[255] Thomas Percy, sénéchal du Poitou, à la date du 3 mars 1369, avait-il été transféré dans les mêmes fonctions à la Rochelle vers le milieu de cette année, au moment où il avait été remplacé par Jean Chandos comme sénéchal du Poitou? La qualification de sénéchal de la Rochelle, attribuée ici (p. [198]) pour la première fois à Thomas, donnerait lieu de le croire. Thomas Percy ou de Percy, fils puîné de Henri Percy et de Marie de Lancastre-Plantagenet, fille de Henri, comte de Lancastre et de Leicester, avait par sa mère du sang royal dans les veines, puisque le comte de Lancastre, son grand-père, était le petit-fils de Henri III, roi d’Angleterre. Shakspeare a immortalisé Thomas Percy et son neveu Henri Percy, surnommé Hotspur, en les faisant figurer dans ses drames de Richard II et de Henri IV.

[256] Vienne, arr. Montmorillon, sur la Vienne, à 24 kil. à l’est de Poitiers.

[257] Auj. Lussac-les-Châteaux, Vienne, arr. Montmorillon, sur la Vienne, à 36 kil. au sud-est de Poitiers et à 12 kil. au sud de Chauvigny. Au moyen âge, quand on remontait le cours de la Vienne, le premier pont que l’on rencontrait après celui de Chauvigny était le pont de Lussac.

[258] D’après Cuvelier, un archer breton, nommé Alain de Guigueno, aurait d’abord percé d’une flèche l’armure de Chandos (Charrière, II, p. 201 et 202, vers 19213 à 19218); et un homme d’armes, appelé Aimeri, lui aurait ensuite plongé sa lance dans la poitrine (Ibid., p. 204 et 205, vers 19310 à 19315). Le témoignage si précis de Froissart mérite ici plus de créance que celui de Cuvelier.

[259] Le combat où Jean Chandos fut blessé mortellement eut lieu le matin du jour de l’an, mardi 1er janvier 1370 (p. 199 et 391). D’après la première rédaction, Chandos aurait survécu trois jours (p. 395), et, d’après la seconde, un jour et une nuit seulement à sa blessure (p. 207). Le chevalier anglais serait mort par conséquent, suivant la première version, le 3, suivant la seconde, le 2 janvier 1370. Cuvelier dit que Chandos mourut à Chauvigny (Ibid., p. 206, vers 19377), mais la tradition constante du pays, d’accord avec Froissart, est que l’illustre guerrier expira à Mortemer (Vienne, arr. Montmorillon, c. Lussac), où il fut enterré et où son tombeau existait encore, dit-on, au commencement de la Restauration, époque où on l’aurait détruit pour placer un autel latéral (Briquet, Hist. de Niort, II, 68). Jean Bouchet nous a conservé l’épitaphe suivante, que l’on avait gravée sur ce tombeau, mais qui semble très-postérieure à la mort de Chandos:

Je Jehan Chandos, des Anglois capitaine,

Fort chevaler, de Poictou seneschal,

Après avoir faict guerre tres lointaine

Au roi françois, tant à pied qu’à cheval,

Et pris Bertrand de Guesquin en un val,