POUR PARAITRE PROCHAINEMENT :

Saint Ambroise, par le Duc de Broglie.

Saint Nicolas Ier, par M. Roy.

Sainte Odile, par Henri Welschinger.

Saint François d’Assise, par Henri Cochin.

Chaque volume se vend séparément. Broché… 2 fr.
Avec reliure spéciale… 8 fr.

TYPOGRAPHIE FIRMIN-DIDOT ET Cie. — MESNIL (EURE).

SAINT DOMINIQUE

CHAPITRE I
ENFANCE ET JEUNESSE DE SAINT DOMINIQUE.
1170-1203.

En commençant cette Vie de saint Dominique, nous ne nous dissimulons pas les difficultés d’une pareille entreprise. Fondateur d’un ordre religieux qui a joué un grand rôle dans l’histoire, notre saint a connu les excès de la louange et de la critique. Ses admirateurs et ses disciples ne se sont pas contentés des renseignements, parfois vagues ou laconiques que nous ont laissés sur sa vie les auteurs du treizième siècle, et en particulier son successeur Jourdain de Saxe ; et dès la fin du quatorzième siècle, la légende s’est mêlée à l’histoire. Alain de la Roche l’a répandue à profusion dans sa biographie, et son zèle, aussi pieux que maladroit, n’a réussi qu’à obscurcir la vie de son héros. Jean de Réchac, au dix-septième siècle, a marché sur ses traces, dans une biographie sans critique où déborde le merveilleux. D’autre part, les ennemis de la foi n’ont vu trop souvent en saint Dominique que le fondateur de l’Inquisition, et ils ont voulu imputer à sa mémoire tous les abus de cette institution ; sa pieuse figure leur est apparue à la clarté sinistre des bûchers. Llorente nous le montre à Lagrasse, près de Carcassonne, célébrant la messe sur un tertre aplati, « tandis qu’aux quatre coins de la plate-forme, quatre bûchers étaient dressés, et que les flammes y dévoraient les victimes[1] ! »