Philippe d’Artevelde, qui ne veut point donner l’assaut pour ménager son monde, établit sur la montagne qui domine Audenarde un immense mouton destiné à jeter de grosses pierres sur la ville[371]; il a de plus à sa disposition d’autres puissants engins, qui ne peuvent réussir à lasser la patience et le courage des assiégés. P. [247] à [249], [384].

Pendant le siège d’Audenarde, 1,200 routiers environ se détachent de l’armée et s’en vont détruire par toute la Flandre les châteaux des nobles; ils dévastent une seconde fois le château du comte à Male et brisent le berceau où il dormait enfant. De là, ils se rendent à Bruges, où ils sont bien reçus par Pierre du Bois et Pierre de Wintere; et, après quelques jours de repos, ils passent la Lys à Warneton[372] et viennent devant Lille abattre les moulins à vent et brûler les villages.

Attaqués par 4,000 hommes de la garnison de Lille, les routiers entrent en Tournaisis et, après avoir brûlé Helchin[373] et autres villages, qui sont du royaume de France, ils retournent au siège d’Audenarde[374].

Le duc de Bourgogne apprend ces nouvelles à Bapaume: il en donne aussitôt avis à Charles VI, qui est à Compiègne[375]; c’est pour lui une bonne fortune de voir ainsi mêlé le roi de France à cette affaire, d’où il ne peut advenir que secours pour le comte de Flandre, son beau-père. P. [249], [250], [384], [385].

Le comte apprend à Hesdin[376] le sac de son château de Male: furieux, il se rend à Arras, puis à Bapaume[377] auprès du duc de Bourgogne, son beau-fils, qui lui promet aide contre toute la ribaudaille de Flandre. Revenu à Arras, il délivre de prison plus de deux cents otages et retourne à Hesdin. P. [250] à [252], [385].

Soucieux de tenir sa promesse, le duc de Bourgogne quitte Bapaume avec Gui de la Trémoïlle et l’amiral Jean de Vienne. Il se rend à Senlis auprès du roi, dont la jeunesse ardente ne demande qu’à combattre, d’accord avec les ducs de Berri et de Bourbon. Un conseil de prélats et de nobles est convoqué à Compiègne pour décider ce qu’il y a lieu de faire[378]. P. [252] à [256], [385], [386].

Songe du roi à Senlis; origine du cerf volant adopté par le roi comme emblème[379]. P. [256] à [259], [386], [387].

Le siège d’Audenarde traîne en longueur. Craignant l’intervention du roi de France, Philippe d’Artevelde, qui a déjà dans son armée des archers anglais, songe à une alliance avec le roi d’Angleterre. P. [259] à [261], [387], [388].

Mais, pour masquer son jeu, il écrit au roi de France une lettre où il lui demande d’obtenir la paix du comte de Flandre[380]. Le messager, porteur de la lettre, arrive à Senlis; comme il n’a pas de sauf-conduit, il est arrêté et mis en prison pour plus de six semaines[381]. Le roi et son conseil ne font que rire de la lettre de Philippe. Ne recevant pas de réponse, ce dernier propose alors à ses capitaines de faire alliance[382] avec le roi d’Angleterre, qu’on laissera passer par les Flandres pour entrer en France; moyennant quoi le roi d’Angleterre remboursera les 200,000 vieux écus que le pays flamand prêta autrefois au roi Édouard III, pour payer ses troupes devant Tournai[383]. P. [261] à [263], [388].

Après avoir pris l’avis de Pierre du Bois et de Pierre de Wintere, capitaines de Bruges[384], et de ceux d’Ypres et de Courtrai, Philippe organise son ambassade: chaque bonne ville enverra un ou deux bourgeois, Gand en enverra six[385], à savoir François Ackerman[386], Rasse vande Voorde[387], Louis de Vos[388], Jean de Scotelaere[389], Martin vande Water[390] et Jacques de Brauwere[391].