[273] Les Anglais traversèrent l’Artois, la Picardie et le Vermandois depuis le 4 jusqu’au 31 août 1373. En décembre suivant, Charles V assigna 120 livres de rente annuelle à son amé et féal chevalier et conseiller Jean Barreau, maître des requêtes de son hôtel et gouverneur de son bailliage d’Amiens, «lequel Jean Barreau a servi en ceste année (1373) sous nostre très cher frère le duc de Bourgogne à la teste des arbalestriers de Picardie» (Arch. Nat., JJ 105, no 53, fo 37o). Un espion de Charles V, Guyon Grassin, originaire de Poitiers, entré au service du duc de Lancastre pour surprendre les secrets des Anglais, se fit prendre par les Français assiégés dans le fort de Nesle (Somme, arr. Péronne) (Arch. Nat., JJ 105, no 42, fo 32). La ville de Roye (Somme, arr. Montdidier), qui avait alors commune, prévôté, siège royal, et qui était le chef-lieu de l’une des châtellenies du bailliage de Vermandois, fut à peu près complètement détruite (Arch. Nat., JJ 105, no 144, fo 83; JJ 112, no 353, fo 175 vo et 176). Les Anglais y demeurèrent sept jours et ne purent s’emparer de l’église (Grandes Chroniques, VI, 339), qu’un sergent d’armes de Charles V, nommé Jean Charles, avait travaillé à fortifier pendant trois ans et où il sut se maintenir en repoussant les assauts répétés des Anglais. Le roi son maître le récompensa en le nommant, le 6 octobre suivant, capitaine du fort de Roye (Delisle, Mandements, p. 507, no 981).
[274] Thierry de Robersart, dit le Chanoine, seigneur d’Écaillon (Nord, arr. et c. Douai), attiré en Angleterre comme Eustache d’Auberchicourt et tant d’autres chevaliers du Hainaut par la reine Philippa.
[275] Le 9 août 1373, Charles V donna l’ordre au bailli de Vermandois de prendre sans nul retard toutes les mesures que réclamait l’invasion des ennemis dont on était menacé (Varin, Archives administratives de Reims, III, 385).
[276] Aisne, arr. Saint-Quentin. On voit par des lettres de rémission datées du 11 mai 1374 que les Anglais passèrent à Ribemont «environ la première semaine du mois de septembre derrenierement passé», après avoir mis le feu aux villages de Moy (Moy-de-l’Aisne, arr. Saint-Quentin) et d’Alaincourt (Aisne, arr. Saint-Quentin, c. Moy), et qu’ils furent poursuivis par Philippe, duc de Bourgogne, Bertrand du Guesclin, Jacques de Werchin, fils du sénéchal de Hainaut, Floridas de Moreuil, Floridas de Cramaille, Gontlart de Moy, fils du seigneur de Moy, chevaliers, et Alemant de Sissy (Aisne, arr. Saint-Quentin, c. Ribemont), écuyer (Arch. Nat., JJ 105, no 298, fo 159 vo). Il semblerait résulter de la mention faite dans cette pièce de la part prise à la défense du Vermandois par le connétable de France que celui-ci, dont un acte signale la présence à Paris en septembre, sans doute dans les premiers jours de ce mois, ne fit que traverser cette ville et courut rejoindre le duc de Bourgogne et Jean de Vienne, spécialement chargés de harceler les Anglais du duc de Lancastre et de leur donner la chasse. Outre Moy et Alaincourt, quatre autres villages de la même région, Remigny, Vendeuil, Essigny-le-Grand et «Royeglise», furent également la proie des flammes (Delisle, Mandements de Charles V, nos 1092, 1093, p. 565, 566).
[277] Chin fait aujourd’hui partie du royaume de Belgique (prov. Hainaut, arr. Tournai, c. Templeuve) et Bousies du département du Nord (arr. Avesnes, c. Landrecies).
[278] En 1380, Gilles de Chin (Bibl. Nat., Collect. Clairambault, reg. 32, p. 2351) et Jean, seigneur de Fosseux (Ibid., reg. 49, p. 3649), servaient ès guerres de Picardie.
[279] Aisne, arr. Laon, c. Rozoy-sur-Serre. Ce seigneur de Soize s’appelait Gérard.
[280] Hugues, seigneur de Clary (Nord, arr. Cambrai).
[281] Tant que les Anglais avaient occupé la Picardie et menacé Amiens, le duc de Bourgogne s’était tenu renfermé dans cette ville. Il en partit le mercredi 17 août pour harceler l’aile droite des Anglais qui avait envahi le Vermandois; ce jour-là, il vint souper et gîter à Montdidier.
[282] Vaux est un faubourg de la ville de Laon.