[343] Quoi qu’en dise ici Froissart, le duc d’Anjou retourna certainement à Toulouse, où il était rentré dès le commencement d’octobre; il en partit le 8 en compagnie de la duchesse pour aller à Nîmes, où il séjourna jusqu’au 30 du même mois. De Nîmes, il se dirigea vers Villeneuve-lez-Avignon (Ordonn., VI, 70, 71), où il donna, le lundi 27 novembre, à quinze cardinaux, ce somptueux dîner pour les apprêts duquel Pierre Scatisse, trésorier du duc, revint à Nîmes faire provision de sauvagines (Ménard, Hist. de Nismes, II; Preuves, p. 6, 7). Du Guesclin, au contraire, dut se rendre auprès de Charles V en toute hâte et par la voie la plus directe, ainsi que Froissart le raconte. Dès le 2 octobre 1374 il était arrivé à Paris, et donna ce jour-là à Jeannet d’Estouteville, frère de Colart d’Estouteville, seigneur de Torcy, varlet tranchant du roi, lesquels Colart et Jeannet venaient de servir sous ses ordres devant la Réole, les biens confisqués de Guillaume de Briançon, justicié pour ses démérites par ordre du bailli de Rouen (Arch. Nat., JJ 106, no 49, fo 29 vo. Cf. Revue hist., XXXV, 288-92).
[344] A la date du 16 septembre 1373, au lendemain du passage en Vermandois de l’armée du duc de Lancastre, Hue ou Hugue de Châtillon, maître des arbalétriers de France, était à Saint-Quentin, où il donna l’ordre de faire payer les gages de Jean d’Audenfort, écuyer, capitaine du fort d’Audrehem (Bibl. Nat., Collect, de Clairambault, reg. 4, p. 161).
[345] Henri, seigneur des Isles (Clairambault, reg. 62, p. 4767).
[346] Jean de Longvillers, seigneur d’Engoudsent (auj. hameau de Beussent, Pas-de-Calais, arr. Montreuil-sur-Mer, c. Hucqueliers).
[347] Cette rencontre dut avoir lieu vers la fin de janvier ou dans les premiers jours de février 1375. Le 16 février, Édouard III donna l’ordre à Alain de Buxhull, connétable de sa Tour de Londres, de préparer sans retard les chambres et salles nécessaires pour servir à l’habitation de noble homme le comte de Saint-Pol de France, prisonnier de son amé et féal chambrier, Guillaume de Latymer (Rymer, III, 1024).
[348] Jean, seigneur de Poix (Clairambault, reg. 87, p. 6833).
[349] Hugues, seigneur de Clary (Clairambault, reg. 32, p. 2397).
[350] Jean, seigneur de Chepoix (Oise, arr. Clermont, c. Breteuil), fit montre à Reims le 3 mars 1376 et prit part à la poursuite des routiers (Clairambault, reg. 103, p. 7983).
[351] Vers 1375, Gauvinet ou Gauvainet, des seigneurs de Bailleul en Artois (Pas-de-Calais, arr. Arras, c. Vimy), donna quittance de gages pour services de guerre rendus à la frontière de Picardie (Ibid., reg. 9, p. 501).
[352] Cette trêve, qui fut conclue à Bourbourg le 11 février 1375, ne devait durer que jusqu’aux fêtes de Pâques; elle fut le prélude de négociations qui s’échangèrent à Bruges pendant les mois de mai et de juin suivants. Le roi de France s’y fit représenter par son frère Philippe, duc de Bourgogne, et par Jean de la Grange, évêque d’Amiens, auxquels il avait délégué ses pleins pouvoirs par acte en date du 1er mars 1375 (Rymer, III, 1031; Gr. Chr., VI, 344). Édouard III, de son côté, dès le 20 février précédent, avait choisi comme ses ambassadeurs Jean, duc de Lancastre, son fils, l’évêque de Londres, le comte de Salisbury, Jean Cobham, Frank de Hale et Arnaud Sauvage, chevaliers, Jean de Shepey et Simon de Multon, docteurs en droit (Rymer, III, 1024). Le résultat de ces négociations fut, d’abord un projet de trêves rédigé à Bruges le 26 mai et portant levée, sous certaines conditions, du siège mis par les Français depuis le milieu de 1374 devant Saint-Sauveur-le-Vicomte (Ibid., 1038), ensuite un traité définitif arrêté le 27 juin, par lequel une trêve d’une année était conclue entre les parties belligérantes en même temps que les Anglais s’engageaient à remettre au roi de France, le 15 juin de l’année suivante, Saint-Sauveur-le-Vicomte moyennant le payement préalable opéré à Bruges d’une somme de 40 000 francs (Ibid., 1031, 1034, 1035). C’est par une erreur évidente que Froissart semble avoir confondu ces négociations, tenues à Bruges pendant la première moitié de 1375, auxquelles le duc de Bourgogne présida seul, avec celles qui s’ouvrirent à Saint-Omer sous les auspices des deux ducs d’Anjou et de Bourgogne vers la fin de cette même année.