P. 38, l. 2: atendant.—Ms. A 8: afendant.

P. 38, l. 3: trairie.—Ms. A 8: crierie.

P. 38, l. 10: si grans.—Ms. A 8: grans.

P. 38, l. 14: malement.—Ms. A 8: mout malement.

P. 38, l. 16: et proèce remoustrées.—Ms. A 8: et remoustrée proèce.

§ [689]. A ce que je oi.—Ms. d’Amiens: En ce tamps avoit li roys Henris d’Espaigne, à le priière et requeste dou roy de France, mis sus mer une grosse armée d’Espagnols et de Chatelains, liquel estoient droite gens d’armes sus le mer de grant fait et de hardie emprise. Et estoient li dit Espagnol pourveu de trèse grosses gallées touttes armées et fretées, et gisoient à l’ancre devant le Rocelle, et avoient ja jeu plus d’un mois, fors tant que chiés de fois il waucroient sour les frontières de Poito pour veoir et savoir s’il trouveroit nullez aventures; mès de touttes les marées il revenoient par droite ordonnanche gesir devant le Rocelle, et se tenoient là à l’entente que pour atendre et combattre lez gens d’armes que messires Guichars d’Angle devoit amener ou pays. Si estoient patron de ceste navie Ambrose Boukenègre, Cavesse de Vake, dan Ferant de Pion et Radigo de la Rosele. En tout le royaume d’Espaigne, de Seville, de Ghalisce et de Portingal ne pewist on recouvrer de quatre milleurs amiraux ne patrons pour gouvrenner une grosse navie sus mer, et estoient chil bien pourveu de grant fuison de bons combatans et de droite gent d’eslite. Bien les veoient chil de le ville de le Rocelle et messires Jehans Harpedane, qui estoit pour le temps senescaux de le Rocelle, mès point ne les aloient combattre; et avint que li comtes de Pennebruc dessus nommés et messires Ghuichars d’Angle et leur navie nagièrent tant par mer, en costiant Normendie et Bretaingne et yaux adrechant pour venir en le Rocelle, qu’il aprochièrent les mettes dou pays et trouvèrent à leur encontre celle grosse navie d’Espaingne. Adont seurent il bien qu’il les couvenoit combattre: che fu l’avant vegille de le nuit Saint Jehan Baptiste, l’an mil trois cens settante et deus.

Quant li comtes de Pennebrucq et li chevalier qui là estoient en se compaignie, perchurent le navie des Espagnolx qui estoient en leur chemin, et ne pooient nullement venir ne ariver en le Rocele ne passer fors que parmy yaux, et le virent si grande et si grosse et pourveue de si gros vaissiaus enviers les leurs, si ne furent mies bien aseguret. Nonpourquant, comme bonnes gens, il s’armèrent tost et appertement, et fissent sonner leur trompettes et mettre leurs bannièrez et leurs penons hors avoecq ceux de Saint Jorge, et moustrèrent bon visaige, et requeillièrent et missent enssamble tous leurs vaissiaux, petis et grans, et aroutèrent leurs archiers tout devant, et pooient y estre quatorse nefs parmy leurs pourveanches. D’autre part, li Espagnol qui mout les desiroient à combattre, si trestos comme il les virent nestre ne approcier, il s’armèrent et ordonnèrent, et missent leurs bannières et leurs pennons de Castille hors, et fissent sonner lors trompettes et aller touttes mannières de gens à leur gardes, et montèrent amont as cretiaux et as garittes de leurs vaissiaux qui estoient bien breteskiés, et targièrent et paveschièrent tous leurs rimeurs, dont en chascune gallée avoit grant fuison, et s’estendirent tout au lonch affin que li Englès ne les pewissent fuir ne eslongier. Et quant il se furent enssi ordonné, comme gent de bon et grant couvenant, li quatre patron dessus nommet, dont chascuns estoit en une gallée par soi et entre ses gens, se missent en frontière tout dentre et aprochièrent les Englès vistement et radement. D’autre part, li Englès qui estoient tout comforté de le bataille, car combattre les couvenoit et atendre l’aventure ne ilz ne pooient fuir d’entre yaux ne reculler, ne ossi il n’ewissent daigniet, aprochièrent moult bellement et moult ordonneement. Si trestost que il furent li ung devant l’autre, comme gens de guerre et ennemy, sans noyent parlementer, il se commencièrent à envaïr, à atraire et à lanchier vistement et fortement. Là s’acquitoient li archier d’Engleterre souffisamment au traire, et estoient sour les bors de lors nefs, et traioient si roidement et si ouniement c’à painnes se pooit ne osoit nuls amoustrer. D’autre part Espagnol et Chateloing, qui estoient bien pavesciet et à le couverte en leurs vaissiaux, lanchoient dars et archigaies si trenchans, que qui en estoit à plain cop consieuwis, c’estoit sans remède: il estoit mors ou trop villainnement navrés. Che premier jour tournièrent il enssi en lanchant et escarmuchant, en jettant pierres et en traiant, dont il en y eut des uns et des autres pluiseurs ochis et navrés, tant que li marée dura et que li aige ne leur falli, car li mers seloncq son usage se retraiioit. Si couvint retraire les Englès, mais à ce premier estour il perdirent quatre nefs de leurs pourveanches, que li Espagnol conquissent sus yaux et encloïrent au departement dou hustin entre yaux, et furent mort et noiiet et jetté à bort le plus grant partie de ceux qui dedens estoient: tout che veoient leur mestre et leur signeur qui devant yaux estoient, mès amender ne le pooient. Fos 178 vo et 179 ro.

P. 38, l. 28: ens ou.—Ms. A 8: au.

[P. 39], l. 18: Harpedane.—Ms. A 8: Hardane. Fo 347 vo.

P. 39, l. 21: Cauderier.—Ms. A 8: Chauderon.—Ms. B 1: Chaudouvrier.