Sous les murs de Nantes les escarmouches continuent; le soir de la Notre-Dame des Avents (8 décembre), dans une sortie contre Guillaume de Cosyngton[36] et les hommes de guet, le seigneur d’Amboise[37] est fait chevalier par Amauri de Clisson[38], cousin-germain du connétable. P. [19], [20], [303].

Le jeudi d’avant la Noël (20 décembre)[39], les Anglais sont encore attaqués par le Barrois des Barres et le seigneur de Cholet[40]; ils perdent un de leurs chevaliers, Hugues Tyrel[41], mais, malgré leur désir, ils n’osent dégarnir leurs postes pour envoyer, sous bonne escorte, de nouveaux messagers rappeler au duc ses engagements. P. [20] à [22], [303], [304].

La veille de Noël (24 décembre), grande escarmouche, où se distinguent du côté anglais Yves Fitz-Warin et Guillaume Drayton[42]; le chevalier français, Tristan de la Jaille, est fait prisonnier par un écuyer de Hainaut, Thierri de Sommaing[43]. P. [22], [23], [304].

Pendant les fêtes de Noël, les hostilités cessent. P. [23], [24], [304].

Depuis plus de deux mois, les Anglais sont sous les murs de Nantes. Le comte de Buckingham décide alors de lever le siège et d’aller avec toutes ses troupes trouver le duc à Vannes. L’armée anglaise part donc le 2 janvier[44], passe par Nort[45], Moisdon[46], Teillais[47], Bain, traverse la Vilaine et arrive à Lohéac[48] un samedi (12 janvier); de là par Guer[49], Mauron[50], la Trinité[51], elle vient traverser l’Oust à Brehan[52], et campe sur la rive droite de la rivière.

Effrayés de l’approche des Anglais, les habitants de Vannes demandent conseil au duc de Bretagne qui les rassure et les engage à ouvrir leurs portes au comte, sous la condition qu’il ne logera que quinze jours dans leur ville. Lui-même, le lendemain, il sort de Vannes au-devant de Buckingham qui, après un arrêt à Brehan, avait, la nuit précédente, couché à Saint-Jean[53].

Le duc s’excuse auprès du comte de son manque de parole: il invoque les résistances qu’il a rencontrées chez ses vassaux et les menaces des seigneurs de Clisson, de Laval et autres hauts barons. La saison, du reste, est avancée; mieux vaut attendre l’été pour recommencer la campagne. Le comte, bien accueilli par les habitants de Vannes, jure de n’y séjourner que quinze jours et est logé au château de la Motte[54], tandis que le duc s’en va à son château de Sucinio[55], d’où il échange des visites avec le comte.

Les lieutenants de Buckingham devaient, d’après les conventions, être logés avec leurs hommes à Hennebont[56], à Quimper-Corentin[57] et à Quimperlé[58]; mais ils ne peuvent réussir à se faire ouvrir les portes de ces villes et sont forcés de se cantonner dans les faubourgs, où ils souffrent du froid et du manque de vivres[59].

Harcelées sans cesse par les garnisons des châteaux de Kaer[60] et de Guéméné-Guingamp[61], appartenant au vicomte de Rohan, et par celles des châteaux de Josselin[62], de Montaigu[63] et de Moncontour[64], appartenant au seigneur de Clisson, menacées par les forces du connétable qui occupe le pays[65], n’osant ni s’en aller ni se porter mutuellement secours, les troupes anglaises en sont réduites à se contenter de l’intervention douteuse du duc de Bretagne. P. [24] à [30], [304] à [306].

Le duc, en effet, durant ce temps, négocie la paix à Paris avec le roi de France, par l’entremise du vicomte de Rohan, de Charles de Dinan, de Gui de Laval et de Gui de Rochefort, aux conseils desquels il se rend, craignant qu’une fois établis en Bretagne, les Anglais n’en veuillent plus sortir. P. [30] à [32], [306], [307].