Les Anglais ignorent[66] tout cela et passent leur temps en joutes. On se rappelle le combat de Gauvain Michaille et de Janekin Cator dans la forêt de Marchenoir[67]. A cette occasion, plusieurs défis avaient été échangés entre chevaliers anglais et français, mais le comte de Buckingham avait ajourné ces joutes, qui, une fois encore, sous les murs de Nantes, n’avaient pu avoir lieu.

Quand les Anglais sont cantonnés à Vannes et aux environs, les chevaliers français veulent à tout prix tenir leurs engagements, et, grâce à un sauf-conduit donné par le connétable de France, des passes d’armes mettent en présence à Château-Josselin des chevaliers des deux nations, entre autres le Galois d’Aunoi[68] et Guillaume Clynton[69], Lionnel d’Airaines[70] et Guillaume Frank[71]. P. [32] à [34], [307], [308].

Les joutes se continuent à Vannes, en présence du comte de Buckingham et des principaux chefs anglais[72]. P. [34], [35], [308].

Joute des seigneurs de Pouzauges et de Vertaing; le seigneur de Pouzauges est blessé. Joute de Jean d’Aubrecicourt et de Tristan de la Jaille. Joute du bâtard de Clarens[73] et d’Édouard de Beauchamp[74], remplacé par Janekin Stonckel. P. [35] à [37], [308], [309].

Joute de Janekin Cloton[75] et de Jean de Châteaumorand. Janekin Cloton est jugé trop faible pour lutter. P. [37], [38], [309].

Il est remplacé par Guillaume de Faringdon[76], qui blesse à la cuisse Jean de Châteaumorand. P. [38], [39], [309], [310].

Tandis que les Anglais, logés à Vannes et aux environs, sans autre ravitaillement que ce qui leur vient des îles de la Manche et de Cornouailles, attendent la fin de l’hiver pour recommencer la guerre avec de nouveaux renforts, les barons bretons continuent à Paris leurs négociations en vue de la paix, désirée surtout par le duc d’Anjou qui prépare son expédition d’Italie[77].

On arrive enfin à une entente: le duc de Bretagne s’engage à faire évacuer son duché par les Anglais, auxquels il fournira des navires. Ceux d’entre eux qui appartiennent à la garnison de Cherbourg seront libres de retourner par terre avec un sauf-conduit. Le duc viendra en France faire hommage au roi[78]. P. [39] à [42], [310], [311].

Quand les Anglais apprennent que la paix est conclue entre le roi de France et le duc de Bretagne, ils s’en montrent fort mécontents. Après de longues explications et excuses de la part du duc[79], le comte de Buckingham quitte Vannes le 11 avril 1381[80] et s’embarque aussitôt: il part le soir même pour l’Angleterre, refusant une dernière entrevue que lui demande le duc. P. [42] à [44], [311].

Le connétable fait donner des sauf-conduits aux Anglais qui retournent à Cherbourg; parmi eux se trouvent les chevaliers Jean Burley, Yves Fitz-Warin, Guillaume Clynton et l’écuyer Nicolas Clifford[81]. Ce dernier rencontre à Château-Josselin un écuyer du comte de la Marche, Jean Boucinel, qui l’avait défié autrefois à Valognes. Un nouveau défi a lieu, et, malgré les résistances de Clifford, le connétable, pris comme arbitre, décide que le lendemain le combat se fera. P. [44] à [47], [311], [312].