[283] Charles avait établi des garnisons non seulement à Laon, mais encore dans les petites places des environs, telles que Crépy-en-Laonnois (Aisne, arr. et c. Laon). Nous lisons dans une lettre de rémission datée de novembre 1373 que, «environ la derreniere sepmaine du mois d’aoust derrain passée», Gui, comte de Blois, le protecteur de Froissart, tenait garnison à Crépy, «pour le garder contre nos ennemis qui lors estoient sur le pays» (Arch. Nat., JJ 104, no 373, fo 152).
[284] Les Anglais, dans leur marche de Laon à Soissons, passèrent à Vailly-sur-Aisne (Grandes Chroniques, VI, 340). Le 25 août 1373, les élus au Conseil de Châlons écrivirent à leurs bons amis de Troyes qu’ils avaient appris, grâce à des nouvelles reçues de Reims, que l’avant-garde des Anglais, après avoir passé l’Oise, développait ses lignes et lançait ses coureurs dans toute la région comprise entre Pont-l’Évêque (Oise, arr. Compiègne, c. Noyon) et Vailly (Aisne, arr. Soissons), se préparant à traverser l’Aisne pour continuer sa marche dans la direction de Reims et de Châlons (Arch. mun. de Troyes, série AA, 58e carton, 3e liasse; Boutiot, Hist. de Troyes, II, 235). Mon très savant confrère, M. d’Arbois de Jubainville, a publié pour la première fois les deux lettres des habitants de Reims et de Châlons (Voyage paléographique dans le département de l’Aube, Troyes, 1855, p. 148 et 151). Le duc de Bourgogne, qui continuait de surveiller l’aile droite anglaise, se tint à Compiègne du jeudi 18 au samedi 20 août.
[285] Parti de Compiègne le 20 au matin, le duc de Bourgogne vint souper et gîter à Ambleny (Aisne, arr. Soissons, c. Vic-sur-Aisne), le dimanche 21 et se tint à Soissons depuis le lundi 22 août jusqu’au vendredi 9 septembre (Itinéraire de Philippe le Hardi, par M. Ernest Petit.)
[286] Henri, fils de Henri de Percy et de Marie de Lancastre, marié successivement à Marguerite Nevill et à Mathilde de Lucy, maréchal d’Angleterre en 1376, fut créé comte de Northumberland par Richard III en 1377. Il était le frère aîné de Thomas de Percy, sénéchal de Poitou, fait prisonnier à Soubise en 1372, et fut le père de Henri, surnommé Hotspur, immortalisé par Shakspeare, mort en 1403; le comte de Northumberland survécut quatre ans à son fils.
[287] Guillaume, comte de Namur, quatrième fils de Jean Ier et de Marie d’Artois, dont Robert de Namur, seigneur de Beaufort, l’un des protecteurs de Froissart, n’était que le sixième fils, touchait une pension de 1000 livres de rente annuelle sur le trésor du roi à Paris.
[288] Enguerrand VII, seigneur de Coucy, servait alors en Italie à la solde du pape Grégoire XI.
[289] Oulchy-le-Château, Aisne, arr. Soissons, sur la route et à peu près à moitié chemin de cette ville à Château-Thierry.
[290] Dans le courant du mois de septembre, et sans doute dans les premiers jours de ce mois, Louis, duc d’Anjou, qui était de passage à Blois et qui arrivait du Périgord où il se trouvait encore à Limeuil (Dordogne, arr. Bergerac, c. Saint-Alvère) le 30 août précédent, donna des ordres à Pierre Scatisse, trésorier de France à Toulouse, pour le payement de la solde d’un corps d’armée, composé de 2000 hommes d’armes et de 500 arbalétriers, qu’il amenait du Languedoc à marches forcées au secours du roi de France son frère contre le duc de Lancastre (D. Vaissete, Hist. de Languedoc, IV, 352). Jean de Beuil, sénéchal de Beaucaire et de Nîmes, devait être l’un des principaux chefs de ces troupes de renfort. Aussi n’est-il pas sans intérêt de remarquer le rôle prêté ici par Froissart à ce chevalier, parce qu’il y a là un indice que le corps auxiliaire amené par le duc d’Anjou venait d’entrer en ligne et de se joindre aux gens d’armes du duc de Bourgogne pour harceler les Anglais et leur donner la chasse. L’affaire d’Oulchy eut lieu le vendredi 9 septembre, au matin. Sans parler de Gautier ou Walter Hewet tué les armes à la main, les Anglais ainsi surpris, qui formaient un petit détachement de 50 lances et de 20 archers, laissèrent entre les mains des vainqueurs 10 chevaliers de grand état et 24 écuyers (Grandes Chroniques, VI, 340). Ce beau fait d’armes ne contribua pas médiocrement à la haute fortune de Jean de Vienne, qui fut pourvu le 27 décembre suivant de la charge d’amiral de France, dont Aimeri, vicomte de Narbonne, avait été investi pendant quatre ans depuis le 28 décembre 1369 (Jean de Vienne, amiral de France, par le marquis Terrier de Loray, Paris, 1878, p. 65).
[291] Au moment du combat d’Oulchy, livré, comme on l’a vu ci-dessus, le 9 septembre, ni Du Guesclin ni le duc d’Anjou ne se tenaient devant le château de Derval. Arrivé à Paris depuis une dizaine de jours, puisque ses deux maréchaux, Jean de Beaumanoir et Robert de Guitté, avaient passé une revue à Saint-Cloud le 1er août précédent (Dom Morice, Preuves, II, col. 64, 65), le connétable de France a daté de Paris, au mois de septembre, des lettres de grâce ou de rémission qu’il octroya à un écuyer du comté de Longueville nommé Wautier du Mesnil, au sujet d’un homicide dont cet écuyer s’était rendu coupable (Arch. Nat., JJ 104, no 310, fo 129). D’ailleurs un acte, postérieur à l’événement de moins d’une année, nous montre Bertrand guerroyant contre les Anglais dans le Vermandois dès la première semaine de septembre (Voy. plus haut, p. LXXXVIII, [note 276], et p. [LXXXIX]). Quant au duc d’Anjou, qui venait d’arriver précipitamment du Languedoc par le Périgord, il ne se dirigea, selon toute apparence, vers l’Anjou et la Bretagne qu’après avoir touché barre à Paris, où il prit les instructions du roi de France son frère, auquel il amenait les importants renforts dont il a été question plus haut. Comme le raconte Froissart, il dut aller ensuite devant le château de Derval, mais il n’y alla que pour prendre possession de cette place dont la reddition devait avoir lieu, aux termes du traité de capitulation, le 29 septembre seulement (Voy. la note suivante).
[292] Un mandement de Charles V en date du 8 octobre 1373 établit que la reddition du château de Derval avait été fixée par le traité de capitulation au 29 septembre précédent ou à la Saint-Michel, et que Bureau, seigneur de la Rivière, premier chambellan du roi de France, avait été chargé de faire escorte au duc d’Anjou, avec une nombreuse compagnie de gens d’armes, de Blois à Derval, «pour l’accompagner à tenir certaine journée que monseigneur de Cliçon avoit emprinse d’estre devant le chastel de Derval à ceste Saint Michel dernière passée, à laquelle journée ceux qui le tenoient le devoient rendre au roy.» (Delisle, Mandements de Charles V, no 984, p. 510). Les sanglantes exécutions dont parle Froissart eurent lieu sans doute, soit le soir du jour fixé pour la reddition, soit plutôt le lendemain, c’est-à-dire le 30 septembre 1373.