Gomez Carillo était camarero mayor du prétendant don Henri, comte de Trastamare.

[307] Don Diego Garcia de Padilla, frère de doña Maria de Padilla, grand maître de Calatrava sous don Pèdre. Pero Lopez de Ayala (Cronica del rey don Pedro, p. 410) confirme sur ce point le témoignage de Froissart.

[308] Don Garcia Alvarez de Tolède, grand maître de Santiago, laissé par don Pèdre dans Tolède avec 600 hommes d’armes, s’empressa de livrer, après un semblant de résistance, cette ville à don Henri et résigna son office en faveur de Gonzalo Mexia, vieux serviteur du prétendant, moyennant quoi il fut gratifié de deux domaines considérables et d’une grosse somme d’argent.

[309] Le comte de Trastamare et ses auxiliaires avaient occupé successivement Borja, Calahorra, où don Henri s’était fait proclamer roi de Castille, Briviesca, enfin Burgos où le prétendant avait été couronné en grande pompe dans le monastère de las Huelgas le jour de Pâques 5 avril 1366.

[310] Don Sanche fut fait comte d’Albuquerque (Espagne, province d’Estramadure, sur la frontière de Portugal). Il recueillit ainsi l’important héritage de don Juan d’Albuquerque qui, depuis la mort du fils de ce célèbre capitaine, avait été réuni au domaine royal de Castille.

[311] Don Tello reçut le titre de seigneur de Biscaye et fut en outre pourvu du fief de Castaneda.

[312] Tous les érudits prétendent, sur la foi d’Ayala, que don Henri donna alors à Bertrand du Guesclin le titre de comte de Trastamare et la seigneurie de Molina avec d’immenses domaines (Buchon, Chroniques de Froissart, éd. du Panthéon, I, 506, note 5; Mérimée, Hist. de don Pèdre, p. 421). Cette assertion n’est pas tout à fait exacte. Le titre qui fut alors conféré au comte de Longueville est celui de duc, non de comte, de Trastamare (Arch. Nat., J381, nº 7; L377, d’après Arch. du Vatican, Miscellanea, arm. XV, caps. 2, nº 22; Thalamus parvus, p. 382). Quant au duché de Molina, Bertrand n’en fut investi, du moins à perpétuité et à titre héréditaire, que par acte daté de Séville le 4 mai 1369 (dom Morice, Preuves de l’histoire de Bretagne, I, 1628 à 1631). D’après Ayala, Hugh de Calverly, chef des bandes anglo-gasconnes, fut fait comte de Carrion (auj. Carrion-de-los-Condes, Espagne, prov. Léon, à 64 kil. O. de Burgos), et le comte de Denia, qui commandait les auxiliaires aragonais, devint marquis de Villena (Espagne, prov. Murcie, à 64 kil. N. N. E. de Murcie et à 88 kil. S. O. de Valence). Le nouveau marquis eut en partage tous les biens qui avaient composé la dot de la comtesse de Trastamare.

[313] Le licenciement des Compagnies eut lieu vers le mois de mai 1366, après l’entrée de don Henri à Séville où le trésor de don Pèdre livré par l’amiral Boccanegra fournit les moyens de payer la solde de ces bandes: «Et de là alèrent à Burges (Burgos) où ilz entrèrent et orent grant finance, tant des Sarrazins que Chrestians que des Juis. Et avoient juré et promis non faire guerre à messire Bertran ne au roy Henry jusquez un an après leur retour. Et après avoient prise Tolète (Tolède) et y orent grant finance. Après, prindrent Sebille (Séville) où ilz trouvèrent le tresor du roi Pietre, dont ils furent paiez, POUR EULX RETOURNER.» Arch. Nat., X1a 1475, fº 176.

[314] Ayala (p. 422), d’accord sur ce point avec Froissart, dit que don Henri garda à son service Bertrand du Guesclin et Hugh de Calverly ainsi que quinze cents lances choisies surtout parmi les bandes françaises et bretonnes. Le sire d’Audrehem resta aussi en Espagne.