P. [71], l. 18: et.—Ms. A 8: ou.

§ [596]. Quant la ville.—Ms. d’Amiens: Li roys Henris eut tantost grans gens, que d’Arragon, que de Franche et de Castille ossi, qui se retournèrent viers lui, et s’en vint mettre le siège devant Toullete, et mout le constraindirent. Chil de Toulete envoiièrent au secours deviers le roy damp Pierre qui se tenoit en le marche de Seville. Li roys dans Pierres, quant il sceut ces nouvelles, queilla grant gens, et estoient bien quarante mil, que Juis, que Sarrasins, dont il en avoit assés, et s’en venoit pour lever le siège de Toullete. Fo 167 vo.

Ms. B 6: Si trestost que messire Bertran de Claiquin sceut quel chose il devoit paiier, il paia et se delivra parmy l’aidde du duc d’Angou qui y rendy painne et qui luy presta le plus grant partie de l’argent. Sy s’en vint le dit messire Bertran en Castille devers le roy Henry qui seoit devant une chité apellée Toullette. Se fu le roy Henry moult joieulx de la venue messire Bertran et li rendy son offise de connestablerie de toute Espaigne, comment que elle ly fuist encore à conquerre.

Le roy dan Piètre, qui se tenoit en le marche de Seville, avoit bien entendu que son frère le bastart Henry estoit efforchiement entrés ou roialme de Castille, et avoit ja fait tourner à luy grant plenté des hommes du pays et tenoit le siège devant Toullette. Sique, pour resister à luy et remedier à ches besoignes, le roy dan Piètre avoit fait ung grant mandement et espesial de toutes gens là où il les pouroit avoir. Sy en avoit pluiseurs mandés et priiet qui pas n’estoient venuz, mais s’estoient allés devers le roy Henry. Le roy dan Piètre, pour estre plus fors et pour lever le siège de Toulete, avoit proprement envoiet querir gens d’armes ou royalme de Grenade, et fait certaine composition au roy de Grenade qui ly avoit envoiet dix mil Turs. Si povoit avoir le dit roy dan Piètre en toute son armée quarante mille hommes. Sy se party le dit roy de Seville, et chevauchèrent devers le chité de Toulette, et povoit avoir de l’un à l’autre dix journées. Fos 712 et 713.

P. [72], l. 8: deux mil.—Mss. A 15 à 17: trois mille. Ms. A 17, fo 357 vo.

P. [72], l. 19: le roy Henry.—Mss. A 7, 8: son frère, le bastart. Fo 288 vo.

P. [72], l. 21: et estoit tenus tout le temps.—Ms. A 8: où il estoit petitement amez et doubtez. Fo 293.

P. [73], l. 14: segur.—Ms. A 8: seur.

§ [597]. Li rois dan Piètres.—Ms. d’Amiens: Ces nouvelles vinrent en l’ost dou roy Henry. Tantost, par le consseil de monsigneur Bertran, on laissa au siège le moitiet de l’ost, et li autre partirent et chevaucièrent trois journées contre le roy damp Pierre, qui de ce ne se dounnoit garde, et le trouvèrent, li et ses gens, tous despourvueus. Si le combatirent tantost, pourvueu qu’il estoient, et le desconfirent, et y furent mort le plus grant partie de ses gens, et li remanans s’enfuirent. Fo 167 vo.

Ms. B 6: Les nouvelles vinrent au roy Henry et à monsigneur Bertran, qui estoient devant Toullette, comment le roy dan Piètre s’en venoit pour lever le siège. Osy tost que il seurent la verité, messire Bertran y pourvey et dist au roy Henry: «Sire, prendez à election toute la fleur de vos gens et en laissiés une partie pour tenir le siège, et alés radement contre vos ennemis; et se vous poés tant faire que vous les trouvés sur les camps, sy les combatés, en quel estat qu’ilz soient, car de chy les atendre et de les combatre par ordenanche, selonc che que il sont grant foison, je n’y voy riens de bien pour vous.» Che consail fu tenus. Adonc on eslisy, par bon advis, tous les milleurs combatans que il eult, et furent environ sept mille. Et sy en demora cinq mille devant Toullette, en le garde du conte Sanse. Sy se party le roy Henry à toutes ses gens, et chevauchoient coiement, et avoit ses espies devant qui raportoient de jour et de nuit le conduite de ses ennemis. Et tant firent que, à quatre journées près de Toulette, le roy Henry et messire Bertran entendirent que le roy dan Piètre chevauchoit, luy et ses gens, sans ordonnanche et moult espars. Fos 713 et 714.