P. [145], l. 22: devant.—Ms. A 8: d’armes. Fo 311.

P. [146], l. 1: viés.—Ms. A 8: vieulx.

P. [146], l. 14: Sengler.—Ms. A 8: Sanglier.

P. [146], l. 21: livrèrent.... assaus.—Ms. A 8: levèrent pluiseurs grans engins.

P. [146], l. 24: faisoient.—Le ms. A 8 ajoute: ne riens n’y conquestoient.

§ [625]. Assés tost.—Ms. d’Amiens: Quant li signeur englès qui devant Domme se tenoient, virent et considerèrent qu’il ne prenderoient point le fort, si eurent consseil qu’il chevaucheroient avant et concquerroient autres villes qui estoient tournées franchoises, et trouveroient plus plentiveusement à vivre. Si se deslogièrent de Domme et s’aroutèrent par deviers Gramath, et fissent tant qu’il y vinrent. Si l’asegièrent de tous sens, et envoiièrent leurs archiers et leurs bidaus bien pavesciés, assaillir et escarmucher à chiaux de dedens. Quant chil de Gramath virent approchier tant de gens d’armes et que tout se logoient environ yaux, si furent durement effraet, et coummenchièrent à traitier deviers monsigneur Jehan Camdos que il se renderoient volentiers, et seroient, de ce jour en avant, bons Englès sans plus variier, mais que on les volsist prendre à merchi et sauver yaux et le leur. Li chevalier eurent consseil que oïl. Si prissent et rechurent chiaux de Gramath à merchy, parmy tant qu’il jurèrent tout ensi que chy devant est devisé. Si entrèrent aucuns des seigneurs en le ville de Gramath, et s’y rafreschirent et reposèrent par trois jours; et chil qui ne se peurent logier ne hebergier dedens, se logièrent par dehors et trouvèrent là assés largement et à fuisson de tous vivres pour yaux et pour leurs chevaux, car la ville en estoit bien pourvueue et bien garnie. Au quatrime jour, il s’em partirent et se traissent par deviers une autre fortrèche que on claimme Fours, que les Compaignes franchoises avoient assés nouvellement fait tourner. Tant chevauchièrent et esploitièrent qu’il vinrent par devant; si s’i logièrent à siège fait et ordounné. Quant cil de Fours virent le mannierre que les Englès se logièrent là et que chil de Gramath estoient rendu, qui estoient leur voisin et avoient ossi forte ville ou plus qu’il n’ewissent, si n’eurent mies consseil ne vollenté de yaux tenir là où on les voroit prendre à merchy. Si traitièrent deviers monsigneur Jehan Camdos, que li prinches de Galles avoit là envoiiet et estaubli avoecq ses gens pour conssillier, qui estoit li plus grans cappittainnes de ceste chevauchie; et dissent que il estoient en bonne vollenté d’yaux rendre, sauve lor corps et lors biens, se on les volloit prendre à merchy. Messires Jehans Camdos et li chevalier eurent consseil que oïl. Si les prissent et se missent en sasine de le fortrèche, et y laissièrent à gouverneur un escuier gascon des gens le captal, que on appelloit Naudon d’Azerant, et environ quarante archiers d’Engleterre avoecq lui; et puis s’em partirent et chevauchièrent plus avant par deviers Rocemadour, qui est une bonne ville et forte. Si tos que li dessus dit chevalier englès et gascon des gens le prinche vinrent par devant, il l’envirounnèrent et envoiièrent leurs gens assaillir et escarmuchier. Si y eut mout grant assaut et pluisseurs navrés et bleciés de chiaux de dedens et des assallans. Au vespre, il se retraissent à leurs logeis, et se aisièrent et reposèrent le nuit. Quant ce vint à l’endemain au matin, il fissent leurs gens tout de rechief armer et aroutter par devant Rochemadour et aller asaillir. Quant chil de le ville virent le couvenant des Englès et coumment il estoient en grant vollenté d’iaux porter dammaige, et ossi très bien pourveu et appareilliet et grant fuisson de bonnes gens d’armes, si se coummenchièrent à effraer. Et dissent li plus sage et qui le plus avoient à perdre, que à le longe il ne se poroient tenir as gens le prinche, et que mieux leur valloit à faire une pais honteuse que d’iaux mettre en peril et en adventure de tout perdre. A ce consseil entendirent touttes mannierres de gens vollentiers, car il n’avoient nul gentil homme qui les gardast ne conseillast. Si traitièrent deviers monsigneur Jehan Camdos et les autres chevaliers, en yaux remoustrant que on les volsist prendre et recepvoir en le fourme et mannierre que on avoit fait chiaux de Gramath et de Fours, et il jurroient à estre bon Englès et loyal de ce jour en avant, et requissent que on leur volsist laissier à cappittainne ung chevalier englès et gens avoecq lui à leur coustage, pour garder et deffendre le ville, se li Franchois y venoient. Chils tretiés fu vollentiers oys des chevaliers d’Engleterre, et rechurent chiaux de Rochemadour à merchi, et entrèrent ens et s’i reposèrent et rafreschirent par deux jours; et quant il s’em partirent, il y laissièrent un chevalier englès qui s’appelloit monseigneur Guillaumes Toursel et environ quarante armures de fier avoecq lui.

Apriès le rendaige de Rochemadour, chevauchièrent deviers Villefranche, à l’entrée de Thoulousain, gastant et essillant tout le pays de chou qu’il y trouvoient; mès c’estoit petit, car les gens dou plat pays, par le coummandement dou duc d’Ango, avoient tout retret ens ès fortrèches, et ossi les Compaignes franchoises avoient tout courut ce pays et tout pilliet: se n’y avoit point de remanant. Et recouvroient li Englès de vivres à grant dangier, et le plus qu’il en avoient, c’estoit par tretiez et par rachas de petis fors et de villages qu’il ranchounnoient as vivres. Et envoieoient souvent leurs coureurs devant une fortrèche, qui disoient à chiaux de dedens: «O bon homme de laiiens, que nous donrés vous de sommades de pain, de vin, de farinne et d’avainne, et nous respiterons à ardoir tous les villaiges de chy environ?» Là estoient il d’acord, et se composoient à une cantité de sommiers de pourveanches. Parmy tant li Englès passoient oultre: autrement il n’avoient nulx vivres fors que de chars, mais de ce recouvroient il assés par raison. Si chevauchièrent tant en cel estat qu’il vinrent à Villefranche, que li Franchois avoient fortefiié et laissiet dedens environ quarante saudoiiers pour le garder, qui assés bien en fissent leur devoir, car il le tinrent quatre jours contre les Englès, maugré tous chiaux de le ville. Au cinqime jour, il se rendirent sauve leurs cors et leurs biens, et s’em partirent li estragnier sans dammaige, et li Englès prissent le saisinne de le ville. Or vous parlerons de Camdos le hirault, que li quatre chevalier dessus noummet, cappittainne et meneur de touttes ces gens d’armes, avoient envoiiet deviers le prinche, et ossi coumment il esploita. Fo 158 ro et vo.

P. [148], l. 5: entrues.—Ms. A 7: entrementres. Fo 304 vo.—Ms. A 8: pendant ce. Fo 311 vo.

P. [148], l. 8: claime.—Ms. A 8: appelle.

P. [148], l. 17: que.—Ce mot manque dans le ms. A 8.