De leur côté, les chevaliers français souffrent du mauvais vouloir des habitants et du peu de bien-être qu’offre ce pays inhospitalier. Ils demandent à chevaucher en Angleterre. L’amiral Jean de Vienne cherche à les calmer. P. [215], [216], [414], [415].
C’est à grands frais qu’ils se sont procuré des chevaux[274] et des équipements; leurs valets sont chaque jour inquiétés et tués; les seigneurs écossais, sauf les comtes de Douglas et de Moray, leur font mauvais visage et refusent de marcher, si on ne leur donne pas forte solde. Le roi lui-même ne quitte pas la Haute-Écosse avant que Jean de Vienne n’ait pris l’engagement de ne pas sortir du pays sans avoir payé son aide et celle de ses vassaux. P. [216] à [218], [415], [416].
On a vu plus haut que le vicomte de Meaux, Robert de Béthune, était venu secourir la garnison d’Ardembourg; il avait amené avec lui quarante lances. Ces nouvelles forces n’empêchent pas François Ackerman, un soir de la fin de mai, de tenter l’assaut de la ville[275], désireux de se rendre maître de Jean de Jeumont, le capitaine, et de se venger sur lui des cruels traitements qu’il fait subir aux Gantois prisonniers. P. [218], [219], [416], [417].
La ville est sauvée grâce au courage du seigneur Gossel de Saint-Aubin et d’un écuyer, Enguerran Zannequin, aidés de quelques piquiers. P. [220], [221], [417], [418].
En Italie, la cause de la duchesse d’Anjou et du jeune roi Louis semble gagner, par suite de la mort de Charles de la Paix[276], assassiné par ordre de la reine Élisabeth de Hongrie. Cette princesse, devenue veuve, poursuit le projet conçu par son mari[277] de marier sa fille[278] avec le prince Louis, comte de Valois, frère du roi de France. Les envoyés hongrois sont bien accueillis et s’en retournent dans leur pays accompagnés de l’évêque de Maillezais, Pierre de Thury, et de Jean la Personne[279], qui, par procuration, épouse en Hongrie la jeune princesse. Les actes publics sont signés[280]; le comte de Valois peut se considérer comme roi de Hongrie. P. [221] à [223], [418], [419].
Un autre mariage se prépare en même temps, celui du roi de France et d’Isabeau de Bavière, dont les premiers pourparlers ont eu lieu lors des mariages de Cambrai. Les choses restent secrètes jusqu’au jour (environs de la Pentecôte) où la duchesse de Brabant fait venir auprès d’elle la jeune princesse, qu’accompagne son oncle Frédéric, duc de Bavière. P. [223], [224], [419].
Il avait déjà été question de ce mariage entre les oncles du roi et le duc Frédéric lors de la venue de ce dernier au siège de Bourbourg. Puis un temps d’arrêt s’était produit dans les négociations: on avait même songé à marier le roi à la fille du duc de Lorraine ou à la fille du duc de Lancastre[281].
A Cambrai, la duchesse de Brabant reprend l’affaire en mains et décide le duc Frédéric à amener sa nièce en Flandre. P. [224] à [227], [419], [420].
Le duc Frédéric et Isabeau arrivent à Bruxelles, restent quelques jours auprès de la duchesse de Brabant, puis se rendent au Quesnoi, auprès du duc Aubert et de sa femme. P. [227], [228], [420].
Après trois semaines passées à la cour de Hainaut, pendant lesquelles la duchesse Marguerite prépare la jeune princesse Isabeau à son futur état de reine et l’habitue à la parure et aux belles manières, on prend le chemin de Cambrai, puis d’Amiens.