Le roi hésite à porter le siège devant Gand; mais la rigueur de l’hiver le fait renoncer à ce projet. On se résout donc à quitter Courtrai et à passer à Tournai les fêtes de Noël; les troupes d’Auvergne, de Dauphiné, de Savoie et de Bourgogne sont licenciées; seuls, les Bretons et les Normands sont retenus pour servir au besoin contre les Parisiens.
Malgré les prières du comte de Flandre, le roi, en quittant Courtrai, fait brûler la ville[62]; les habitants sont emmenés prisonniers. P. [69], [70], [346].
Le roi arrive à Tournai[63], et se loge à l’abbaye de Saint-Martin, bien accueilli par les habitants. Quelques seigneurs prennent alors congé de lui, tels que le comte de Blois, qui retourne en Hainaut à Valenciennes et à Landrecies (ce n’est que l’été suivant qu’il se rend à Blois). P. [70] à [72], [346], [347].
Départ du comte de la Marche et de son frère, Jacques de Bourbon, pour Leuze en Hainaut; départ de Gui de Laval pour Chièvres, dont il est seigneur conjointement avec Robert de Namur; départ du sire de Couci pour Mortagne.
Le roi veut profiter de son séjour à Tournai pour ramener le pays[64] à l’obédience du pape Clément; mais il n’y réussit guère, sauf à Tournai même[65], où le comte de Saint-Pol inflige aux Urbanistes plus de 7,000 francs d’amendes.
Négociations avec les Gantois, qui veulent bien relever du roi de France, mais refusent de reconnaître comme seigneur le comte de Flandre. Les choses restent en l’état.
Le roi passe à Tournai les fêtes de Noël[66], puis, après avoir nommé le seigneur de Ghistelles rewaert de Flandre et placé des garnisons à Bruges, à Ypres, à Courtrai, à Ardembourg et à Audenarde, il se rend à Arras[67], avec ses oncles et le comte de Flandre[68]. P. [72] à [74], [347], [348].
CHAPITRE XVIII.
1383, 11 janvier. LE ROI RENTRE A PARIS.—12 janvier. DÉSARMEMENT DES PARISIENS.—20 janvier. RÉTABLISSEMENT DES IMPÔTS.—28 février. EXÉCUTION DE JEAN DES MARÈS.—RÉPRESSION EN PROVINCE (§§ [352] à [355]).
Le roi est à Arras; malgré sa présence, c’est à grand’peine qu’on peut empêcher la ville d’être pillée par les Bretons, mécontents des profits de la campagne de Flandre. On leur promet des dédommagements à Paris; et le roi, en passant par Péronne, Noyon et Compiègne[69], arrive à Senlis[70]. Les troupes[71] sont cantonnées dans tous les villages des environs, d’une part entre Estrées-Saint-Denis[72] et Senlis, et de l’autre entre Senlis et Meaux; elles prennent aussi position le long de la Marne et entre la Marne et la Seine[73].