[284] On cherche en vain la montre de Gui de Blois parmi celles qui furent passées à Châtellerault, le 12 août 1370, «pour cause de certaine entreprise que mgr le mareschal (de Sancerre) avoit faite pour le recouvrement de la ville de Limoges». En revanche, Alard de Barbençon, seigneur de Donstiennes (Belgique, prov. Hainaut, arr. et c. Thuin, à 19 kil. de Charleroy), dit Happart, vicomte et gouverneur de Blois, fut un des chevaliers que le maréchal de Sancerre enrôla pour cette expédition. La Roque, Hist. de la maison de Harcourt, addit. aux preuves, IV, 1568.
[285] L’expédition de Robert Knolles avait été décidée dès la fin de 1369. Robert devait d’abord débarquer en basse Normandie, et l’on ne renonça à ce projet que dans la crainte de s’aliéner le roi de Navarre qui s’y opposa avec énergie pour sauvegarder ses possessions du Cotentin (Secousse, Recueil de pièces sur Charles II, roi de Navarre, p. 427 et 428). Le but d’Édouard III était de forcer, par cette diversion, le roi de France à renoncer à son projet de descente dans le pays de Galles. Personne n’ignore que cette entreprise, dont les préparatifs se firent au Clos des Galées de Rouen dans le courant du mois de décembre 1369 (Bibl. Nat., Quittances, XVIII, 812, 813, 815, 818), sous la direction d’Owen de Galles et de Jean Win, dit le Poursuivant d’Amours, avorta misérablement après avoir coûté plus de 100 000 francs (Gr. Chron., VI, 320, 322). Deux mandements du roi d’Angleterre, relatifs aux préparatifs de l’expédition de Robert Knolles, sont datés des 6 et 12 mai 1370 (Rymer, III, 890, 892). Le 1er juillet suivant, Robert fut mis à la tête de l’armée d’invasion; et Alain de Buxhill, Thomas de Grantson, Jean Bourcher lui furent adjoints comme lieutenants (Ibid., 894, 895). Le 10 juillet, ces quatre chefs reçurent le serment d’obéissance de leurs principaux compagnons d’armes (Ibid., p. 897, 898). Vers le 12 ou le 15 de ce mois, une flotte de transport, dont Raoul de Ferrières fut nommé amiral, dut appareiller de Rye et de Winchelsea pour le pays de Caux, mais elle fut poussée plus au nord par des vents contraires et jeta l’ancre à Calais (Ibid., p. 896, 897; Secousse, Recueil sur Charles II, p. 428).
[286] Froissart a commis ici une des fautes de chronologie les plus grossières qu’on puisse lui reprocher. Comme M. Chazaud l’a parfaitement établi (La chronique du bon duc Loys de Bourbon, Paris, 1876, p. 355 et 356), Isabelle de Valois, duchesse douairière de Bourbon, ne recouvra la liberté qu’au mois d’août 1372, entre la reddition de la Rochelle (15 août) et la prise du captal de Buch (22 août). Au moment de sa délivrance opérée par le duc de Bourbon son fils, Bertrand du Guesclin et le duc d’Anjou (Chron. des quatre premiers Valois, p. 244), la duchesse était enfermée dans la tour de Brou (Charente-Inférieure, arr. et c. de Marennes, commune de Saint-Sornin). Dès le 23 juillet précédent, en vertu d’un traité conclu avec le duc de Bourbon, Simon Burleigh et Nicolas Dagworth s’étaient engagés à mettre en liberté la duchesse et à la ramener à Tours ou à Chinon à la Toussaint suivante (Arch. Nat., P 13581, no 504; Huillard-Bréholles, Invent. des titres de la maison de Bourbon, I, 565 et 566). Mais on avait prévu et excepté le cas où, «par force d’armes de la part des François ou autrement, il avendroit que ma dite dame seroit delivrée». Ce cas se produisit sans doute, car Simon Burleigh, par acte daté de Saintes le 24 septembre 1372, reconnut devoir à Louis, duc de Bourbon, 1000 francs d’or dont le duc avait sans doute fait l’avance à ce chevalier anglais comme à-compte sur la rançon de sa mère (Arch. Nat., P 13582, no 567; Huillard-Bréholles, Invent., I, 567).
[287] Ces négociations s’ouvrirent directement entre les rois de France et de Navarre, à Vernon, du 25 au 29 mars 1371 (Gr. Chron., VI, 329 à 331).
[288] Le roi de Navarre n’alla pas à Rouen, et c’est seulement le 24 mai 1371 qu’il se rendit à Paris où il passa en fêtes la dernière semaine de ce mois (Gr. Chron., VI, 332).
[289] Charles le Mauvais ne se mit en route pour retourner dans son royaume de Navarre qu’à la fin de 1371. Le 3 janvier 1372 (n. st.), il était de passage à l’abbaye de Cluny, où il déclara vouloir être «d’ores en avant frère et filz des ditz religieux et de la dite abbeye». (Arch. de Cluny, layette Priviléges, péages et amortissements, d’après une copie de Lambert de Barive). Les savants auteurs de l’Art de vérifier les dates (I, 602, 1re col.), par une distraction véritablement incroyable, ont attribué cet acte à Charles V, qu’ils font voyager en Bourgogne en janvier 1372, tandis qu’en réalité ce prince était alors à Paris (Delisle, Mandements, p. 430 à 443).
[290] D’après Cuvelier (Chronique de B. du Guesclin, II, 130), du Guesclin aurait été mandé cinq fois par le roi de France:
Car l’istoire dit et pour vrai nous afie
Que Charles li bons rois de France la garnie
L’envoia par cinq fois querre, je vous afie