Le jour de Pâques arrive. A Cambrai sont réunis le duc et la duchesse de Bourgogne, le duc de Bourbon, le duc Aubert et la duchesse sa femme, la duchesse de Brabant, Guillaume et Jean de Namur. Le roi entre dans la ville le lundi[220]. Aussitôt, en sa présence, on fixe les apports des futurs époux[221]: Guillaume de Hainaut apporte le comté d’Ostrevant; Marguerite de Bourgogne, sa future, reçoit en douaire la terre et châtellenie d’Ath et apporte 100,000 francs. Jean de Bourgogne apporte le comté de Nevers, qui est attribué en douaire à sa future; Marguerite de Hainaut apporte aussi 100,000 francs[222].
Les deux mariages sont célébrés[223] dans la cathédrale de Cambrai par l’évêque Jean de T’ Serclaes. Grandes réjouissances, joutes[224] pendant plusieurs jours. P. [193] à [195], [402], [403].
Au mois de mai ont lieu à Bourges les fiançailles de Louis de Blois, fils de Gui comte de Blois, avec Marie de Berri, fille du duc de Berri. L’archevêque de Bourges préside à ses fiançailles, mais non au mariage, car les futurs conjoints sont trop jeunes[225]. Après de grandes fêtes, Louis de Blois retourne avec ses parents à Blois, et la jeune fille reste avec sa mère à Mehun-sur-Yèvre[226]. P. [195], [196], [403].
Le duc de Berri se résout à cette époque à aller jusqu’à Avignon, auprès du pape Clément, en passant par l’Auvergne et le Languedoc. Il obtient que le duc de Bourbon et le comte de la Marche, avec 2,000 hommes d’armes, iront en Limousin, en Poitou et en Saintonge délivrer le pays des pillards anglais. Le duc de Bourbon convoque ses hommes le 1er juin à Moulins; le comte de la Marche fixe le rendez-vous à Tours[227]. P. [196], [197], [403], [404].
Pendant ce temps, à l’Écluse, se rassemble l’armée que l’amiral doit emmener en Écosse; la flotte est prête, les provisions sont là. On emporte même des armures destinées aux chevaliers écossais. 1,000 lances, sans compter les arbalétriers et les valets d’armée, telles sont les forces commandées par Jean de Vienne[228]. Citons parmi les chevaliers qui l’accompagnent: le comte Édouard de Grandpré[229], Eustache de Voudenai[230], Jean de Sainte-Croix[231], le seigneur de Montburi, Geoffroi de Charni, Guillaume de Vienne[232], Jacques de Vienne[233], Girard de Bourbon[234], Jean des Haies[235], Florimont de Cuissi, le seigneur de Moreuil[236], Waleran de Raineval[237], Hugues de Montmorenci, seigneur de Beausault[238], Robert de Wavrin[239], le seigneur de Riveri, Charles d’Ivri[240], Guillaume de Courci[241], Perceval d’Esneval, le seigneur de Ferières[242], Jean de Fontaines[243], Guillaume Braquet de Braquemont[244], le seigneur de Grancourt[245], Étienne de Landri[246], Gui La Personne[247], Guillaume de Cauroi[248], Jean de Hangest[249], Charles et Aubert[250] de Hangest, et un chevalier allemand, Guérin de Wenselin[251], cousin du Grand Maître de Prusse.
Le mois de mai est beau; la trêve a pris fin[252]. La petite expédition profite d’un bon vent pour cingler vers l’Écosse, au grand ennui des Anglais[253]. P. [197] à [199], [404], [405].
L’expiration de la trêve a ramené les préparatifs de guerre. Jean Bourchier, capitaine de Gand, aidé de Pierre du Bois, de François Ackerman et de Pierre de Wintere garnit la ville de Gand ainsi que le château de Gavre. Il trouve d’utiles auxiliaires contre le châtelain d’Ath, Baudouin de la Motte[254], dans les Porcelets de la Raspaille, bande de routiers pillards, réfugiés dans le bois qui porte ce nom[255]. P. [199], [200], [405], [406].
Grâce au duc de Bourgogne, les principales villes de Flandre sont en bon état de défense, sous la haute direction du grand bailli de Flandre, Jean de Jeumont, qui en toute occasion se montre implacable contre les Gantois[256]. Il ne réussit pas toujours cependant. Dans une expédition qu’il tente contre les Quatre-Métiers, avec le concours des chevaliers de la garnison d’Ardembourg, Gui de Pontallier, maréchal de Bourgogne, Rifflard de Flandre[257], Henri d’Antoing, Jean de Montigni et autres, il n’a pas l’avantage, et perd plusieurs des siens. Le vicomte de Meaux est envoyé à Ardembourg pour renforcer la garnison. P. [200] à [202], [406], [407].
La guerre est partout, aussi bien entre la France et l’Angleterre qu’entre la Castille et le Portugal[258]. La duchesse d’Anjou, qui prend le titre de reine de Naples et de Jérusalem, est à Avignon, auprès du pape, avec son fils Louis[259]. Conseillée par le sire de Couci et Jean de Bueil, soutenue par les bandes de Bernardon de la Salle, elle attend, pour reconquérir son comté de Provence, l’arrivée du duc de Berri[260] et des troupes royales que lui amène Louis de Sancerre, maréchal de France. Marseille et la plus grande partie de la Provence s’est déclarée pour elle[261]; mais Aix et Tarascon[262] ne veulent pas la reconnaître.
En Italie, ses intérêts sont soutenus par le comte de Conversano et par Jean de Luxembourg[263]. P. [202], [203], [407], [408].