[Note 1098: ][(retour) ] 18 août 1580, Lettres, t. VII, p. 277.
[Note 1099: ][(retour) ] Wright, cité par Kervyn de Lettenhove, t. V, p. 542-543.
C'était au moment des pourparlers de Plessis-les-Tours. Le Duc, pour l'apaiser, offrit de lui communiquer les dépêches relatives aux Pays-Bas et d'admettre son ambassadeur en tiers dans les délibérations[1100]. Elle revint à son projet de ligue contre l'Espagne, qui était en train de s'annexer le Portugal. Mais quand le Roi demanda ce qu'elle ferait pour son frère aux Pays-Bas, l'ambassadeur anglais répondit qu'il n'avait «charge ny pouvoir de sa maistresse, d'entendre à ce party, mais seullement résouldre ce qu'il falloit faire pour traverser ledit roy catholique en Portugal»[1101]. Ce fut au tour du duc d'Anjou de bouder. Alors elle fit de nouvelles avances. Elle pressa l'envoi des commissaires[1102]. Le Duc, très refroidi, fit partir Marchaumont pour «entendre la façon dont» ils seraient reçus[1103]. Catherine arrêta le messager au passage, étant sûre, écrivait-t-elle à Villeroy, que la reine d'Angleterre prendrait «pour rompture de ceste négociation, et en (pour) mocquerie si elle veoid qu'on veuille encore retarder lesdicts commissaires». «Comme ladicte Royne est femme couroigeuze et mal endurante, elle ne fauldra pas de... faire si grand prejudyce à l'advansement de mondict fils (le duc d'Anjou) qu'elle n'espargnera rien des grandz moyens qu'elle a pour luy nuyre et faire non seulement contre luy, mais aussy contre le Roy du pis qu'elle pourra, comme de susciter une nouvelle guerre avec ceulx de la Religion, les assistans de moyens, praticques et intelligences en Allemaigne et partout ailleurs où elle pourra, et si (ainsi) elle se liguera avec le Roy d'Espagne et aydera par despit à sa grandeur et à la ruyne, tant qu'ilz pourront tous deux, de ce royaulme.» Mais si son fils l'épouse «il peult sans [aucun] doubte espérer estre [le] plus grand prince, après le Roy son frère, qui soit en la chrestienté».
[Note 1100: ][(retour) ] Kervyn de Lettenhove, t. V, p. 545.
[Note 1101: ][(retour) ] Catherine au duc d'Anjou, 13 décembre 1580, Lettres, t. VII, p. 305.
[Note 1102: ][(retour) ] 12 janvier 1581, Lettres, t. VII, p. 320.
[Note 1103: ][(retour) ] 17 janvier 1581, Lettres, t. VII, p. 323.
Avec les moyens de la Reine «sa femme, qui ne luy peuvent déffaillir» et l'assistance du Roi, son frère, et du royaume de France, il peut, comme la Reine le laisse entendre, se faire élire roi des Romains[1104]. Elle se plaît à rêver tout éveillée.
Henri III nomma les commissaires, parmi lesquels trois princes du sang, le comte de Soissons, le duc de Montpensier et le prince Dauphin[1105], pour traiter, passer, accorder et contracter le mariage (28 février 1581). Après de laborieuses négociations, le contrat fut signé le 11 juin 1581, mais à l'épreuve on vit bien qu'il n'aurait pas plus d'effet que le premier.
[Note 1104: ][(retour) ] A Villeroy, 17 janvier 1581, Lettres, t. VII, p. 323-324.