Le jeudi matin, de bonne heure, Philippe fait prendre le repas à ses hommes, leur ordonne de s’armer et d’aller occuper leur poste de combat. Plus de 50,000 hommes d’élite, soutenus par soixante archers anglais, composent son armée[40]. Il garde auprès de lui les 9,000 hommes fournis par Gand: tout autour se placent les autres contingents, armés de maillets et de bâtons ferrés, recouverts de cottes aux couleurs de leur ville et portant les bannières de leurs métiers. P. [42] à [44], [334], [335].

Du côté des Français on se prépare aussi à combattre. Dès le mercredi soir, toute l’armée est réunie à Roosebeke[41], et le roi traite les chefs et les seigneurs étrangers venus à son service. Après souper, sur le conseil de ses oncles, il propose à Olivier de Clisson de rester le lendemain auprès de lui pendant la bataille et de confier pour ce jour-là sa charge de connétable au sire de Couci. Olivier refuse de déserter son commandement d’avant-garde. P. [44] à [47], [335], [336].

Le jeudi matin, par une bruine épaisse et pénétrante, on prend les armes; le roi entend la messe. Le connétable part en éclaireur avec Jean de Vienne et Guillaume de Poitiers[42]. Ils constatent que les Flamands, fatigués d’attendre l’attaque jusqu’à huit heures du matin, ont quitté leurs positions et marchent sur le Mont-d’Or, où ils comptent s’appuyer. Mais la vue des éclaireurs leur fait modifier leur plan: ils s’arrêtent et se forment en bataille; Philippe donne ses derniers ordres aux bombardiers et aux arbalétriers. P. [48] à [50], [337], [338].

Il dispose son armée pour le combat, sans oublier les quarante archers anglais qui ont toute sa confiance. P. [50], [51], [337].

D’après les renseignements donnés par les trois éclaireurs, l’armée française[43] prend ses dispositions de combat, et l’on crée en ce jour 467 nouveaux chevaliers[44].

L’oriflamme portée par Pierre de Villiers est développée, cette oriflamme qui ne se montre jamais d’ordinaire devant des ennemis chrétiens, mais qui peut bien marcher contre les Flamands, dont la foi ne reconnaît pas le pape Clément[45]. A cet instant la bruine se dissipe et le soleil fait reluire les armures des chevaliers, attendant en silence l’attaque des troupes flamandes qui marchent contre eux. P. [51] à [53], [337] à [339].

Les Flamands s’avancent en rangs serrés, lançant leurs traits et tirant leurs bombardes. Les gens du roi reçoivent les premiers[46] le choc et commencent à faiblir; le seigneur de Wavrin, Morelet d’Halewin et Jaques de Heere tombent morts[47]. Aussitôt l’avant-garde et l’arrière-garde arrivent à la rescousse, et, poussant de chaque côté l’armée flamande, la pressent et l’accablent; Philippe d’Artevelde est tué dans la mêlée[48]. P. [53] à [55], [339], [340].

Les gens du roi reviennent alors, et le carnage est grand[49]; les pillards, armés de coutelas, se glissent entre les combattants et massacrent tous ceux qui tombent. Les morts sont nombreux de part et d’autre[50]; Louis[51] de Cousan et Floton de Revel succombent, victimes de leur imprudence.

Affolés, les Flamands jettent les armes et s’enfuient vers Courtrai, poursuivis par les Bretons et les Français.

La bataille eut lieu entre Roosebeke et Courtrai, le jeudi 27 novembre 1382, le roi Charles étant dans sa quatorzième année. P. [55] à [57], [340], [341].