Les Gantois se plaignent de la violation de la trêve au duc de Bourgogne, qui ne peut rien obtenir du seigneur d’Escornai[199]. Cette prise d’Audenarde est la cause d’une violente querelle entre François Ackerman et le seigneur d’Herzeele[200], qui meurt peu après, tué, dit-on, sur les ordres d’Ackerman.
C’est à cette date que Gand se donne un nouveau gouverneur, Jean Bourchier[201], que lui envoie le roi d’Angleterre. P. [181] à [183], [398].
En Italie, le duc d’Anjou, arrivé jusqu’à Naples, manque d’argent et d’hommes[202]; son allié, le comte de Savoie, a succombé aux fatigues de la campagne[203]. Le duc s’adresse alors à ses frères, les ducs de Berri et de Bourgogne, qui lui envoient des renforts commandés par le sire de Couci[204] et le comte de Conversano[205]. Arrivés à Avignon, ces deux seigneurs apprennent la mort du duc d’Anjou[206]. Le sire de Couci retourne sur ses pas. Le comte de Conversano se dirige sur la Pouille. P. [183], [184], [398], [399].
La duchesse d’Anjou connaît cette triste nouvelle à Angers[207], où vient la rejoindre son cousin germain le comte de Blois[208]. Emmenant avec elle ses deux fils, Louis et Charles, elle va trouver le roi de France[209] et les ducs de Berri et de Bourgogne, qui lui conseillent de se rendre à Avignon auprès du pape, de prendre possession du duché de Provence et de ceindre la couronne du royaume d’Arles. Elle part donc pour Avignon avec son fils aîné[210]. P. [184], [185], [399].
Tout l’hiver se passe (la trêve ayant été prolongée[211] jusqu’au 1er mai 1385) à faire les préparatifs[212] d’une expédition en Écosse et d’une campagne contre les pillards anglais en Auvergne et en Limousin[213]. P. [185], [186], [399].
La duchesse de Brabant, qui vient de perdre son mari[214], prend alors l’initiative d’une alliance entre les maisons de Bourgogne et de Hainaut, qui mettrait fin au mécontentement provoqué en France par l’appui prêté aux Gantois par le duc Aubert et empêcherait aussi un rapprochement entre le Hainaut et la maison d’Angleterre. P. [186], [187], [399], [400].
Les premiers pourparlers ont lieu à Cambrai, au mois de janvier, entre le duc de Bourgogne, le duc Aubert et leurs représentants[215]. Le duc de Bourgogne désirerait marier sa fille Marguerite à l’héritier de Hainaut. Le duc Aubert n’accepte pas immédiatement ces ouvertures et demande à consulter sa femme. P. [187] à [189], [400], [401].
Nouvelle entrevue à Cambrai[216]. Le duc Aubert ne veut consentir au mariage de son fils avec Marguerite de Bourgogne qu’autant que sa fille Marguerite épousera Jean de Bourgogne. Le duc de Bourgogne hésite, car il espère marier son fils à Catherine de France, sœur du roi, et, d’autre part, on n’est pas bien sûr que l’héritage de Hainaut revienne aux enfants du duc Aubert. Tout s’arrange à la fin, grâce à la duchesse de Bavière. Les deux mariages sont fixés à l’octave de Pâques[217].
De grands préparatifs sont faits à Cambrai pour la célébration de ces mariages, auxquels le roi se propose d’assister. P. [191], [192], [401], [402].
Ces nouvelles parviennent en Angleterre et mécontentent fort le duc de Lancastre, qui s’est toujours flatté de l’idée que sa fille Philippe épousera Guillaume de Hainaut[218]. Encouragé par les Gantois, il essaie de faire revenir le duc Aubert sur sa décision, mais ne peut y réussir[219]. P. [192], [193], [402].