[Note 1200: ][(retour) ]: Kervyn de Lettenhove, t. VI, p. 422.

[Note 1201: ][(retour) ] Ibid., t. VI, p. 469.

[Note 1202: ][(retour) ] Id., p. 468.

Catherine ne pouvait passer outre, mais elle ne désespérait pas de réussir en Portugal. Immédiatement après la nouvelle du désastre des Açores, elle avait recommencé à armer. Elle eut l'idée singulière de confier à Brissac, qui n'avait été ni heureux ni héroïque, le commandement d'une nouvelle flotte, mais Henri III réclama pour son favori, Joyeuse, amiral de France, le droit de choisir le chef d'escadre. «Brissac n'a ni gaigné la bataille, ni raporté tele marque sur luy qu'à son ocasyon il faillust (fallut) désonorer autruy pour l'onorer», et il concluait: «Ou il faust conserver les personnes en honneur ou il ne s'en faust poinct servir. La Reyne sera mieulx et plus dilijammant servie».[1203] Elle n'avait qu'à obéir et à consulter Joyeuse. Le Roi, ayant bien marqué qu'il était le maître, la laissa continuer ses préparatifs. Mais il ne fut pas d'avis d'envoyer une armée navale ni «chefs si grants» que l'Amiral, «car se seroyt nous déclarer de tout, se (ce) que mes affaires ne portent pas»[1204]. On désigna Aymar de Chastes, un commandeur de l'ordre de Malte, pour diriger l'expédition. Elle se remua fort. Elle pria M. de Danzay, ambassadeur de France en Danemark, de s'informer si et à quel prix il pourrait lui procurer, là ou ailleurs, en Suède, ou à Lubeck et à Hambourg et autres villes de ces quartiers-là, «une vingtaine de grandz vaisseaux, le quart du port de XVII cens tonneaulx, autre quart de VIII cens et VI cens tonneaulx, equippez et artillez et s'il s'en trouvoit qui feussent en façon de roberges et gallions pour servir à voille et à rame, ce seroit ung grand plaisir»[1205]. Elle sollicita les bons offices de M. de La Gardie, «bon et naturel gentilhomme françoys», qui avait pris du service dans les armées du roi de Suède et qui fut l'ancêtre en ce pays du Nord d'une illustre famille[1206]. Elle s'occupa de faire payer Danzay de son traitement, qui était fort en retard, afin de stimuler son zèle[1207]. Elle avait hâte de recevoir une réponse. Comme elle était sans argent, elle fit demander au roi de Suède de lui céder «quelques ungs de ses grands vaisseaulx» en compensation de l'embargo qu'il avait mis sur les marchands français[1208].

[Note 1203: ][(retour) ] Octobre 1582, Lettres, t. VIII, app. p. 407.

[Note 1204: ][(retour) ] Henri III à Villeroy, Lettres de Catherine, t. VIII, p. 65, col. 2, note 1.

[Note 1205: ][(retour) ] 13 novembre 1582, Lettres, t. VIII, p. 71.

[Note 1206: ][(retour) ] Ibid., p. 72.

[Note 1207: ][(retour) ] Ibid., p. 75.

[Note 1208: ][(retour) ] 23 mai 1583, Lettres, t. VIII, p. 103.