[204] Froissart commet ici une erreur. La Tour de Broue avait été reprise par Bertrand du Guesclin et par Louis, duc de Bourbon, vers le milieu du mois d’août 1372. Voyez plus haut, p. XLI, [note 133].
[205] Bécherel (Ille-et-Vilaine, arr. Montfort) est situé à 500 mètres à gauche de l’une des deux routes qui vont de Rennes à Dinan, près de la source de l’un des affluents de la Rance, à 175 mètres d’altitude; c’est un des points les plus élevés de la péninsule armoricaine. Des hommes d’armes au service du roi de France assiégeaient déjà le château de Bécherel dans le courant du mois d’août 1371 (Bibl. Nat., Collect. de Clairambault, reg. 10, p. 559). Le 4 novembre suivant, Édouard III, dont les gens tenaient depuis longues années garnison à Bécherel, donna l’ordre de livrer cette place à Jean de Montfort, duc de Bretagne, en échange de Morlaix, de Brest et d’Hennebont (Rymer, III, 927); mais, le duc ayant déclaré, dans un acte daté de son château d’Auray le 25 février 1372, qu’il renonçait à toute réclamation ultérieure au sujet du château de Bécherel, il en faut conclure que les Anglais n’avaient pas cessé d’occuper ce château (Ibid., 936).
[206] Après la mort de Jean Chandos, blessé mortellement à l’affaire du pont de Lussac le 1er janvier 1370 (Voy. tome VII de notre édition, p. LXXXVI, note 259), Édouard III avait confié la garde de Saint-Sauveur à Guillaume de Latimer (Delisle, Hist. du château et des sires de Saint-Sauveur-le-Vicomte; Preuves, p. 178, 179; Rymer, III, 900), qui choisit pour lieutenant Thomas de Catterton; mais, le 26 novembre suivant, il retira cette garde au successeur immédiat de Chandos pour la donner à Alain de Buxhull (Rymer, III, 903), confirmé dans cet office le 3 juin 1371 (Ibid., 917). La capitainerie de Saint-Sauveur étant considérée à la fois comme un office militaire et comme une ferme exceptionnellement lucrative, Alain de Buxhull avait dû s’engager, pour jouir de cette ferme, à payer au roi d’Angleterre une rente annuelle de mille marcs d’argent (Delisle, Hist. de Saint-Sauveur, P. 177).
[207] Froissart revient ici en arrière sur des faits qu’il a déjà racontés et qui remontent à l’année 1371. Les négociations s’ouvrirent directement entre les rois de France et de Navarre à Vernon du 25 au 29 mars de cette année, et le 24 mai suivant Charles le Mauvais se rendit à Paris, où il passa en fêtes la dernière semaine de ce mois (Grandes Chroniques, VI, 329-332; cf. t. VII de notre édition, sommaire, p. XCVI, notes 287 à 289). Le roi de Navarre se trouvait encore dans cette ville les 15 et 17 juin suivants (Secousse, Preuves de l’hist. de Charles le Mauvais, p. 318 à 321) et il y revint au mois de novembre (Bibl. Nat., Quittances, XIX, 1255), avant de regagner par terre son royaume de Navarre, où il fit sa rentrée vers le commencement de 1372.
[208] Pierre de Navarre, comte de Mortain, second fils de Charles le Mauvais, n’arriva à la cour du roi de France et n’y tint état qu’à partir du 8 juillet 1376 (Bibl. Nat., Quittances, XXII, 1771). Quant à Charles, l’aîné des fils du Navarrais, le rédacteur des Grandes Chroniques dit qu’il se rendit auprès de Charles V, son oncle maternel, au commencement de 1378 (VI, 432).
[209] Charles le Mauvais, qui retournait de France en Navarre, fit son entrée à Montpellier le samedi 20 mars 1372, veille des Rameaux; il était accompagné de Raymond de Baux, prince d’Orange, et de Philippe de Savoisy (Chronique romane de Montpellier dans Thalamus Parvus, Montpellier, 1836, p. 387).
[210] David Bruce mourut le 22 février 1371 (Art de vérifier les dates, I, 845). Il est fait mention de la mort du roi d’Écosse dans un mandement d’Édouard III en date du 20 juin suivant (Rymer, III, 919). Au mois de mai 1373, le roi d’Angleterre fit acheter en Flandre des blocs de pierre de couleur noire destinés à l’érection du mausolée de David Bruce (Ibid., 980).
[211] La prise du captal de Buch, dont les gens d’armes de Du Guesclin et les marins castillans s’étaient disputé la capture l’année précédente à la suite de l’affaire de Soubise, avait amené un refroidissement entre les cours de France et de Castille depuis la fin d’août 1372, et D. Enrique avait rappelé sa flotte. Aussi, lorsque au printemps de l’année suivante des navires anglais vinrent menacer certains points des côtes de Normandie, Charles V ne put leur opposer que trois galées dont l’armement et la solde des équipages lui avaient coûté 5300 francs (Delisle, Mandements de Charles V, p. 500, no 963).
[212] Dans les premiers mois de 1373, Owen de Galles se trouvait en Saintonge, où Charles V et Jean, duc de Berry, l’avaient institué capitaine de la Tour de Broue (Voyez plus haut, p. LXIII, [en note]); et nous savons, d’un autre côté, que cet écuyer gallois, qui se prétendait de lignée princière, fut retenu le 9 juin de cette année avec 100 hommes d’armes de sa compagnie pour poursuivre les ennemis sous monseigneur de Bourgogne (Ibid., p. 502, no 965; Bibl. Nat., Decamps, vol. 84, fo 173). Entre ces deux dates, il ne reste guère de temps pour une campagne sur mer, à moins que les 100 hommes d’armes d’Owen de Galles n’aient formé, ainsi que les 40 glaives de Jean de Vienne mentionnés plus bas, les équipages des trois galées armées vers la fin de mai et qui purent à la rigueur faire des courses en mer au cours des mois de juin et de juillet 1373. Toutefois l’effectif très considérable attribué à la flotte dont il s’agit donne lieu de croire que Froissart, ayant omis de mentionner Owen de Galles parmi les commandants de la flotte victorieuse devant la Rochelle le 23 juin 1372 (Voyez plus haut, p. [XXV)], commet ici la même confusion que Cabaret d’Orville (La vie du bon duc Loys de Bourbon, p. 45, 46), en rapportant à l’année 1373 des faits qui s’étaient passés un an auparavant.
[213] Sur le véritable nom de cet amiral, voyez plus haut, p. XXV, [note 92].