Les Gantois, au nombre de 15,000, au moment de la fête de Bruges (mai 1381), vont brûler les faubourgs de Courtrai[114], que le comte se contente de munir d’hommes d’armes.

Sous les murs d’Audenarde, les attaques de Pierre du Bois et de ses gens sont repoussées par les chevaliers.

Trois jours après, Arnould de Clerk et 1,200 chaperons blancs viennent tenir garnison à Gavre, pour faire échec aux gens d’Audenarde; ils en sortent bientôt pour surprendre une route conduite par le seigneur d’Escornai, Blanchard de Calonne[115] et autres, leur font perdre plus de 60 hommes et s’emparent de la ville et de l’abbaye d’Eenaeme[116]; Pierre de Steenhuyse est tué. P. [74] à [77], [320], [321].

Le lendemain, les chevaliers d’Audenarde marchent sur Eenaeme, surprennent les Gantois, les tuent presque tous, et, parmi eux, Arnould de Clerk; ils retournent ensuite à Audenarde. Ces nouvelles comblent le comte de joie. P. [77] à [79], [321], [322].

Désespérés de ces échecs, les Gantois songent à faire leur soumission, mais ils n’osent, par crainte de Pierre du Bois et de ses partisans, qui les imposent et les obligent à continuer la lutte, sous prétexte de défendre leurs franchises. Les honnêtes gens sont ainsi victimes de leur faiblesse, témoin Jean de la Faucille[117], qui, pour éviter d’être compromis, s’exile, mais n’en est pas moins accusé par Simon Rym[118], qui le tue en duel à Lille. P. [79] à [81], [322], [323].

Voyant que les notables de Gand sont fatigués de la guerre, et que, d’autre part, il ne peut traiter avec le comte sans risquer sa vie, Pierre du Bois imagine de s’adjoindre un autre chef capable de gouverner la ville de Gand avec lui[119]. Il propose à la nomination des Gantois Philippe d’Artevelde, fils de Jacques d’Artevelde, si populaire autrefois. P. [81] à [85], [323] à [325].

Après bien des hésitations voulues, Philippe se rend aux instances de Pierre du Bois, de Pierre de Wintere et de Sohier d’Herzeele[120]; il accepte et fait donner au seigneur d’Herzeele, ruiné par la guerre, une partie des revenus que le comte possédait dans la ville de Gand. P. [85], [86], [325].

CHAPITRE XIII.

1381, 14 mai. TRAITÉ D’ALLIANCE ENTRE LE PORTUGAL ET L’ANGLETERRE.—HOSTILITÉS ENTRE LE PORTUGAL ET LA CASTILLE.—10 juin. INSURRECTION EN ANGLETERRE; LES BANDES INSURGÉES MARCHENT SUR LONDRES.—13 juin. PILLAGE, MEURTRES ET INCENDIES DANS LA VILLE.—15 juin. MORT DE WAT TYLER.—18 juin. NOUVELLE TRÊVE CONCLUE AVEC L’ÉCOSSE PAR LE DUC DE LANCASTRE.—RÉPRESSION DE L’INSURRECTION DANS LES COMTÉS.—Août. ARRIVÉE DU COMTE DE CAMBRIDGE ET DE SON ARMÉE A LISBONNE (§§ [209] à [227]).

La mort du roi Henri de Castille ne met pas fin à la guerre entre la Castille et le Portugal. Aussitôt couronné, lui et sa femme[121], Jean est attaqué par Ferdinand, qui soutient les droits au trône de Castille de ses deux cousines, Constance et Isabelle, filles de Pèdre le Cruel, et mariées, l’une au duc de Lancastre, l’autre au comte de Cambridge. Le roi Jean se défend avec l’aide des chevaliers français[122], qui sont venus se mettre à son service depuis l’entrée des Anglais en Bretagne: le Bègue de Villaines, Pierre[123], son fils, Jean de Berguettes, Guillaume de Nailhac[124], Gauthier de Passac[125], Bertrand de Terride[126], Jean et Tristan de Roye, d’autres encore. Le roi de Portugal songe alors à envoyer en ambassade en Angleterre Jean-Fernandez[127], pour demander au duc de Lancastre de venir à son secours avec une nombreuse armée. Jean-Fernandez s’embarque à Lisbonne et arrive à Plymouth, alors que les troupes du comte de Buckingham, venant de Bretagne, débarquaient en Angleterre après avoir essuyé une violente tempête. Buckingham et l’ambassadeur de Portugal font route ensemble jusqu’à Londres, où est le roi. P. [86] à [89], [326], [327].