Louis, duc de Bourbon[269], Louis de Sancerre, maréchal de France, le sire de Beaujeu et les principaux chevaliers du Bourbonnais, du Beaujolais, du Forez et de l’Auvergne[270], mettent le siége devant le château de Belleperche occupé par les Compagnies anglaises. Les assiégés réclament du secours par l’entremise de Jean Devereux, sénéchal du Limousin, qui tient garnison à la Souterraine[271]. Les comtes de Cambridge[272] et de Pembroke, après avoir rassemblé à Limoges quinze cents lances et trois mille soudoyers, accourent en plein hiver pour faire lever le siége de Belleperche. P. [213] à [216], [398] à [401].

Les deux comtes font offrir la bataille au duc de Bourbon qui la refuse. Mécontents de ce refus, ils menacent le duc d’emmener loin de Belleperche sa mère, la duchesse douairière de Bourbon. P. [216] à [218], [401], [402].

Les Compagnies anglaises évacuent le château de Belleperche, et leurs capitaines emmènent avec eux la duchesse de Bourbon à «la Roche-Vauclère[273]», en Limousin; mais le prince de Galles, peu satisfait de l’arrestation de cette princesse, voudrait à tout prix l’échanger contre Simon Burleigh. P. [218], [219], [402].

Le duc de Bourbon reprend possession de Belleperche[274] et remet ce château en bon état. Les comtes de Cambridge et de Pembroke retournent, le premier à Angoulême, le second à Mortagne en Poitou[275], tandis que les Compagnies parties de Belleperche se répandent en Poitou et Saintonge où elles portent le ravage.—Au retour de son expédition en Guyenne, Robert Knolles est à peine rentré dans son château de Derval, en Bretagne, qu’Édouard III le mande auprès de lui; il s’embarque aussitôt pour l’Angleterre, débarque à la Roche Saint-Michel[276], en Cornouailles, et arrive à Windsor. P. [219], [220], [402], [403].

CHAPITRE XCVII.

1370, mai. LE DUC D’ANJOU A PARIS; PRÉPARATIFS DE GUERRE DES ROIS DE FRANCE ET D’ANGLETERRE.—1372, du 15 au 22 août. DÉLIVRANCE DE LA DUCHESSE DOUAIRIÈRE DE BOURBON PRISE A BELLEPERCHE.—1371, du 25 au 29 mars. ENTREVUE DE VERNON; TRAITÉ DE PAIX ENTRE LES ROIS DE FRANCE ET DE NAVARRE.—1370, vers le 15 juillet. ARRIVÉE DE BERTRAND DU GUESCLIN, RAPPELÉ D’ESPAGNE, EN LANGUEDOC.—Du 15 juillet au 15 août. CAMPAGNE DU DUC D’ANJOU ET DE DU GUESCLIN EN GUYENNE; OCCUPATION DE MOISSAC, D’AGEN, DE TONNEINS, DU PORT-SAINTE-MARIE, DE MONTPAZIER ET D’AIGUILLON; SIÉGE DE BERGERAC ET DE LALINDE PAR LES FRANÇAIS.—De la fin de juillet à la mi-septembre. CHEVAUCHÉE DE ROBERT KNOLLES A TRAVERS L’ARTOIS, LA PICARDIE ET L’ILE DE FRANCE.—Du 16 au 24 août. LE DUC DE BERRY ET DU GUESCLIN EN LIMOUSIN; REDDITION DE LIMOGES AU DUC DE BERRY.—Du 14 au 19 septembre. SIÉGE, REPRISE ET SAC DE LIMOGES PAR LE PRINCE DE GALLES.—24 septembre. ROBERT KNOLLES DEVANT PARIS.—2 octobre. DU GUESCLIN A PARIS; SA NOMINATION A L’OFFICE DE CONNÉTABLE DE FRANCE (§§ [653] à [668]).

Louis, duc d’Anjou, lieutenant en Languedoc, fait un voyage à Paris[277] où il arrête, de concert avec le roi de France et ses deux frères, les ducs de Bourgogne et de Berry, le plan de la prochaine campagne contre les Anglais. Deux corps d’armée devront envahir la principauté d’Aquitaine, le premier sous les ordres du duc d’Anjou, du côté de Bergerac et de la Réole, le second, sous la conduite du duc de Berry, du côté du Limousin et du Quercy. L’objectif de l’expédition sera Angoulême où ces deux corps d’armée, après avoir opéré leur jonction, iront assiéger le prince d’Aquitaine. En même temps, on décide de rappeler d’Espagne Bertrand du Guesclin et de le nommer connétable de France.

A l’entrée du mois de mai[278], Louis, duc d’Anjou, prend congé de ses frères pour retourner dans son gouvernement; il s’arrête un mois à Montpellier[279], et se rend ensuite à Toulouse où il rassemble ses gens d’armes. Le petit Meschin, Ernaudon de Pau, Perrot de Savoie[280], le bour Camus et les autres chefs des Compagnies françaises n’ont pas cessé de guerroyer, pendant l’absence du duc, sur les frontières du Quercy et du Rouergue. Le duc de Berry[281], à Bourges, le duc de Bourbon, à Moulins[282], le comte Pierre d’Alençon[283] font aussi des levées de troupes et se préparent à entrer en campagne.—Gui de Blois[284], de retour d’une croisade en Prusse où il a été fait chevalier et où il a levé bannière, vient du Hainaut à Paris offrir ses services au roi de France qui l’envoie rejoindre le corps d’armée commandé par le duc de Berry. P. [220] à [223], [403] à [405].

Le roi d’Angleterre met sur pied, de son côté, deux corps d’armée. Le premier doit opérer en Guyenne sous les ordres du duc de Lancastre, envoyé au secours de ses frères. Le second, sous la conduite de Robert Knolles[285], doit débarquer à Calais et traverser la France de part en part.—Par l’entremise d’Eustache d’Auberchicourt, la duchesse douairière de Bourbon est échangée contre Simon Burleigh[286].—Des négociations s’ouvrent à Vernon entre les envoyés[287] du roi de France et du roi de Navarre, qui se tient alors en Normandie; à la faveur de ces négociations, un traité de paix est conclu entre les deux rois. Charles le Mauvais renonce à l’alliance d’Édouard III et promet de le faire défier, aussitôt après son retour en Navarre; il s’engage, en outre, à laisser ses deux fils, Charles et Pierre, comme otages entre les mains de Charles V. Il se rend auprès du roi de France à Rouen, puis à Paris[288], d’où il regagne, en prenant le chemin de Montpellier et du comté de Foix, son royaume de Navarre[289]. P. [223] à [225], [405] à [408].

Bertrand du Guesclin reçoit dans la ville de Léon, en Castille, des lettres et de nombreux messages[290], tant du roi Charles V que du duc d’Anjou, qui l’invitent à rentrer en France. Le chevalier breton prend aussitôt congé de don Enrique et va avec tous ses gens rejoindre à Toulouse le duc d’Anjou.—Dans le même temps, le duc de Lancastre s’embarque à Southampton et cingle vers Bordeaux; il emmène avec lui quatre cents hommes d’armes et un égal nombre d’archers. P. [225], [226], [408], [409].