[263] Par actes datés de Thérouanne les 21 janvier 1373 (n. st.) et 26 août 1374, David de Poix, seigneur de Brimeux (Pas-de-Calais, arr. Montreuil-sur-Mer, c. Campagne-lez-Hesdin), donna quittance de ses gages ès guerres de Picardie (Bibl. Nat., Collect. Clairambault, reg. 22, p. 1571, et reg. 87, p. 6831).

[264] Jean, seigneur de Poix (Somme, arr. Amiens), donna quittance de ses gages à Abbeville le 11 janvier 1370 (Bibl. Nat., Collect. Clairambault, reg. 87, p. 6833).

[265] Le 1er mars 1376 (n. st.), Lionel d’Airaines, chevalier, donna quittance de ses gages desservis à la poursuite des routiers (Bibl. Nat., Clairambault, reg. 5, p. 239).

[266] Les choses se passèrent en réalité d’une manière tout à fait contraire à ce que raconte ici Froissart. Le texte du traité de capitulation de Derval n’est malheureusement pas parvenu jusqu’à nous, mais nous savons par un mandement de Charles V que Clisson, et non Du Guesclin, avait arrêté les bases de ce traité avec les capitaines anglais (Voy. p. XCIII, [note 292]). Le chroniqueur ne se trompe pas moins lorsqu’il affirme qu’Olivier répondit à l’appel du roi de France plus tôt que Bertrand et rejoignit le premier le corps d’armée qui poursuivait les Anglais sous les ordres du duc de Bourgogne. Il résulte de l’Itinéraire de Philippe le Hardi en 1373, dressé d’après le registre B 1436 des Archives de la Côte-d’Or, dont nous devons la communication à l’obligeance de M. Ernest Petit, qu’Olivier, seigneur de Clisson, ne vint se joindre aux gens d’armes chargés de harceler l’armée du duc de Lancastre qu’à Sézanne (Marne, arr. Épernay), le mardi 13 septembre, plus d’un mois après le commencement des opérations. Jean de Beuil ne venait pas de Bretagne, mais du Languedoc.

[267] Nous ne connaissons aucun acte de Du Guesclin daté du «siège devant Derval», comme on aurait dit alors en style de chancellerie. Depuis le 6 juillet, date du traité de capitulation de Brest et de la levée du siège de cette place, jusqu’à la fin d’août où Bertrand quitta la Bretagne pour se rendre à Paris d’abord et ensuite dans le corps d’armée du duc de Bourgogne, le connétable de France paraît avoir employé cet intervalle de deux mois environ à prendre possession d’un certain nombre de places de la partie septentrionale de la Bretagne, c’est-à-dire des évêchés de Tréguier, de Saint-Brieuc, de Saint-Malo et de Rennes. Le 11 juillet, il était à Tréguier, où il fit une donation à Guillaume de Kermartin, écuyer (Hay du Chastelet, Hist. de Du Guesclin, p. 383; D. Morice, Preuves, II, col. 76, 77), et où il confirma les privilèges maritimes de l’église et de la ville (Bibl. de l’École des Chartes, VIII, 235). Le lendemain 12, il s’était transporté à Moncontour (Moncontour-de-Bretagne, arr. Saint-Brieuc), d’où il a daté une donation faite à Alain de Guihemarrou de biens sis dans la châtellenie d’Auray et confisqués sur Pierre de Guymarrou, partisan des Anglais (Arch. Nat., JJ 112, no 158, fo 94). Le 28 juillet, il était rentré à Rennes, d’où il était parti un peu après le 19 mai précédent, comme l’atteste une charte datée de cette ville et par laquelle il manda à Perrot Nepveu, receveur de l’ordinaire, à Alain du Bouais, receveur de l’extraordinaire et des fouages de l’évêché, de ne plus faire obstacle au payement des ouvriers employés par les Frères Prêcheurs à la construction d’une église dans les faubourgs de la dite ville (Arch. dép. d’Ille-et-Vilaine, série H, carton 5, no 2). Dans le courant du mois d’août, sans doute dans les premiers jours de ce mois, c’est-à-dire à la date fixée pour la reddition de Brest, le connétable de France était revenu camper à peu de distance de cette place, puisque nous avons des lettres de rémission ou de grâce émanées de Bertrand du Guesclin, duc de Molina, et datées «de Mout Relaix, ou mois d’aoust 1373»; Moutrelaix, c’est Morlaix, et ces lettres furent octroyées à un écuyer au service du duc de Bourbon, nommé Guillaume de Mars, qui avait rossé deux ou trois habitants de Cusset en Auvergne (Arch. Nat., JJ 104, no 302, fo 126). Le 14 août, Bertrand passait à la Roche-Derrien (Côtes-du-Nord, arr. Lannion), où il enjoignit au capitaine de cette place de maintenir les franchises de l’église, de la ville et de la banlieue de Tréguier; ce capitaine était alors Bertrand de Saint-Pern (Bibl. de l’École des Chartes, VIII, 237-239). Enfin, le 20 août, il était pour la seconde fois de retour à Rennes, où il notifia la levée d’un subside de 1 franc ou 20 sous par feu dans les cinq diocèses de Rennes, de Dol, de Saint-Malo, de Saint-Brieuc et de Vannes, subside destiné au payement des gens d’armes employés au siège de Derval, «jaçoit ce que l’en ait encommencié treitié avec les gens d’armes ou dit lieu, pour les garder qu’ils ne dommagent le peuple, celui treitié pendant, et pour paier certaine somme de chevance que l’en leur a accordé paier le jour de la Saint Michiel prochaine, et auxi pour paier certaine somme à messire Robert Richier pour cause de Becherel.» (D. Morice, Preuves, II, col. 77). Cette mesure fut, selon toute apparence, l’un des derniers actes d’autorité exercés en Bretagne par Du Guesclin, qui était alors à la veille de quitter le duché, puisqu’il dut arriver à Paris dans les derniers jours d’août (Voy. p. XCII, [note 291]).

[268] Aire-sur-la-Lys, Pas-de-Calais, arr. Saint-Omer.

[269] Saint-Pol-sur-Ternoise, chef-lieu d’arrondissement du Pas-de-Calais.

[270] Le rédacteur des Grandes Chroniques de France (VI, 339) dit au contraire que les Anglais, venant de Hesdin, firent route par Doullens «sans l’assaillir», ensuite par Beauquesne (Somme, arr. et c. Doullens) et passèrent la Somme à Corbie (chef-lieu de canton de l’arr. d’Amiens, situé à 16 kil. à l’est de cette ville, sur la rive droite de la Somme). Un détachement de l’aile droite s’avança jusqu’au village de Sainte-Geneviève-en-Caux (Seine-Inférieure, arr. Dieppe, c. Tôtes) et y mit le feu (Delisle, Mandements de Charles V, no 1076, p. 558). Philippe, duc de Bourgogne, chargé par Charles V de pourvoir à la mise en bon état de défense d’Amiens, arriva dans cette ville le jeudi 14 juillet et y prolongea son séjour jusqu’au mardi 16 août. Le samedi 16, le surlendemain de son arrivée, il donna un grand dîner où assistèrent Jean, duc de Lorraine, Charles d’Artois, comte d’Eu, Valeran de Luxembourg, comte de Saint-Pol, plusieurs chevaliers ou écuyers et aussi quelques-uns des plus notables bourgeois d’Amiens. Le duc ne s’absenta de cette ville que les mercredi 20 et 27 juillet pour aller en partie de chasse à Bettencourt, chez messire Raoul de Renneval (Itinéraire de Philippe le Hardi, dressé et communiqué par M. Ernest Petit).

[271] Pas-de-Calais, arr. Arras, c. Vimy, sur le bord de la route qui va de Thérouanne à Arras, à 9 kil. au nord de cette dernière ville. Il y avait au Mont-Saint-Éloi une abbaye de l’ordre de Saint-Augustin, près de laquelle campa l’aile gauche de l’armée anglaise, tandis que l’aile droite, après avoir traversé le comté de Saint-Pol, s’avançait dans la direction de Doullens.

[272] Somme, arr. Péronne. Le 21 août 1373, les échevins, gouverneurs et conseil de la ville et cité de Reims, remirent à un messager, envoyé vers eux par leurs grands amis les habitants de Troyes, copie d’une lettre reçue la veille, où le capitaine de Nesle leur annonçait que les Anglais avaient passé la rivière de Somme le 19, que le duc de Lancastre était devant la ville de Bray, et le duc de Bretagne devant celle de Cappy (Somme, arr. Péronne, c. Bray), dont les habitants avaient converti leur clocher en tour fortifiée. Au moment du départ de ce messager, les Rémois ajoutèrent en post-scriptum qu’ils venaient d’être informés que les envahisseurs étaient logés à Roye (Arch. mun. de Troyes, série AA, 48e carton, 3e liasse; Boutiot, Hist. de Troyes, II, 234, 235). Une lettre de rémission octroyée en septembre 1373 à un clerc de Liège nommé Jean Anseaux, qui avait fait partie du «tinel du duc de Lenclastre depuis Calais jusques à l’eaue de Somme», mentionne le passage des Anglais à Bray (Arch. Nat., JJ 104, no 350, fo 143 vo).