P. [78], l. 18: vingt quatre mil.—Mss. A 15 à 17: trente mille.—Ms. A 17, fo 360.

P. [78], l. 20: refuites.—Ms. A 8: refuges.

§ [599]. Apriès le grande.—Ms. d’Amiens: Et ilz meysmes (don Pèdre) se bouta en un castiel qui estoit priès de là, que on appelle Montuel. Tantost on mist le siège devant, et estoit si priès gardés de jour et de nuit, qu’uns oizellés n’en partesist point sans congiet. Chils castiaux n’estoit point pourvueus pour tenir. Li roys dant Pierre, qui se veoit en ce parti, n’estoit point aise; si vot yssir de nuit, lui douzime, et li enventurer, enssi qu’il fist. Celle nuit faisoit le get messires li Bèghes de Vellainne; si le trouva et ses compaignons. Si furent tout pris, et les enmena li dis Bèghes en son logeis. Ces nouvelles vinrent au roy Henry, qui s’arma et fist armer ses compaignons, et vint là, et la premierre parole qu’il dist fu telle: «Où est li fils de pute Juis, qui s’appelle roys de Castille?» Adonc respondi li roys dans Pierre et dist: «Mès tu y es fils de pute, car je suis fils le bon roy Alphons.» Adonc le prist et embraça et le jetta desoubs lui. Là estoit li viscomtes de Rokebertin qui le retourna par le piet et le mist desoubs. Adonc bouta li roys Henris à son frère une espée ou ventre, et là le tua et un escuier englès ossi. Enssi fu sa guerre afinée, et reconcquist tout le royaumme d’Espaingne, car chacuns se tourna deviers li, si tost c’on seut le mort le roy dam Pierre. Fo 167 vo.

Ms. B 6: Quant le roy Henry sceut que le roy dan Piètre estoit là entrés en che castiel, sy en fu moult joieulx. Et ordonna toutes ses gens de logier là environ et de faire grant gait de nuit et de jour par quoy il ne leur puist escapper, car c’estoit son entente que jamais de là ne partiroit sy l’aroit, comment qu’il fust. Ensy furent là quatre jours. Le roy dan Piètre, qui se veoit enclos en chelle forterèche, qui petitement estoit pourveue, car de tous vivres il n’i avoit point pour quinze jours dont il estoit moult esbahis, eult imagynacions et consauls comment il poroit user et partir de là sauve sa vie. Sy m’a samblé, ensy que je fus adonc ynformés, que le sire de Mantuiel luy impetra adonc ung apointement fait devers ung grant baron de l’ost qui faisoit le gait à son tour. Et le devoit chilz baron, luy treizime, mettre hors de tout peril parmy soissante mille florins qu’il devoit avoir. Sur che conduit et ordenanche s’y aseura bien le roy dan Piètre, faire ly couvenoit, car il estoit si astrains que plus ne se pooit tenir. Et se party et toute ses gens, environ heure de minuit, du dit castiel.

Celle propre nuit faisoit le gait le Bèghes de Vellaines, je ne dich mie que che fust chilz sus quelles asseuranches il se mettoit hors, car il l’euist trahyt, mais che fu chil qui le prist à l’yssue du castiel. Et furent tout chil pris qui avecques luy estoient, et les envoia le dit Bèghes en son logis comme ses prisonniers. Sy n’eurent gaires là estet quant le roy Henry, bien acompaigniez à torses et falos, entra en la loge et en le cambre où son frère le roy dan Piètre estoit, et entrant yreusement il demanda: «Où est le filz de pute Juis qui s’appelle roy de Castille?» Le roy dan Piètre, qui oy le vois de son frère et entendit ces parolles, senty bien qu’il estoit mors, mais nul compte n’en fist; et respondy en hault à son frère le bastart, en soy tirant devers luy et en faisant chière de lion: «Mais tu ies filz de pute, car je suis du sanc du bon roy Alphons.» Et à ches mos, il l’embracha et le reversa sur une amborde, que on dist en Franche ung lit de matelas de soie, et le jetta desous luy; et traist ung coutiel et l’euist ochis sans faulte, quant le visconte de Rockebertin se traist avant et le prist par le piet de derière et le reversa d’autre part sus le lit jus du bastart Henry. Adonc en eult qui ly bouta au roy dan Piètre une espée ou ventre tout outre le corps. Ensy morut le roy dan Piètre. Fos 716 à 718.

P. [78], l. 28: assamblés.—Ms. A 8: assemblées. Fo 294 vo.

P. [79], l. 2: disent.—Ms. A 8: disoient.

P. [79], l. 5: afaire.—Ms. A 8: gouvernement.

P. [79], l. 10: esté.—Le ms. A 8 ajoute: de tous vivres.

P. [79], l. 15: oiselés.—Ms. A 8: oyseau.