P. [159], l. 22: semonst.—Ms. A 8: semonni. Fo 314 vo.
P. [159], l. 24: appareillier.—Le ms. B 6 ajoute: en la ville de Bruge. Fo 748.
P. [159], l. 25 et 26: Or... Poito.—Cette phrase manque dans le ms. A 22, t. II, fo 258 vo.
§ [630]. Vous devés.—Ms. d’Amiens: Or revenrons nous au comte Ammon de Cantbruge et au comte de Pennebrucq, qui s’estoient tenu et rafresci en Bourdille, et avoient à leur departement ordounné à gouverneur et gardien de Bourdille monsigneur de Mucident, Gascon, et grant fuisson de compaignons avoecq lui, dont il estoit cappitains. Et estoient li dessus dit signeur venu em Poito. Dont il avint que li prinches, pour remforchier leur cevauchie, y envoiea monsigneur Jehan Camdos, monsigneur Thummas de Felleton, le captal, monsigneur Robert Canolles, monsigneur Richart de Pontchardon, monsigneur Estievene de Gousenton et touttes les gens d’armes qui estoient revenu avoecq yaux. Si vous di que, quant il se furent remis enssamble, il se trouvèrent grant fuisson, et eurent avis quel part il se trairoient pour mieux exploitier et emploiier leur tamps à grever leurs ennemis.
Adonc se porta conssaux et certains acors que il se trairoient deviers une moult belle fortrèce que on appelle le Roche sur Ion en Poito, sus les marches d’Ango et dou resort d’Ango meysmement. Si se traissent celle part à grant esploit, et y fissent amenner et acariier touttes leurs pourveanches, et se logièrent et amanagièrent à l’environ, et y ordounnèrent fueillies et establement pour leurs chevaux. Par dedens le Roche sur Ion avoit ung chevallier angevin qui s’appelloit messire Jehan Blondiaux, qui en estoit cappittainne de par le duc d’Ango, et avoit avoecq lui en le forterèche pluisseurs bons compaignons deffensables et bien appers, pour deffendre et garder le dit castiel; et estoient bien pourvueu de tous vivres pour yaux tenir ung grant tamps, et ossi de toutte artillerie très bien garni. Si tost que li seigneur d’Engleterre eurent asegiet le Roche sur Ion, il y envoiièrent leurs gens asaillir et escarmuchier. Si y eut par pluisseurs fois grans assaux et escarmuches, car cil dou fort se deffendoient aigrement et vassaument. Quant chil qui devant seoient virent que par traire ne lanchier on ne les pooit adammaigier, mès perdoient moult souvent de leurs gens à l’escarmuche et à l’asaut, si en furent moult courouchiet, et s’avisèrent li signeur que en avant il assauroient par enghiens. Si en fissent drechier jusques à six grans et mervilleux, qui nuit et jour jettoient pierres de fais à le fortrèche. Chils atournemens d’assaut esbahy et effrea grandement chiaux de dedens.
Tant fissent li signeur par devant, et si constraindirent chiaux dou fort, que il regardèrent l’un par l’autre pour le milleur à leur avis qu’il estoient trop cuvriiet par ces enghiens, et que, à enssi continuer, il ne se pooient longement tenir. Si traittièrent deviers le comte de Cantbruge, monsigneur Ammon, et le comte Jehan de Pennebruc et monsigneur Jehan Camdos et le captal et monsigneur Guichart d’Angle et les barons qui là estoient, qu’il prenderoient une souffranche de quinze jours, et au chief de ce terme, journée de bataille; et, se adonc il n’estoient comforté et levet par bataille dou siège, il devoient rendre le forterèce as Englès, parmy tant que le ditte cappittainne messires Jehans Blondiaux devoit avoir six mil francs franchois pour ses pourveanches. Chilx tretiés se passa. Li respis fu dounnés et tenus les quinze jours. Nulx ne vint ne n’aparu pour combattre les Englès ne lever le siège. Quant li cappittainnes vit ce, si en fu durement courouchiés; car il ne quidoit mies que li rois de Franche ne li dus d’Ango ne li dewissent faire comfort pour alegier une telle fortrèche de ses ennemis. Toutteffois, il ne pooit aller ariere que il ne delivrast le castiel, car il en avoit baillet as Englès quatre escuiers gentils hommez em plèges. Si rendy le fortrèce et s’em parti, et touttes ses gens, sans dammaige, et reut sez plèges et six mil frans franchois tous appareilliés pour les pourveanches dou dit castiel. Si em prissent li signeur englès, gascons et poitevin, qui là estoient, le possession, et y establirent bonnes gardes, et un chevalier de Poito pour garder, et puis s’em partirent et se retrayrent deviers Poitiers.
Or vous diray de monsigneur Jehan Blondiel coumment il fina. Apriès ce qu’il se fu partis et eut rendu le ditte forterèce, si comme vous avés oy, il prist son chemin pour aller à Paris. Ensi qu’il passoit parmy le chité d’Angiers et qu’il estoit descendus en son hostel, il fu pris et arestés dou connestable d’Ango et des gens dou duc, et mennés en prisson. Si oy dire et compter pour verité qu’il fu depuis accusés de traysson et de villain fait, pour le cause de ce qu’il avoit pris et rechupt monnoie dou dit castiel. Si fu noiiés li dis chevalliers en le rivière qui keurt parmy le chité de Angiers. Fo 149.
P. [159], l. 27 et p. 160, l. 44: Vous devés.... le Roce sur Ion.—Ms. A 22: Vous devez savoir que, quant le departement fut fait des barons et des chevaliers de Guienne qui avoient chevaulchié en Caoursin et en Rouergue, et ilz furent retournez en Angoulesme devers le prince de Galles, ilz eurent conseil d’aller assaillir ung bel chastel et fort appelé la Roche sur Ion, sus les marches. T. II, fo 259.
P. [159], l. 28: Gyane.—Ms. A 7: Guiane. Fo 397 vo.—Ms. A 8: Guienne. Fo 344 vo.
P. [160], l. 8: emploiier.—Ms. A 8: exploitier.