Elle n’avait duré qu’une demi-heure; les pertes des Gantois se montent à 9,000 hommes; celles de leurs alliés à 26,000.

Le roi, retiré sous sa tente, reçoit les félicitations de ses oncles et des grands barons[52]. Il demande à voir le corps de Philippe d’Artevelde; on le cherche, on le trouve, on le montre au roi, qui le fait pendre à un arbre. P. [57] à [59], [341], [342].

Le jeudi même, vers minuit, le seigneur d’Herzeele apprend sous les murs d’Audenarde la défaite et la mort de Philippe. Il abandonne le siège et se dirige sur Gand, laissant Daniel d’Halewin maître de la place[53].

Les habitants de Bruges ont connaissance de la nouvelle quelques heures plus tôt; craignant d’être pillés, ils dirigent toutes leurs richesses sur la Hollande. Pierre du Bois, blessé à Comines, se fait transporter en litière à Ardembourg, où il couche le vendredi soir, puis arrive à Gand assez à temps pour rendre courage aux Gantois, tout prêts à se soumettre. P. [59] à [61], [342].

Dès le vendredi (28 décembre), le roi quitte Roosebeke[54] et prend le chemin de Courtrai, précédé du Hase de Flandre et de 200 lances flamandes, qui pillent la ville. Le roi n’y entre que le 1er décembre; mais son arrivée n’arrête pas le pillage et le massacre: les Français ont à cœur de venger la défaite de Robert d’Artois en 1302[55].

Daniel d’Halewin, à la tête de 50 lances, vient d’Audenarde pour voir le roi et s’en retourne le jour suivant. P. [61], [62], [342], [343].

Bruges échappe au pillage des Bretons grâce à l’intervention du comte de Flandre et du duc de Bourgogne et moyennant le paiement d’une somme de 120,000 francs, exigible moitié sur l’heure et moitié à la Chandeleur prochaine[56]. P. [62] à [64], [343], [344].

Mécontentement des Bretons et autres routiers, Bourguignons et Savoyards, qui veulent retourner chez eux en pillant le Hainaut[57]. Médiation du comte Gui de Blois, qui réussit à les apaiser, et aussi à obtenir de Thierri de Dixmude[58] de renoncer à ses attaques contre la ville de Valenciennes. P. [64] à [66], [344], [345].

Les Français espèrent quelque jour la soumission de Gand, mais la ville, soutenue par Pierre du Bois, est décidée à continuer la lutte[59]. P. [66] à [68], [345].

Cependant à Calais attend toujours Guillaume de Faringdon, porteur du traité d’alliance, accompagné de François Ackerman et de six bourgeois de Gand. La défaite de Roosebeke remet tout en question[60]: Guillaume de Faringdon retourne en Angleterre, et les ambassadeurs flamands, séjournant à Londres, rentrent chez eux en passant par les Pays-Bas, ainsi que François Ackerman[61]. P. [68], [69], [345], [346].