Vers le même temps se place l’arrestation, puis la mise à mort[264] de Barnabo Visconti, par son neveu Jean Galéas, qui s’empare de ses états et devient maître de toute la Lombardie. P. [203] à [207], [408] à [410].

Revenons au duc de Bourbon, qui, accompagné de son neveu, Jean d’Harcourt, a quitté Moulins et se dirige sur Niort, où a lieu le rassemblement de ses hommes d’armes. Guillaume de Neilhac, sénéchal de Saintonge, profite de quelques jours de répit pour assiéger et prendre en Angoumois le château d’Aigre[265]. P. [207], [208], [410].

Le duc arrive à Niort[266], où l’attendent son cousin le comte de la Marche, le vicomte de Thouars, Aimeri de Rochechouart, sénéchal de Limousin, et les barons de Poitou et de Saintonge, ainsi que Guillaume de Neilhac, qui vient de s’emparer d’Aigre.

L’armée se compose de 700 lances, soit, avec les Génois et les valets, 2,000 combattants; elle est commandée par Jacques Poussart[267] et Jean Bonne-Lance. On décide d’assiéger Montlieu[268], sur le chemin de Bordeaux; la ville est prise facilement. Le duc de Bourbon remonte alors vers le nord; prend en passant les petits forts de la Tronchette[269] et d’Archiac[270], puis vient mettre le siège devant Taillebourg[271], défendu par le gascon Durandon de la Parade. P. [208], [209], [410], [411].

Les Français s’emparent d’abord du pont de Taillebourg et sont maîtres ainsi de la rivière. P. [209], [210], [411], [412].

Mais ils ont grand’peine à s’emparer du château, qu’ils assiègent plus de neuf semaines. Durandon, espérant être secouru par l’armée anglaise, que doit mener à Bordeaux, puis en Navarre et en Castille, le duc de Lancastre, résiste jusqu’au bout. Il apprend plus tard que l’expédition est remise à un autre temps, toutes les forces anglaises étant réservées pour s’opposer aux attaques multiples de la France en Bretagne, en Normandie et en Écosse. Les ports sont mis en état de défense, et l’amiral anglais, Richard d’Arundel, tient la mer avec près de 100 bateaux chargés de combattants. P. [210] à [212], [412], [413].

CHAPITRE XXI.

1385, commencement de juin. JEAN DE VIENNE DÉBARQUE EN ÉCOSSE, OÙ IL RESTE PLUS D’UN MOIS DANS L’INACTION.—14 juillet. ACKERMAN S’EMPARE DE DAMME.—17 juillet. MARIAGE DU ROI A AMIENS.—août. SIÈGE ET PRISE DE DAMME PAR CHARLES VI.—Commencement de novembre. AVORTEMENT D’UN PROJET DE MARIAGE ENTRE LOUIS, FRÈRE DU ROI, ET MARIE DE HONGRIE.—Août-novembre. FIN DE LA CAMPAGNE DU DUC DE BOURBON (§§ [440] à [466]).

La flotte de Jean de Vienne a quitté la France au mois de mai; elle côtoie la Flandre, la Zélande, la Hollande, la Frise et arrive enfin en Écosse[272]. Le roi est encore dans la Haute-Écosse, où il se plaît de préférence; mais ses fils et les comtes de Douglas et de Moray souhaitent la bienvenue aux chevaliers français, qui sont logés à Édimbourg, à Dunfermlin, à Queensferry, à Castle[273], à Dunbar, à Dalkeith et dans les villages des environs.

La population se montre peu sympathique aux nouveaux arrivés, dont elle n’a que faire et dont elle craint les exigences et même les déprédations. P. [212] à [215], [413], [414].