[Note 745: ][(retour) ] Et non pour avoir été l'architecte favori de Diane de Poitiers et le constructeur du château d'Anet: Henri Clouzot, Philibert de l'Orme (Les Artistes célèbres), p. 65-67.

[Note 746: ][(retour) ] Le Primatice est mort entre mars et septembre 1570: Dimier, Le Primatice, peintre, sculpteur et architecte des rois de France, Paris, 1900, p. 210.

Ces deux Français, chargés de la direction et du contrôle des travaux, cessèrent d'appeler d'Italie des artistes et des ouvriers et ils n'employèrent plus guère depuis 1570 que des Français. Ils étaient aussi fervents admirateurs de l'antiquité que Le Primatice; mais ils pensaient n'avoir plus besoin d'intermédiaires. L'initiation de leur pays étant accomplie, les initiateurs pouvaient partir. L'art français bien dressé, trop dressé, allait pour un temps se suffire à lui-même et vivre de ses propres moyens. Il est remarquable que son émancipation d'un moment se soit affirmée sous une reine italienne.

L'architecture était de tous les arts celui qui l'intéressait le plus et auquel elle s'entendait le mieux. Aussitôt qu'elle disposa librement des finances de l'État, elle activa les travaux des maisons royales et des siennes. Elle continua le palais Renaissance que François Ier et Henri II avaient entrepris de substituer au Louvre de Charles V. Pierre Lescot acheva ce qu'il avait commencé, la réédification de l'angle sud-ouest, la seule partie du vieux château qui eût été démolie. À ce point de jonction des bâtiments neufs, mais extérieurement à eux, Catherine fit construire ensuite, dans la direction de la Seine, un portique sur lequel s'éleva plus tard la galerie d'Apollon. Elle chargea de ce travail un autre Français, Pierre Chambiges, le descendant des grands maçons de Beauvais. En retrait de ce portique, parallèlement à la rive du fleuve, se développa la galerie actuelle des Antiques[747]. Portique et galerie reposaient sur un soubassement en bossage vermiculé, qui rappelait les blocs rustiques du palais Médicis de la Via Larga et d'autres palais de Florence. Le Primatice, aussi bon architecte que peintre, poursuivit jusqu'à sa mort les travaux de Fontainebleau, où il avait été déjà occupé sous Henri II. La construction de la salle des Gardes, l'agrandissement de la chambre des Poêles ou de l'Étang (au-dessus du Musée chinois actuel) sont la part de Catherine dans l'immense édifice.

[Note 747: ][(retour) ]747 Babeau, Le Louvre et son histoire, Paris, 1895, p. 68 sq.

Elle chargea Philibert de L'Orme de «parachever» pour le Roi son fils (Charles IX) Saint-Maur-des-Fossez, qu'il avait construit pour le cardinal du Bellay, et de transformer ce rendez-vous de chasse à un étage, que le Cardinal avait dédié à François Ier et aux Muses, en une «cassine» (villa) bâtie «avec une grande et magnifique excellence ... d'une façon bien autre et beaucoup plus riche et logeable» et digne--du moins de L'Orme le croyait--de servir de maison de plaisance au château de Vincennes[748]. La Reine-mère avait aussi ses maisons des champs: Monceaux, près de Meaux, dont la construction était assez avancée en 1561 pour qu'elle y reçût la Cour[749];--et loin de Paris, dans la région de la Loire, Chenonceaux, qu'elle s'était fait céder par Diane de Poitiers. La situation du château dans le lit même du Cher, en partie sur le tablier d'un pont, était originale. Philibert de L'Orme, à qui elle demanda un projet d'agrandissement, lui en soumit un[750] qui aurait fait de Chenonceaux une résidence plus splendide que Fontainebleau et que Chambord. Mais Philibert de L'Orme mourut et l'argent manqua; il fallut se borner. Toutefois, elle affecta aux embellissements qu'elle y entreprit à partir de 1576, outre les revenus du domaine, qui étaient de 1200 écus d'or, ceux de la baronnie de Levroux[751]. Elle traça des jardins et amena par des canaux souterrains les eaux du voisinage. Ce sera son Poggio à Cajano, avec une rivière abondante, le Cher, au lieu du maigre Umbrone; et à l'exemple de Laurent de Médicis qui avait fait de sa propriété un champ d'expériences, un musée et un jardin d'acclimatation[752], elle planta des vignes étrangères, établit une magnanerie et une filature de soie, installa une volière d'oiseaux rares et une petite ménagerie d'animaux curieux. Aussi était-ce, de toutes ses maisons des champs, celle laquelle, disait Henri III, «elle s'estoit plus qu'à nul autre affectée et délectée».

[Note 748: ][(retour) ] Philibert de L'Orme, Tome premier de l'Architecture, p. 251. Cet agrandissement ne fut pas un embellissement, et l'élégant pavillon s'alourdit de deux ailes banales (Palustre, Renaissance, t. II, p. 70).

[Note 749: ][(retour) ] Palustre, L'Architecture de la Renaissance, p. 197. Cf. Bouchot, p. 146.

[Note 750: ][(retour) ] Conservé par Jacques Androuet du Cerceau, dans son Recueil des plus excellens bastimens de France: Clouzot, Philibert de l'Orme, p. 151.

[Note 751: ][(retour) ]: Sauf les 220 livres qu'elle réservait au chapitre de l'église de Cléry pour le service d'Henri II: l'abbé C. Chevalier, Debtes et créanciers de la Royne mere, Introd. p. XXXVI-XL, Techener, 1862.