Tandis que le seigneur d’Enghien, que le Hase de Flandre et le jeune sénéchal de Hainaut, Jacques de Werchin, se distinguent dans des escarmouches, les gens de Bruges, de Poperinghe et d’Ypres, envoyés par le comte à Longpont[97], se font battre par les Gantois[98]. P. [60] à [62], [316].
Fiers de ce succès, les Gantois, au nombre de 6,000, vont prendre, brûler et piller Alost[99], dont les seigneurs, Louis de Marbais, Geoffroi de la Tour[100] et Philippe de Jonghe, n’ont que le temps de fuir; ils se rendent maîtres ensuite de la ville de Termonde[101] (Philippe de Masmines est tué dans cette affaire), mais ne peuvent s’emparer du château, défendu par le seigneur de Widescot; enfin ils entrent par force dans Grammont[102], puis retournent à Gand avec leur butin. P. [62], [63], [316].
L’hiver s’approche; le comte se retire alors à Bruges[103] et envoie à Audenarde tenir garnison les seigneurs d’Enghien et de Montigni, pour inquiéter les Gantois.
En mars suivant, au printemps, le comte rassemble une nouvelle armée, dont il fait chef le seigneur d’Enghien. Les contingents de Deynse et d’Audenarde sont attaqués et maltraités par Rasse d’Herzeele et Jean de Launoit, qui revenaient à Gand d’une expédition contre Deynse[104].
Le lendemain, les Gantois vont brûler les faubourgs de Courtrai et rencontrent les troupes du comte à Nevele[105]. Rasse d’Herzeele et Jean de Launoit s’apprêtent à livrer bataille, sans attendre Pierre du Bois et Arnould de Clerk. P. [63] à [66], [316], [317].
L’armée du comte est forte de 20,000 hommes, de 1,500 lances, tant chevaliers qu’écuyers; ce sont: de Hainaut, le seigneur d’Enghien, maréchal de l’armée, Michel de la Hamaide, le bâtard d’Enghien[106], le seigneur de Montigni, Gille de Risoit, Hustin du Lai, le seigneur de Lens et Jean de Berlaimont[107]; de Flandre, Jean et Gui[108] de Ghistelles, le seigneur d’Escornai, le seigneur de Hulluc, le seigneur et Daniel d’Halewin, le seigneur d’Estaimbourg, Thierri de Dixmude[109], et d’autres, en y comptant le jeune sénéchal de Hainaut, Jacques de Werchin, qui mourut à Obies. Le seigneur de Leeuwerghem[110] porte la bannière du comte. Le choc a lieu, et mal fût avenu aux gens du comte, si Pierre du Bois, qui était arrivé sur le lieu du combat, eût pu secourir les siens; mais il en est empêché par un marais. P. [66] à [68], [317], [318].
Rasse d’Herzeele et Jean de Launoit, assaillis par une armée quadruple de la leur, se replient en désordre sur la ville. Rasse d’Herzeele se fait tuer en défendant l’église où Jean de Launoit[111] est brûlé vif avec tous ceux qui s’y sont réfugiés. P. [68] à [70], [318], [319].
Des 6,000 hommes de Jean de Launoit et de Rasse d’Herzeele, à peine en survit-il 300[112]. Pierre du Bois, qui a assisté au combat, sans pouvoir y prendre part, s’achemine vers Gand, où les fuyards ont déjà annoncé la mauvaise nouvelle, se plaignant de l’inaction de Pierre du Bois.
Aussi, quand ce dernier, bien que poursuivi par le seigneur d’Enghien, arrive à Gand, est-il assez mal accueilli et a grand’peine à se disculper. De là cette haine, dont Gilbert de Grutere et Simon Bette sentirent bientôt les effets. P. [70] à [74], [319], [320].
Le comte retourne à Bruges et licencie son armée; il renvoie le seigneur d’Enghien à Audenarde[113].