P. [175], l. 8: s’ahati.—Ms. A 8: se vanta. Fo 318 vo.
P. [175], l. 9: de laiens.—Ms. A 8: de l’ostel dessus dit.
P. [175], l. 10: asserisiet.—Ms. A 8: assegrisiez.
P. [175], l. 24: peut.—Ms. A 7: pou.
P. [175], l. 24: baus.—Ms. A 8: bancs. Fo 318 vo.
P. [176], l. 9: wiseus.—Ms. A 8: oiseux.
P. [176], l. 9: recreant.—Ms. A 8: recreus.
P. [176], l. 47: petite force.—Ms. A 8: petit fort.
§ [636]. Entre prime.—Ms. d’Amiens: Environ heure de primme et ou plus fort de l’assault, appella li comtes de Pennebrucq ung sien escuier, bon homme d’arme, et li dist: «Partez de chy au plus tost que vous poés, et montés sus tout le milleur et plus appert courssier des nostres, et ne cessés d’esperonner tant que vous venés à Poitiers. Et dittes à monsigneur Jehan Camdos que nous le saluons mout de fois, et li recordés tout l’estat où vous nous laissiez, et li dittes de par nous tous que nous le prions chierement qu’il nous viegne secourir, et qu’il soit chy dedens heure de vespres: je croy que nous nos tenrons bien jusques adonc, à ces ensaignes que vous li baillerés de par my et que bien connistera.» Lors traist li comtes de Pennebrucq un aniel d’or hors de son doy et le bailla à l’escuier. Cils le prist et monta erramment sus un bon courssier, qui estoit tous aprestés en le court, et se parti par de derierre, oncques n’y fu percheus; et se mist au chemin deviers Poitiers, tout le cours et à le fois les galos, pour le courssier laissier resouffler. Or vous diray dou premier messaige coumment il esploita. Bien est veritez que toutte le nuit il chevaucha; mais oncques il ne sceut ne peut tenir voie ne sentier, si fu grans jours. Quant ce vint au jour, il recongnut son chemin et vey bien que il s’estoit fourvoiiés toutte le nuit. Si se radrecha, par asens de pays, par deviers le chité de Poitiers, et fist tant qu’il y parvint environ heure de tierche. Si trouva monsigneur Jehan Camdos à son hostel, qui devoit laver ses mains pour seoir à table, et grant fuisson de chevaliers et d’escuiers dalés lui. Li messagiers l’enclina et li bailla les lettres de par le comte de Pennebrucq et tous les compaignons. Il les prist et ouvri et lissi, et entendi par elles coumment il estoient enclos en un plat hostel à petit de forche au Puirenon, et laiens en dur parti et en grant peril contre les Franchois.
Quant messires Jehans Camdos eut bien les lettres veuwes de chief en qor, si fu tous pensieux une espasse, et regarda que, de Poitiers jusques au Puirenon, avoit sept lieuwes, et que aventure seroit, se il y venoit à tamps. Si dist enssi, quant il eut pensé: «Alons, alons à table; car, se il estoient tout mort et tout pris, se nous convenroit il mengier et boire.» Adonc s’asist au mengier messires Jehans Camdos, et ossi fissent tout chil qui là estoient. Encorres estoient il à leur premerain més, quant li hommes d’armes, que li comtes de Pennebrucq y envoioit de rechief, descendi en le court, liquelx monta tantost les degrés et entra en le sale, et les trouva seans à table. Si enclina monsigneur Jehan Camdos et se traist vers lui, et fist son messaige bien et à point et li moustra les congnissanches de l’aniel d’or et li dist et pria que, parmy ces enssaignes, il se volsist prendre priès de venir là où li compaignon estoient. Adonc penssa messires Jehans Camdos un petit, et puis tantost leva le teste et dist tout en haut: «Or avant, biau signeur! As armes et as chevaux! Vous oés et veés coumment li comtes de Pennebrucq nous prie et nous mande que nous le comfortons à ce besoing; et s’en nous demouroit, on le nous deveroit tourner à reproche et à lasqueté, et ossi nous sommes moult tenus de lui aidier, car ja est il envoiiés en ce pays de par le roy nostre signeur, avoecq monsigneur de Cantbruge, pour uns des ciés, et se le tient nos roys à fil, car il eut sa fille espousée. Si nous esploitons de lui secourir, et j’espoir que nous y venrons tout à tan.» Il n’y eut plus dit ne plus fait, mès se partirent touttes gens de table et se coururent armer, et sounnèrent les trompettes monsigneur Jehan Camdos. Si s’aprestèrent parmy Poitiers touttes mannierres de gens d’armes vistement, et montèrent as chevaux, et se partirent plus de quatre cens hommes parmy les archiers, et prissent le plus droit chemin qu’il peurent par deviers le Puirenon. Fos 160 vo et 161.