[Note 1423: ][(retour) ] On croit communément que l'urne était destinée à recevoir et a reçu les cœurs, unis cette fois, d'Henri II et de Catherine, mais il n'est pas possible que le secrétaire de l'ambassadeur vénitien se soit trompé. Dans sa relation écrite peu de temps après 1579, et en tout cas du vivant de Catherine de Médicis, il dit qu'Anne de Montmorency fut l'âme (anima) du roi Henri II, «comme on le voit par la sépulture de leur cœur dans un même vase à l'église des Célestins». Des trois distiques gravés sur le soubassement, le plus ancien et le plus équivoque ne contredit pas ce témoin:
Cor junctum amborum longum testantur amorem
Ante homines Junctus spiritus ante Deum.
Amor, en langage poétique, peut très bien signifier l'amitié de deux hommes.--L'urne actuelle du Louvre est une reconstitution moderne.
APPENDICE
LES DROITS DE CATHERINE SUR LA SUCCESSION DES MÉDICIS
Le contrat de mariage[1424] de Catherine de Médicis portait qu'elle renonçait aux biens, meubles et immeubles de son père «au proffit et utilité de» Clément VII, mais son oncle étant mort en 1534, son cousin le cardinal Hippolyte en 1535, et son frère Alexandre de Médicis, duc de Florence, en 1537, et ainsi tous les mâles de la branche aînée ayant disparu, Catherine revint sur sa renonciation comme n'ayant été faite qu'en faveur du Pape. Elle poursuivit en Cour de Rome la restitution de ses biens patrimoniaux, que détenait Marguerite d'Autriche veuve de son frère assassiné. Le projet de transaction qui, après négociations et procès, fut en 1560 soumis aux deux parties, laissait à Marguerite la jouissance, sa vie durant, des biens situés en Toscane et la pleine propriété des joyaux; bracelets, pierres précieuses et autres meubles, ainsi que des biens-fonds des Médicis situés dans le royaume de Naples[1425]. Il attribuait à Catherine la nue propriété des immeubles de Toscane et du palais Médicis de Rome[1426] avec ses appartenances et dépendances.
Les revenus des fonds placés sur le Mont-de-la-Foi (Mont-de-Piété) étaient partagés entre Marguerite et Catherine, le capital (20 000 écus) restant à Catherine, à charge pour les deux héritières de désintéresser les créanciers du cardinal Hippolyte. La question de la villa Médicis (villa Madame)[1427] était réservée, d'autant que le cardinal Alexandre Farnèse y prétendait aussi en vertu d'une donation d'Henri II[1428].
[Note 1424: ][(retour) ]: Le contrat de mariage dans Lettres, t. X, p. 478 sqq. (en français); une copie en latin (moins complète) dans Reumont-Baschet, La Jeunesse de Catherine de Médicis, p. 312-318.
[Note 1425: ][(retour) ] Lettres t. IX, p. 438.
[Note 1426: ][(retour) ] Dit palais Madame, à cause de Madame Marguerite, qui depuis la mort de son mari, l'occupait. Aujourd'hui palais du Sénat.
[Note 1427: ][(retour) ] C'est la villa Médicis au Monte Mario, qu'il ne faut pas confondre avec la Villa Médicis du Pincio où est installée aujourd'hui l'Académie de France.