[147] Les nouveaux pouvoirs du duc de Lancastre, pour réformer les attentats commis contre les trêves d’Écosse, datent du 1er mai 1381 (Rymer, t. VII, p. 288). Parmi les chevaliers qu’il emmenait figure Robert Rous, ancien capitaine de Cherbourg, aux gages d’une livre par jour (Rec. Off., Lord Treas. Rem., For. Rolls, nº 2); avec lui étaient aussi l’évêque de Hereford, Jean Gilbert, et maître Jean Waltham (Ibid., Warr. for issues, bundle 5).
[148] La cause déterminante de l’insurrection fut la perception de l’impôt personnel, qui, fixé à 4 deniers par personne en 1380 et modifié en 1381, n’avait pas donné ce qu’on espérait. Jean Leg, chargé de la perception, avait exaspéré par ses abus les populations déjà épuisées par les impositions des années précédentes (Knyghton, dans Hist. angl. script. ant., t. II, col. 2632-33).
[149] Déjà soumis à la justice ecclésiastique à la fin du règne d’Édouard III, Jean Ball, chanoine excommunié, fut poursuivi de nouveau en décembre 1380 par l’archevêque de Cantorbéry (Ordonn. royale, citée par Kervyn, t. IX, p. 561), qui dirigea contre lui un mandement, à la date du 26 avril 1381. Jean Ball était en prison à Maidstone, quand il fut délivré par les bandes de Wat Tyler (Knyghton, col. 2634), sans doute le 11 juin 1381, comme il le prédisait lui-même (Walsingham, t. II, p. 32).
[150] Partisan des doctrines de Wiclef, Jean Ball prêchait contre la dîme: personne, selon lui, ne pouvait espérer gagner le ciel s’il était né hors mariage (Walsingham, t. II, 32).
[151] Jack Straw, qui était à la tête des insurgés de l’Essex, a été confondu par plusieurs historiens, entre autres par Knyghton (col. 2636), avec Wat Tyler; mais un acte de Rymer (t. VII, p. 311) les distingue positivement.
[152] Les historiens ne sont pas d’accord sur l’origine de Wat Tyler, les uns le faisant venir d’Essex, les autres de Kent: en réalité, il y eut, parmi les insurgés, deux personnages de ce nom (voy. Bémont, dans Histoire générale de MM. Lavisse et Rambaud, t. III, p. 388, note 1). Un Wat Tyler est signalé comme «manens in Ketleston, from which we may perhaps infer that he was not a resident in the district» (Powell, The Rising in East Anglia in 1381, p. 34-35).
[153] Jeanne de Kent, princesse de Galles, malgré un premier mariage contracté avec Thomas Holand, avait été forcée, pendant l’absence de son mari, à épouser le comte de Salisbury. Ce second mariage fut déclaré nul par le pape. Veuve de Thomas Holand, en décembre 1381, elle avait été recherchée et épousée par le prince de Galles, père de Richard II.
[154] Simond de Sudbury, archevêque de Cantorbéry depuis le mois de mai 1375.
[155] C’est à tort que Froissart reproche au roi de ne pas avoir pris de précautions contre l’émeute menaçante. Les mesures prises à cet égard furent même en partie causes de l’échec du comte de Buckingham en Bretagne, car les renforts qu’il attendait durent rester en Angleterre et furent rappelés à Londres dès le commencement des troubles. C’est ainsi que Thomas Felton et autres chevaliers, engagés dès le 1er mars 1381, retournent auprès du roi (Rec. Off., Lord Treas. Rem., For. Acc. 5, m. 11 rº et 20 vº; Issue Rolls, 4 Rich. II, m. 20).
[156] Kervyn (t. XXIV, p. 164) estime que Froissart, ici comme ailleurs, désigne ainsi à tort l’abbaye de Saint-Augustin.