Secrètement appelé par le comte Guillaume de Douglas et ses amis, le reste des chevaliers français quitte Saint-John-Stone, se dirige sur Édimbourg, puis sur Dalkeith. Tout près de là est le lieu de réunion des chevaliers écossais, plus de 15,000, auxquels ils se joignent, désireux de faire payer cher aux Anglais la chevauchée qui vient d’avoir lieu en Écosse.

Ils entrent donc sur les terres des comtes de Northumberland et de Nottingham, qu’ils pillent et saccagent sans être inquiétés. P. [170], [171], [392].

Furieux, les Anglais veulent rentrer en campagne, bien que le duc de Lancastre et le comte de Cambridge préfèrent voir l’apaisement se faire, pour s’occuper de leur expédition en Espagne. Le roi d’Écosse n’approuve pas ses barons; les ambassadeurs français qui sont auprès de lui, Guichard de Marsai et Pierre Fresnel, pour dégager leur responsabilité, envoient au roi d’Angleterre un de leurs hérauts. P. [171], [172], [392], [393].

Le héraut excuse le roi d’Écosse, qui demande la confirmation de la trêve, dont il n’a eu que trop tard connaissance. P. [172] à [174], [393], [394].

Les Anglais, ne se sentant pas à l’abri de tout reproche, accueillent cette demande: la trêve est confirmée entre l’Écosse et l’Angleterre[192]; les ambassadeurs français peuvent retourner dans leur pays[193]. P. [174], [175], [394].

A cette nouvelle, les chevaliers français, venus en Écosse, font leurs adieux aux seigneurs du pays, leur promettant à la première occasion de venir se joindre à eux pour combattre les Anglais. Le vent les pousse à Briel[194], en Zélande, où les Normands leur enlèvent leurs barques et leurs armes. P. [175] à [178], [394], [395].

Grâce à l’intervention de Jacques d’Ostringh[195], écuyer du comte de Blois, ils peuvent s’embarquer pour Schoonhove, d’où ils gagnent la France par le Brabant et le Hainaut. P. [177], [178], [395], [396].

A leur arrivée, ils racontent leur expédition à l’amiral Jean de Vienne. Il est d’avis que c’est par l’Écosse qu’à la prochaine reprise de la guerre[196] on pourra le mieux entamer les Anglais. Les ducs de Berri et de Bourgogne partagent cette opinion que vient confirmer aussi Guichard de Marsai qui est de retour. P. [178], [179], [396].

La trêve[197] avait laissé en la possession des Gantois la ville d’Audenarde et la terre du seigneur d’Escornai. Ce dernier, résolu à se venger malgré la trêve, profite de la présence de François Ackerman à Gand pour mettre son projet à exécution. P. [179], [180], [396], [397].

Le 17 mai[198], à la tête de 400 combattants, chevaliers, écuyers et autres, il se cache dans le bois d’Edelaere, tout près d’Audenarde. Puis, profitant de l’embarras que causent à la porte dite de Grammont deux charrettes chargées dont il s’est fait précéder dans ce but, il entre dans la ville qu’il reprend. Plus de 300 Gantois sont tués; près de 15,000 francs appartenant à François Ackerman tombent aux mains du vainqueur. P. [180], [181], [397], [398].