[17] Jean des Barres, dit le Barrois, que nous avons déjà vu à Troyes en 1380 dans l’armée du duc de Bourgogne (t. IX, p. CVII, note 3), appartenait à la maison du duc de Bourbon. Avant cette date, il avait, en 1375, assisté à la chevauchée d’Auvergne; nous le retrouvons ici, aux côtés de son cousin germain Jean de Châteaumorand, à Nantes et à Vannes. La Chronique du bon duc Loys nous le montre successivement à la bataille de Rosebecque (1382), à l’Écluse (1386), puis en Espagne, en Bordelais, en Bretagne (1387), enfin en Barbarie (1390) et à Gênes auprès de Boucicaut.
[18] Jean de Châteaumorand, l’inspirateur, peut-être le véritable auteur de la Chronique de Cabaret d’Orville, était en 1370 écuyer de la maison du duc de Bourbon, dont il portait «continuellement» le pennon. Après avoir fait, en 1375, la chevauchée d’Auvergne et accompagné B. du Guesclin à son passage en Bourbonnais, en 1380, nous le retrouvons à Nantes et à Vannes. Il prend dès lors part à toutes les expéditions où figure le duc de Bourbon, qui l’envoie souvent en ambassade, et la Chronique du bon duc Loys s’étend longuement sur ses exploits. Elle ne mentionne cependant pas son rôle en Orient (voy. Delaville Le Roulx, la France en Orient, p. 302, 360, etc.). Jean de Châteaumorand, qui fut sans doute fait chevalier à l’occasion du couronnement de Charles VI (Chazaud, Chr. du bon duc Loys, p. XIII-XIV), figure, en 1385, comme chambellan du duc de Bourbon, et, en 1388, comme chambellan du roi; en 1389, il est au service du duc de Touraine (Bibl. nat., Pièces orig. vol. 699).
[19] Un Jean de Tournemine, écuyer de Charles d’Orléans, est, en 1410, au service du roi sous les ordres de Richemont (Bibl. nat., Pièces orig. vol. 2867).
[20] Ne pouvant s’entendre sur l’interprétation de l’ordonnance de Charles V (août 1374) qui avait fixé la succession royale, les quatre oncles du roi convoquèrent au Parlement, le 2 octobre 1380, un conseil où figurèrent, à leur côté, la reine Blanche, la duchesse d’Orléans, les comtes d’Eu, d’Artois, de Tancarville, d’Harcourt, de Sancerre, de Brene, Charles de Navarre, les archevêques de Rouen, de Reims et de Sens, les évêques de Laon, Beauvais, Agen, Paris, Langres, Bayeux, Thérouanne, Évreux, Meaux et Chartres, et autres prélats et barons (Arch. nat., X1a 1471, fol. 382 vº). Ce conseil décida, après avoir donné le titre de régent au duc d’Anjou et confié la garde du roi aux ducs de Bourgogne et de Bourbon, de couronner au plus tôt le jeune Charles VI (Religieux de Saint-Denis, t. I, p. 16). Une violente dispute eut lieu entre le duc d’Anjou et le duc de Bourgogne, le jour même du couronnement, à propos de la préséance (Ibid., p. 30 et 32).
[21] Le comte de Flandre était occupé par le siège de Gand, qu’il voulut quitter, dit la Chronique des Quatre Valois (p. 290), pour aller assister au sacre du roi, «mais les Flamens ne vouldrent souffrir qu’il laissast leur host durant ledit siege devant Gant».
[22] Olivier de Clisson ne fut officiellement nommé connétable de France que par lettres patentes du 28 novembre 1380 (Dom Lobineau, Preuves de l’hist. de Bretagne, t. II, p. 610); mais il avait prêté serment au roi dès le 21 octobre (Bibl. nat., Brienne vol. 259, p. 27), «en especial contre le roy d’Angleterre». Nous trouvons, à la date du 8 novembre, une quittance donnée au service du connétable de France (Bibl. nat., Clair. vol. 36, nº 2725).
[23] Le roi promit à Reims de supprimer les aides, mais il ne tint cette promesse qu’à son retour à Paris, sous la menace d’une émeute (Religieux de Saint-Denis, t. I, p. 44; Grandes Chroniques, t. VI, p. 472; Ordonn., t. VI, p. 527): «Le juedi après la Saint Martin d’hiver» (15 novembre), «le roi nostre sire abati les aydes ayans cours en son royaume, par le conseil de nos seigneurs de son sang» (Arch. nat., X1a 1471, fol. 443; voy. aussi Petit Thalamus, p. 401, la Chr. des Quatre Valois, p. 291). Cette suppression des aides fut suivie à Paris (Arch. nat., JJ 147, fol. 108) et au dehors (Ibid., JJ 148, fol. 55) d’excès de tous genres contre les Juifs, qui venaient, en octobre, d’obtenir du roi la confirmation des lettres que Charles V avait données en leur faveur (Arch. nat., JJ 118, fol. 11 et 22). Ces excès n’avaient pas encore pris fin en décembre 1380, puisqu’à la date du 19 de ce mois on voit un Jean Beaudouin arrêtant un Juif «pour avoir de lui une ou deux pintes de vin, ainsi que compagnons ont acoustumé de demander aux Juifs, quant ilz sont trouvez sanz rouelle ou sauf conduit» (Arch. nat., JJ 118, fol. 93 ve). Une nouvelle émeute contre les Juifs avait lieu à Paris en janvier 1381 (Ibid., fol. 139).
[24] M. Terrier de Loray (Jean de Vienne, p. 158, note 2) cite une quittance donnée par l’amiral, à la date du 4 novembre, «estant à la poursuite des Anglais», ce qui rend sa présence au sacre de Reims assez douteuse.
[25] Marne, arr. de Reims.
[26] C’est le dimanche 11 novembre que le roi rentra à Paris «à grant solempnité... et fu la ville encourtinée, et furent joustes faites au palais, le lundi et le mardi, des chevaliers et escuiers qui y estoient» (Grandes Chroniques, t. VI, p. 472).