[229] Pas-de-Calais, arr. Boulogne, c. Guines. Abbaye de Prémontrés, au diocèse de Saint-Omer, fondée au XIIe siècle, reconstruite en partie en 1783, détruite en 1794.

[230] Pas-de-Calais, arr. Saint-Omer, c. Ardres, sur le Hem, à 121 mètres d’altitude. Le duc de Bourgogne vint camper à Tournehem, le 23 août 1369, en face des Anglais, logés entre Guines et Ardres, à une petite lieue des Français. Gr. Chroniques, VI, 318.

[231] Tous les éditeurs de Froissart, et tout récemment encore M. Kervyn de Lettenhove (Œuvres de Froissart, XXV, 114, 115, au mot Mortagne-sur-Mer), ont pensé qu’il s’agit ici de Mortagne-sur-Gironde, Charente-Inférieure, arr. Saintes. Il est vrai que le chroniqueur de Valenciennes, plus familier avec les noms de lieu des bords de la Gironde, fleuve où il avait sans doute navigué lorsqu’il était venu d’Angleterre à Bordeaux, qu’avec ceux du Poitou, place par erreur «sur mer,» le Mortagne dont le comte de Pembroke était capitaine. Mais outre que le jeune comte, qui ne cherchait que l’occasion de faire des chevauchées et de hautes emprises contre l’ennemi, avait dû choisir pour cela un poste d’honneur, situé à l’extrême frontière, au lieu d’aller tenir garnison au cœur même des possessions anglaises, tout le contexte où l’on nous montre Jean de Hastings guerroyant sans cesse sur les confins de l’Anjou et de la Touraine, donne lieu de croire que la forteresse, dont le gendre d’Édouard III avait fait son quartier général, dans cette campagne en Poitou, est le Mortagne situé à la limite de cette province et de l’Anjou (auj. Mortagne-sur-Sèvre, Vendée, arr. la Roche-sur-Yon). Il est certain, d’ailleurs, que cette importante forteresse appartenait dès lors aux Anglais; et ce fut même, avec Lusignan et Gençay, l’une des trois places poitevines qui seules résistèrent à du Guesclin et n’étaient pas encore redevenues françaises à la fin de 1372 (Gr. Chron., VI, 337). Aussi lorsque Froissart raconte le siége de ce Mortagne par Clisson, en 1373, il continue de l’appeler «Mortagne sur mer.» V. Froissart de Buchon, éd. du Panthéon, I, 660.

[232] Le 4 février 1367 (n. st.), Charles V avait donné à son frère Louis, duc d’Anjou et comte du Maine, les château et châtellenie de Loudun en dédommagement des château et châtellenie de Champtoceaux (Maine-et-Loire, arr. Cholet), cédés au duc de Bretagne, en exécution d’un des articles du traité de Guérande. Arch. Nat., J 375, no 1.

[233] Le 4 septembre 1371, Thibaud du Pont était encore capitaine de Rochechouart, et Charles V fit payer 40 francs d’or à Jean du Rocher, «écuyer de Bretagne», que Thibaud avait envoyé vers le roi de France. Dom Morice, Preuves de l’histoire de Bretagne, I, 1603.

[234] Dans une donation faite le 16 juillet 1369 à Plotart de Cluis, seigneur de Briantes (Indre, arr. et c. la Châtre), des biens confisqués de Jean de Pommiers, chevalier rebelle, il est fait mention du «chastel de Flach et d’un aultre sien chastel (sien se rapporte à Plotart de Cluis), appellé Sodun sur Creuse (auj. Issoudun, Creuse, arr. Aubusson, c. Chénérailles), remis en la main de nostre mareschal de Sancerre, pour le faire garder de par nous.» JJ 100, no 525; cf. nos 107 et 108.—De cette pièce et d’une foule d’autres dont l’indication serait trop longue, on peut conclure qu’en 1369, Louis de Sancerre, maréchal de France, fut surtout chargé de tenir tête aux Anglais sur les confins du Berry, de la Marche et du Poitou.

[235] Pendant tout le cours de cette campagne, Jean, sire de Beuil, nous apparaît dans les actes comme préposé surtout à la défense d’Angers et de la frontière d’Anjou (JJ 100, no 526; JJ 102, no 135); mais, de même que Jean Chandos, sénéchal du Poitou, lorsqu’il voulait entreprendre une expédition, faisait appel au comte de Pembroke, capitaine de Mortagne-sur-Sèvre, de même Jean de Kerlouet, capitaine français de la Roche-Posay, projetant un coup de main contre l’ennemi, associait pour la circonstance les forces dont il pouvait disposer à celles de Louis de Sancerre, qui dirigeait les opérations sur la marche de Berry, et à celles de Jean, sire de Beuil, qui remplissait le même rôle sur la marche d’Anjou.

[236] Auj. hameau de la commune de Verrue, Vienne, arr. Loudun, c. Monts-sur-Guesnes. D’après Froissart, la localité qu’il appelle «Puirenon» devait se trouver sur les confins de l’Anjou (le Loudunois avait été cédé au duc d’Anjou par Charles V) et du Poitou, et à sept lieues de Poitiers (p. [377], 382). Purnon répond à peu près à ces conditions; mais, quoique M. Kervyn de Lettenhove (Œuvres de Froissart, VII, 542) affirme, j’ignore sur quelle autorité, que l’hôtel des Templiers de Purnon a fait place à un prieuré de Saint-Augustin maintenant détruit, mes savants confrères, MM. Redet et Richard, m’écrivent que Purnon, ancien prieuré de l’ordre de Saint-Augustin, dépendant de l’abbaye de Fontaine-le-Comte près Poitiers et fief relevant de la baronnie de Mirebeau, n’a jamais appartenu à l’ordre du Temple. En 1350, Briant de Montjehan en était seigneur. La commanderie du Temple la plus rapprochée de Purnon est Montgauguier (Vienne, arr. Poitiers, c. Mirebeau), dont les bâtiments subsistent encore dans un lieu bien sec. L’auteur d’une étude récente sur la baronnie de Mirebeau, M. de Fouchier (Mém. de la Société des Antiquaires de l’Ouest, année 1877), appelé à se prononcer sur ce point, incline à penser qu’il ne s’agit pas d’une localité poitevine, mais bien d’un château situé plus au sud vers le Limousin. C’est aussi l’opinion de l’érudit M. Mannier, si profondément versé dans l’histoire des commanderies: il identifie le «Puirenon» de Froissart avec Puydenut, dont le nom s’écrivait au moyen âge Puydenou, et pouvait se lire Puydenon. Puydenut était, en 1369, une ancienne commanderie de Templiers, devenue une commanderie de Saint-Jean-de-Jérusalem au grand prieuré d’Auvergne (aujourd’hui hameau de la commune de Lavignac, Haute-Vienne, arr Saint-Yrieix, c. Chalus).

[237] Philippa ou Philippe de Hainaut, la protectrice dévouée de Froissart, son compatriote, qu’elle avait attaché à sa personne, mourut le 15 août 1369. C’est seulement dans la première rédaction de ses Chroniques (p. 181 à 183), il importe de le faire remarquer, que l’ancien clerc de la bonne reine s’est étendu avec complaisance et une émotion communicative sur les qualités de sa bienfaitrice.

[238] Guillaume, seigneur de Spontin (auj. Belgique, prov. Namur, arr. Dinant, c. Ciney), choisi en 1367 comme l’un des exécuteurs testamentaires de Robert de Namur, mort le 7 avril 1385.