Les Français entrent facilement dans Bergues, qu’ils pillent et mettent à sang et à feu. Le samedi suivant (12 septembre), ils sont devant Bourbourg[146], souffrant du manque de pain et de fourrage, mais joyeux à l’espoir de trouver grand butin dans Bourbourg. P. [133], [134], [373], [374].

On s’apprête donc à donner l’assaut; on crée plus de 400 nouveaux chevaliers, ce qui porte leur nombre à 9,700. L’armée est forte de 24,500 hommes d’armes[147]. P. [134], [135], [374].

Les Anglais de leur côté ne négligent rien pour mettre les murs en bon état de défense. Les postes de combat sont attribués à chacun; des hommes sont spécialement désignés pour éteindre les incendies, par-dessus tout redoutables dans une ville où toutes les maisons sont recouvertes en chaume. P. [135], [136], [374], [375].

François Ackerman, d’autre part, ne reste pas inactif: apprenant que Gilbert de Leeuwerghem, capitaine d’Audenarde, est venu retrouver le comte de Flandre à l’armée royale et qu’une partie des fossés de l’enceinte est mise à sec pour en recueillir le poisson, il surprend la ville de nuit et y pénètre avec 400 hommes[148]. Florent de Heule, lieutenant du capitaine, est tué. P. [136] à [140], [375] à [377].

Effrayés, les habitants s’enfuient, mais un grand nombre d’entre eux se noie dans l’Escaut, ou est massacré par les vainqueurs. François Ackerman s’établit à Audenarde, dont il est nommé capitaine. P. [140], [141], [377], [378].

Pendant ce temps, en Auvergne, les Anglais continuent à se rendre maîtres de nombreux châteaux, mettant à profit l’absence des barons, qui sont partis au service du roi. Mérigot Marchès, qui tient déjà le château d’Alleuze, prend par ruse le château de Mercœur[149]. P. [141] à [143], [378], [379].

La dauphine d’Auvergne apprend cette nouvelle à Ardes[150], en l’absence de son mari; elle traite avec Mérigot Marchès, qui rend le château contre 5,000 francs[151].

Les pays de Limousin[152], de Rouergue[153], d’Auvergne[154] et de Querci[155] n’en restent pas moins occupés et exploités par les Anglais; ils souffrent surtout des incursions et des déprédations de la garnison de Chalusset, commandée par Pierre le Béarnais et de celle de Ventadour, à la tête de laquelle est le fameux Geoffroi Tête-Noire. P. [143] à [145], [379], [380].

C’est le samedi 12 septembre que le roi arrive devant Bourbourg avec sa brillante armée. Le duc de Bretagne et le comte de Flandre préféreraient traiter avec les Anglais; mais les Bretons, Bourguignons, Normands et Allemands, désireux de pillage, harcèlent les assiégés de continuelles escarmouches. Le feu prend dans la ville; l’assaut est donné, sans réussir cependant ce jour-là[156]. P. [145] à [147], [380] à [382].

Le dimanche matin, ordre est publié de réunir le plus grand nombre de fagots possible pour combler les fossés. D’autre part, le duc de Bretagne s’entremet pour obtenir du roi et de ses oncles qu’ils consentent à traiter; ce serait épargner bien des vies de braves gens[157].