Pur li defendre de meschief.

[122] L’acte qui autorise Jean, duc de Berry et d’Auvergne, à retourner en France et à y séjourner, est daté de Westminster le 1er février 1366; et ce congé, accordé d’abord pour un an, fut prolongé jusqu’à Pâques 1368 (Rymer, III, 783, 785).

[123] Jean VI, comte de Harcourt et d’Aumale, otage en Angleterre, passa procuration à Londres le 12 janvier 1365 (n. st.) pour servir ses fiefs en France, et spécialement en l’évêché de Poitiers (La Roque, Additions aux preuves de l’histoire de la maison de Harcourt, IV, 1435). Dans le courant de 1367, à la requête du prince d’Aquitaine et de Galles et «parmy l’entreprise et pleggerie de nostre cher et feal Loys de Harecourt, vostre oncle», le comte de Harcourt fut autorisé à se rendre en France et à y résider pendant quelques mois; mais dès le 1er décembre de cette année, Édouard III le somma de revenir se constituer otage à Londres, et cette sommation fut renouvelée le 5 janvier de l’année suivante (Rymer, III, 837, 840). En cette même année 1368, le 14 octobre, Jean VI se maria à Catherine de Bourbon, l’une des sœurs cadettes de la reine de France. Louis de Harcourt, oncle de Jean VI, était vicomte de Châtellerault, et, à ce titre, comme le dit Froissart, le seigneur le plus important du Poitou.

[124] Gui de Blois, seigneur de Beaumont en Hainaut, otage depuis la conclusion du traité de Brétigny, c’est-à-dire depuis la fin de 1360, ne fut autorisé à repasser sur le continent que le 8 juillet 1367 (Rymer, III, 830). Le 15 de ce même mois, par contrat passé à Londres, il céda, ainsi que le raconte Froissart, son comté de Soissons à Enguerrand, sire de Coucy, en faveur d’Élisabeth d’Angleterre, dame de Coucy (Anselme, Hist. généal., VI, 97).

[125] Pierre, comte d’Alençon, fut autorisé à se rendre en France et à y séjourner, en même temps que Jean, duc de Berry et d’Auvergne, du 1er février 1366 à Pâques 1368 (Rymer, III, 782, 783, 785).

[126] La rançon de Louis II, duc de Bourbonnais, fut fixée à 40 000 écus, et non à 20 000 francs, comme le rapporte inexactement Froissart. Le premier payement en fut effectué le 6 décembre 1367; un nouvel à-compte fut porté par Hugues de Digoine en Angleterre, le 31 mars 1368 (n. st.); et la rançon ne fut complétement payée qu’à la fin de cette année. Le duc Louis n’en fut pas moins mis en liberté dès le 22 janvier 1366 (Rymer, III, 783); le 14 juin de cette année, il était à Moulins (Arch. Nat., P 1460, nos 1938-74), le 18, à Souvigny, et le 24, à Montluel (Arch. de la Côte-d’Or, B 8552).—C’est pour parfaire le payement de sa rançon que Louis II, par acte daté de Paris le 16 décembre 1368, engagea à Jean Donat, bourgeois et épicier à Londres, au prix de 5200 écus d’or, «sa cotte d’escarlate rousée, ordonnée à vesteure de homme, semée et ouvrée de plusieurs et divers ouvraiges de grosses perles et rubis baillais et saphirs» Arch. Nat., P 1358, no 98; Bibl. de l’École des Chartes, XVII, 268 à 272.

[127] Thomas de Wetenhale, cousin du fameux Hugh de Calverly, avait été nommé sénéchal du Rouergue dans le courant du mois de mai 1365, en remplacement d’Amanieu du Fossat; il tenait sa cour à Villefranche (aujourd’hui Villefranche-de-Rouergue, Aveyron), où résidait également le trésorier du prince d’Aquitaine en Rouergue. Quoique Froissart fasse vivre le sénéchal du Rouergue jusqu’à la reddition de Millau au duc d’Anjou, c’est-à-dire jusqu’au 31 mai 1370, il est certain que Thomas de Wetenhale mourut dans la seconde moitié du mois de septembre 1369, à la suite des blessures qu’il avait reçues au combat de Montlaur (Aveyron, arr. Saint-Affrique, c. Belmont), où il avait été battu par Jean, comte de Vendôme et de Castres (au mois d’août précédent, la seigneurie de Castres avait été érigée en comté par Charles V). Thomas fut enterré à Montlaur, où l’on voit encore aujourd’hui son tombeau; et le conseil de ville de Millau, resté fidèle au parti anglais, fit faire au sénéchal un service solennel dans l’église Notre-Dame de l’Espinasse. Le Rouergue sous les Anglais, p. 73, 129, 156 à 158.

[128] Les historiens du Rouergue ont dit (Gaujal, Essais historiques sur le Rouergue, I, 411) et le savant M. Lacabane a répété (Bibl. de l’École des Chartes, XII, 103 et 104) que, dès le 17 septembre 1368, Rodez avait expulsé l’administration anglaise. Les registres des comptes et des délibérations consulaires, conservés aux Archives municipales de Millau, contredisent cette assertion. On y voit que la cité de Rodez, soumise à l’évêque de cette ville, et le bourg de Rodez, relevant du comte d’Armagnac, adhérèrent à l’appel au roi de France à la fin de septembre seulement. Un certain Pierre Borda fut alors chargé de porter à Paris l’acte contenant cette adhésion. Adhérer à l’appel, c’était reconnaître implicitement la souveraineté du roi de France; mais la reconnaissance de cette souveraineté suprême ou du ressort n’entraînait pas la déchéance du souverain immédiat, c’est-à-dire du prince d’Aquitaine. Malgré cette reconnaissance, la ville de Rodez, cité et bourg, continua de rester soumise à la domination anglaise. Cela est tellement vrai que le 29 septembre, le grand maréchal d’Aquitaine, allant en ambassade à Rome, passa par Rodez et y reçut des consuls les présents accoutumés. Rodez ne rompit ouvertement avec le gouvernement anglais et ne se donna officiellement à la France qu’à la fin de janvier ou dans les premiers jours de février 1369. Le 27 février seulement, les fleurs de lis furent placées sur le Poids et la maison commune du bourg. La première place du Rouergue qui semble avoir secoué ouvertement le joug étranger est Najac (Aveyron, arr. Villefranche-de-Rouergue). Dès le 5 janvier 1369, Raymond Guerre, bourgeois de Najac, se faisait donner les droits utiles de la châtellenie, montant à 20 marcs d’argent par an, ainsi que le droit de basse justice au dit lieu de Najac, rapportant annuellement 60 sous tournois, en récompense de son entremise «in et circa veram obedienciam dicti loci de Najaco erga dominum meum regem atque nos exhibitam et ostensam.» Arch. Nat., JJ 100, no 537; JJ 102, no 202.—Mais, deux ans plus tard, par acte daté d’Albi le 28 février 1371 (n. st.), le duc d’Anjou, ayant appris que Raymond Guerre s’était fait valoir aux dépens de ses concitoyens, lui retirait les 20 marcs d’argent dont il vient d’être question pour les assigner à ceux-ci, «considerantes bonam voluntatem et cordialem dileccionem quas ipsi consules et habitatores (Najaci) erga dominum meum et nos, mortis formidine retrojecta, habuerunt et de facto monstraverunt de primis totius ducatus Aquitanie, ad obedienciam regis et nostram veniendo, et ipsum dominum meum suum verum, directum et naturalem dominum recognoscendo et inimicos domini mei et nostros, extunc in dicto loco existentes, debellando et ab eodem projiciendo.» JJ 102, no 101.—Quant à la défaite de Thomas de Wetenhale près de Montauban, elle n’a pu avoir lieu, si tant est qu’il faille ajouter quelque foi au récit de Froissart, qu’au mois de janvier 1369, puisque le sénéchal du Rouergue, absent de cette province depuis plus de deux ans, n’y rentra qu’au mois de décembre 1368. La première rencontre eut lieu le 17 janvier au Mont d’Alazac, où Jean d’Armagnac, fils du comte, tua 400 Anglais, en prit 60, et parmi ces derniers, Pierre de Gontaut et un neveu du sénéchal de Quercy. Le Rouergue sous les Anglais, p. 121 à 137.

[129] Il importe beaucoup, pour préciser un peu la chronologie extrêmement vague et confuse de Froissart, d’établir la date au moins approximative du départ de Jean Chandos pour la Guyenne. Le connétable d’Aquitaine, vicomte de Saint-Sauveur, était encore en basse Normandie le 6 octobre 1368, jour où il donna quittance de 15 000 fr. à Gerard de Crepon, vicomte de Valognes (L. Delisle, Preuves de l’histoire du château de Saint-Sauveur-le-Vicomte, p. 167). Mais il était arrivé en Guyenne dès le mois de décembre suivant, ainsi que l’atteste l’article de compte suivant: «A Navarre, roy des heraux de Monseigneur (le roi de Navarre), par mandement de l’abbé de Cherebourg du XVIIIe jour de decembre MCCCLXVIII, pour aller devers messire Jehan Chandos en GuyenneIbid., p. 148.

[130] Dordogne, arr. Bergerac.