[393] L’acte par lequel Enguerrand VII, seigneur de Coucy, fit la paix avec son cousin Léopold II, duc d’Autriche, est daté de Wattwiller (anc. dép. du Haut-Rhin, à 5 kil. au N. E. de Thann), le 13 janvier 1376. L’endroit même où fut dressé cet acte diplomatique prouve que, suivant la version de Froissart, les Compagnies et leur chef, après avoir poussé des pointes jusqu’aux environs de Bienne, de Nydau, de Neuchâtel et de Berne, avaient été forcées, vers la fin de décembre 1375, de rétrograder en Alsace. Pour arriver à un arrangement, Albert III et Léopold II, ducs d’Autriche, cédèrent au seigneur de Coucy, non pas le comté de Ferrette, dont l’offre aurait été repoussée, s’il en faut croire notre chroniqueur, mais un autre comté situé un peu plus au sud, celui de Nydau, qui comprenait la ville de Buren, et dont le seigneur de Coucy resta en possession pendant douze ans. Léopold II se réserva seulement le titre de protecteur des deux villes de Nydau et de Buren et le conserva jusqu’à sa mort sur le champ de bataille de Sempach, le 9 juillet 1386.
[394] Comme nous l’avons fait remarquer dans une des notes précédentes, Pâques tomba en 1376 le 13 avril.
[395] Dès la seconde quinzaine de janvier 1376, les Compagnies commencèrent à refluer en France. Vers la fin de ce mois, des bandes bretonnes se répandirent de nouveau dans le duché de Bar; le 24, un détachement de ces routiers occupait les faubourgs de Lamarche, en Bassigny. Au commencement de février, d’autres détachements envahirent le Barrois, s’avancèrent jusqu’à Saint-Mihiel, se cantonnèrent pendant plusieurs jours aux environs de cette forteresse, puis se dirigèrent vers le comté de Réthel, en menaçant la Champagne septentrionale et en particulier les comtés de Soissons, de Marle, ainsi que la baronnie de Coucy (Servais, Annales historiques du Barrois, I, 311). A la fin de février et dans les premiers jours de mars 1376, Charles V fit faire à Reims un grand rassemblement de troupes pour repousser ces bandes et leur donner la chasse. Parmi les hommes d’armes qui prirent part à cette nouvelle campagne contre les Compagnies figurent Enguerrand, seigneur de Coucy, naguères le chef de ces mêmes bandes (Bibl. Nat., collect. Clairambault, reg. 35, p. 2619), Guillaume Guenaut, seigneur des Bordes (Ibid., reg. 17, p. 1181), Philibert, seigneur de Beaufremont (Ibid., reg. 11, p. 649), Oger d’Anglure (Ibid., reg. 5, p. 185), Gilles de Boqueaux (Ibid., reg. 18, p. 1), Jean de Fauconnière (Ibid., reg. 46, p. 3419 et reg. 49, p. 3713), Lionnel d’Airaines (Ibid., reg. 5, p. 239), enfin Robert de Béthune, vicomte de Meaux, Jean, seigneur de Roye, Jean, seigneur de Hangest (Voy. plus haut, p. CXXXIV, notes [382], [384], [386]). Ces trois derniers chevaliers étaient ainsi appelés à combattre leurs compagnons d’armes de la veille, puisqu’ils avaient fait partie, s’il faut en croire Froissart, aussi bien qu’Enguerrand VII lui-même, de l’expédition contre Léopold II, duc d’Autriche. Louis de Sancerre, maréchal de France, partagea avec Enguerrand VII et Guillaume des Bordes le commandement des troupes ainsi rassemblées «en la poursuite de certaines routes de gens d’armes qui par maniere de Compaignes sont venuz de nouvel des parties d’Alemaigne» (Bibl. Nat., Clairambault, reg. 5, p. 239).
[396] Monté sur le trône d’Angleterre le 25 janvier 1327, Édouard III célébra le cinquantième anniversaire de son avènement au commencement de 1377.
[397] Cette date est parfaitement exacte. Édouard, prince de Galles, mourut au palais de Westminster le 8 juin 1376, jour de la fête de la Sainte Trinité. Thomas Walsingham fait un pompeux éloge de ce prince qu’il compare à Hector (Historia anglicana, p. 321).
[398] Le héraut Chandos a rapporté textuellement à la fin de sa Chronique rimée du Prince Noir l’épitaphe, composée de 28 vers français octosyllabiques, qu’on lit encore aujourd’hui sur le tombeau du Prince dans la cathédrale de Canterbury. Cf. The black prince, éd. Francisque Michel, London et Paris, 1883, p. 291, 292, vers 4277 à 4304.
[399] Geoffroi Chaucer, le protégé de la favorite Alice Perers et l’ami de Froissart, valet pensionnaire du roi d’Angleterre en 1367 (Rymer, III, 829), écuyer de ce même roi qui le charge de négociations auprès du doge de Gênes en 1372 (Ibid., 964, 966), contrôleur de la coutume des laines, des cuirs et des peaux au port de Londres et gratifié d’un pichet de vin à prendre tous les jours au dit port en 1374 (Ibid., 1001, 1004), Chaucer ne figure dans aucune des députations officielles de 1376 et de 1377; mais il n’en saurait être autrement, puisque les négociations, auxquelles le malicieux observateur des mœurs anglaises de la fin du quatorzième siècle fut mêlé, devaient rester secrètes et n’ont point laissé sans doute d’autres traces écrites que des articles de comptabilité. Nous apprenons précisément par un de ces articles qu’un payement fut fait, le 17 février 1377, à Geoffroi Chaucer qu’Édouard III avait chargé d’une mission en Flandre: «Galfrido Chaucer, armigero regis, misso in nuncium in secretis negotiis domini regis versus partes Flandriæ.»
[400] Le 26 janvier 1377, Édouard III, se trouvant malade à Haveryng, chargea son très cher petit-fils Richard, dit Richard de Bordeaux à cause du lieu de sa naissance, prince de Galles, duc de Cornouaille, comte de Chester, d’ouvrir en personne la session du Parlement (Rymer, III, 1070).
[401] Par acte daté du palais de Westminster le 26 avril 1377, Édouard III donna pleins pouvoirs pour traiter avec les ambassadeurs du roi de France à Adam, évêque de Saint-David, son chancelier, à Jean, évêque de Hereford, à William de Montagu, comte de Salisbury, à Robert de Asheton son chambellan, à Guichard d’Angle, chevalier banneret, à Aubry de Weer, à Hugh de Segrave, chevaliers, à maître Walter Skirlawe, doyen de Saint-Martin le Grand de Londres et à maître Jean de Shepey, docteur en lois (Rymer, III, 1076). Un autre acte du 20 février précédent avait déjà investi des mêmes pouvoirs Jean, évêque de Hereford, Jean, seigneur de Cobham, de Kent, Jean de Montagu, chevaliers bannerets, et maître Jean Shepey, docteur en lois (Ibid., 1073).
[402] «Et envoia assez tost après le roy de France ses messages à Bouloigne pour traictier, et les messages d’Angleterre furent à Calais, et furent les dites trièves proroguées de terme en terme jusques à la Nativité Saint Jehan Baptiste ensuivant qui fu mil trois cens septante sept dessus dit. Et aloient les deux arcevesques (les archevêques de Ravenne et de Rouen), messages du pape, de Bouloigne à Calais et de Calais à Bouloigne, en traictant entre les parties.» (Grandes Chroniques, VI, 347).