A ces envoyés se joint un clerc[392], parent de Philippe d’Artevelde, qui vient d’être élu évêque urbaniste de Gand en remplacement de Jean de West[393], ancien doyen de Notre-Dame de Tournai.

L’ambassade, composée de douze bourgeois, quitte le camp d’Audenarde au commencement de juillet[394] et arrive à Calais. Le capitaine de la ville, Jean d’Évreux, leur procure des bateaux pour passer en Angleterre. Ils débarquent à Douvres et arrivent à Londres, bien accueillis par la population anglaise.

Le roi venait de donner à Perducat d’Albret, en récompense de ses services, la terre de Caumont en Gascogne, qui, après le décès de Jean de Caumont[395] et d’Alexandre, son frère, morts tous deux sans héritiers, avait été attribuée par le roi à Jean Chandos, puis à Thomas de Felton. P. [263] à [265], [388], [389].

Perducat accepte la terre de Caumont et s’engage, lui et son hoir, à servir le roi d’Angleterre contre tout ennemi, excepté contre la maison d’Albret, dont il est issu. Il est mis en possession de sa nouvelle terre par le sénéchal de Bordeaux, Jean de Neuville[396], mais meurt bientôt, laissant son héritage à un jeune cousin, Perducet, qui prend les mêmes engagements vis-à-vis du roi d’Angleterre[397]. P. [265] à [267], [389].

Les ambassadeurs flamands sont reçus par le conseil du roi; ils demandent l’alliance de l’Angleterre et offrent au roi 100,000 hommes pour combattre les Français[398]; mais ils tiennent avant tout à être remboursés des 200,000 vieux écus prêtés autrefois par Jacques d’Artevelde[399]. Les seigneurs anglais trouvent les propositions quelque peu risibles et diffèrent leur réponse. Les choses vont ainsi à bien pour le roi de France, qui se prépare à entrer en Flandre. P. [267] à [269], [390].

Charles VI fait relâcher le messager de Philippe d’Artevelde. Échange de prisonniers entre la ville de Courtrai et la ville de Tournai. Philippe d’Artevelde, qui s’attend à être attaqué par le roi de France, défend aux habitants de Tournai de venir s’approvisionner dans les Flandres. P. [269] à [272], [390], [391].

Philippe continue à assiéger Audenarde, mais ne donne pas l’assaut; il espère affamer la ville et la prendre sans risquer de faire tuer ses gens[400]. P. [272], [273], [391].

Le roi de France se résout à intervenir auprès des Flamands[401]; il envoie à Tournai l’évêque de Beauvais Milon de Dormans, l’évêque d’Auxerre[402], l’évêque de Laon[403], Gui de Honcourt[404] et Tristan du Bos. Ces commissaires[405] apprennent à Tournai de Jean Bonenfant[406] et de Jean Piétart[407], qui se sont occupés de l’échange des prisonniers avec Courtrai, que Philippe d’Artevelde ne veut point entendre parler de traiter avant la prise d’Audenarde et de Termonde; mais, confiant dans le bon sens des Flamands, ils adressent à chacune des trois villes, Gand, Bruges et Ypres, une lettre portée par un messager spécial. P. [273], [274], [391].

Par cette lettre, datée du 16 octobre 1382, les trois bonnes villes sont informées que le roi de France, désirant voir la paix se rétablir entre le comte et son peuple, ne saurait tolérer l’alliance que les villes de Flandre pourraient contracter avec le roi d’Angleterre. En conséquence, les commissaires demandent un sauf-conduit leur permettant de mener à bien les négociations de paix. P. [274], [391], [392].

Les trois messagers arrivent et sont retenus prisonniers. Philippe, qui a lu la lettre à Gand, va la communiquer au seigneur d’Herzeele sous les murs d’Audenarde. P. [274], [275], [392].