[180] Charles V était trop sincèrement religieux pour ne pas convier ses sujets à des prières publiques au début d’une entreprise dont nul ne mesurait mieux que lui les difficultés; mais en même temps il empruntait à son adversaire une de ses ordonnances les plus sages, une de celles qui avaient le plus contribué à préparer les victoires de Crécy et de Poitiers. Le 3 avril 1369, défense était faite par tout le royaume de jouer aux dés, aux tables ou dames, à la paume, aux quilles, au palet, à la soule, à la bille, sous peine d’une amende de quarante sous. Le roi enjoignait à ses sujets, par la même ordonnance, «d’eulz exercer et habiliter en fait de trait d’arc ou d’arbalestres, ès biaux lieux et places convenables à ce ès villes et terrouoirs, et facent leurs dons aux mieulx traians et leurs festes et joies pour ce.» Charles V renouvelait cette ordonnance le 23 mai suivant, et allouait le quart de l’amende, soit dix sous, aux sergents qui constateraient le délit et prendraient les délinquants. Ordonn., V, 172 et 173.

[181] Le 3 juin 1369, Édouard III reprit le nom et le titre de roi de France (Rymer, III, 868, 869).

[182] En 1340, Jean de Werchin (aujourd’hui Verchain-Maugré, Nord, arr. et c. Valenciennes), fils de Gérard de Werchin et d’Isabeau d’Antoing, fit hommage à Philippe de Valois de la terre de Fontenay (aujourd’hui Fontenoy, château situé à Houdain, Nord, arr. Avesnes, c. Bavay) que son père avait possédée, et le 11 novembre 1350 le don de cette terre lui fut confirmé par le roi Jean (Arch. Nat., JJ 80, no 134). Le 30 juillet 1366, Charles V lui confia la garde des château et ville de Mortagne (Nord, arr. Valenciennes, c. Saint-Amand-les-Eaux), qu’il promit de garder loyalement et de remettre entre les mains du roi quand il en serait requis (J 400, no 61).

[183] Louis de Châtillon, comte de Blois et de Dunois, seigneur d’Avesnes, fils de Louis de Châtillon et de Jeanne de Hainaut, comtesse de Soissons, dame de Beaumont et de Chimay, mort célibataire en 1372.

[184] Jean de Châtillon, marié à Mathilde de Gueldre en 1372, l’année même où il succéda comme comte de Blois et de Dunois à son frère aîné. Gui de Châtillon, frère cadet de Louis et de Jean, n’est pas nommé, parce qu’en 1369 il guerroyait en Prusse.

[185] Jean III, sire de Barbençon (Belgique, prov. Hainaut, arr. Thuin, c. Beaumont), marié à Yolande de Gavre et mort le 4 septembre 1378.

[186] Guillaume, sire de Ligne (Belgique, prov. Hainaut, arr. Tournay, c. Leuze), marié à Berthe de Schleiden. Le 28 février 1374, Jean de Werchin, Jean, sire de Barbençon et Guillaume, sire de Ligne, apposèrent leurs sceaux à Middelburg en Zélande à la ratification du contrat de mariage conclu à Saint-Quentin, le 3 mars de l’année précédente, entre Marie de France, fille de Charles V, et Guillaume, fils aîné d’Aubert de Bavière, gouverneur des comtés de Hainaut, Hollande et Zélande (Arch. Nat., J 412, no 1). Par son mariage avec Jean, sire de Ligne, fils de Guillaume, Eustachie, l’aînée des filles de Jean III, sire de Barbençon, mort sans héritiers mâles, porta la terre de ce nom dans la maison de Ligne.

[187] Wenceslas, duc de Luxembourg, frère puîné de l’empereur Charles IV, marié à Jeanne, duchesse de Brabant et de Limbourg, était l’oncle maternel de Charles V, fils de Bonne de Luxembourg. Sur les relations d’intimité qu’entretenaient alors le roi de France, le duc et la duchesse de Brabant, voyez Pinchart, Études sur l’histoire des arts, Bruxelles, 1855, p. 17, 18, 30.

[188] On ne saurait nier que, sur cette question des dispenses pour mariage, Urbain V n’ait fait preuve d’une véritable partialité en faveur du roi de France. Le mercredi 2 octobre 1364, le pape donnait dispense pour le mariage de Marie de France, fille du roi Jean, avec Henri, duc de Bar, parrain et parent au troisième degré de consanguinité de la dite Marie (Arch. Nat., J 437, no 32); et, le jeudi 30 octobre de l’année suivante, par deux bulles adressées aux archevêques de Cambrai et de Canterbury, il révoquait toutes les dispenses de mariage en termes généraux concédées par Clément VI et Innocent VI aux empereurs, rois, princes, ducs et marquis; et il commandait aux dits archevêques de déclarer à Edmond, fils d’Édouard III, qui avait obtenu pareille dispense pour contracter mariage avec Marguerite, fille de Louis, comte de Flandre, parente aux troisième et quatrième degrés, que la dispense qu’il avait obtenue était révoquée, et que le dit Edmond et la dite Marguerite tomberaient sous le coup des censures, s’ils passaient outre (J 558, nos 6 et 6 bis). Enfin, par une bulle datée de Saint-Pierre de Rome le 3 novembre 1367, Urbain V déclarait Edmond et Marguerite libres de contracter ailleurs mariage et les absolvait du serment qu’ils pouvaient s’être fait mutuellement (J 558, no 7).

[189] Ce mariage, «qui longuement avoit esté traictié», fut passé et accordé le samedi après Pâques (Pâques tomba en 1369 le 1er avril), c’est-à-dire le 7 avril 1369 (Gr. Chron., VI, 271).