[Note 10: ][(retour) ] C'est le chiffre donné par Pastor, Histoire des Papes, traduction française, t. VII, p. 122.

[Note 11: ][(retour) ] Litta, Famiglie celebri italiane, t. XII, table XII.--Gauthiez, Jean des Bandes Noires, Paris, 1901. Il y avait d'autres lignées collatérales, mais plus éloignées. L'un de ces Médicis, de la branche des Chiarissimi, Ottaviano, fut le père du pape Léon XI, qui ne régna que quelques mois. Voir Litta, Famiglie, t. XII, table XX. Le pape Pie IV (1559-1565) était un Médicis de Milan.

Les contemporains, qui avaient vu les deux Borgia, le pape et son fils, s'acharner à la destruction de la féodalité romaine, supposaient que César Borgia avait voulu unifier l'État pontifical pour l'accaparer à son profit, ou, comme on dit, le séculariser. Ils s'attendaient toujours à quelque recommencement. L'ancien secrétaire de la République florentine, Machiavel, disgracié à la rentrée des Médicis et qui occupait ses loisirs à établir les lois de la science politique, dédia à Laurent son livre du Prince, où il exposait dogmatiquement, sans souci du bien ni du mal, les moyens de fonder et de conserver un État (1519). Suspect, pauvre et malade, il parlait au chef de la Cité, non en quémandeur, mais en conseiller. Machiavel était de ces Italiens qui rêvaient d'indépendance, à défaut d'unité, et qui détestaient la monarchie pontificale, ce gouvernement de prêtres, comme incapable de la procurer[12]. Mais ils la savaient assez puissante au dedans et assez influente au dehors pour s'opposer, soit avec ses propres forces, soit avec l'aide des étrangers, à toute tentative qui ne viendrait pas d'elle. Aussi ces ennemis du pouvoir temporel voyaient-ils avec faveur grandir un fils d'Alexandre VI, comme César, ou un neveu de Léon X, comme Laurent, hommes d'épée de l'Église, et qui pourraient être tentés d'usurper sa puissance au grand profit de l'Italie[13].

[Note 12: ][(retour) ] Francesco Flamini, Il Cinquecento (t. VI de la Storia litteraria d'Italia, éd. Vallardi), s.d. ch. I de la première partie. Il pensiero politico, passim, p. 24-25, 31 et bibliographie, p. 527 sqq., et surtout le terrible passage des Discorsi sopra la prima Deca di Tito-Livio; liv. I, ch. XII, qui commence ainsi: «Abbiamo adunque con la Chiesa e con i preti noi Italiani...», éd du Prince et des Discours, Turin, 1852, p. 139.

[Note 13: ][(retour) ] L'idée de fond de Machiavel, elle est probablement dans le chapitre XXVI et dernier du Prince, où il exhorte les Médicis, appuyés de leur «vertu» et favorisés de Dieu et de l'Église, dont l'un d'entre eux (Léon X) est le souverain, à saisir la bannière et à marcher, suivis de tous les Italiens, à la «rédemption» de l'Italie. Pasquale Villari, Niccolò Machiavelli e i suoi tempi, 2e éd. 1895, t. II, p. 413-414. Il Principe, ch. XXVI, éd. de Turin, p. 99-101.

Mais Laurent de Médicis emporta en mourant les rêves du penseur laïque et les espérances du Pape. C'était un brave soldat, sinon un capitaine. Il passait, comme sa mère, Alfonsina Orsini, pour orgueilleux et autoritaire; il s'isolait de ses concitoyens, et Léon X l'avait, dit-on, sévèrement repris de les regarder comme des sujets. Il ne s'était jamais complètement remis du coup d'arquebuse reçu dans la campagne d'Urbin et aussi, s'il fallait en croire quelques chroniqueurs français ou italiens, d'un mal qui aurait dû retarder, sinon empêcher son mariage. Madeleine aurait épousé le mari et le reste[14].

[Note 14: ][(retour) ] Florange, p. 224, Cambi, Istorie dans les Delizie degli Eruditi toscani, p. p. Ildefonso di San Luigi, t. XXIII, p. 145.

Cette belle jeune Française avait fait son entrée à Florence le 7 septembre 1518. Elle tenait à plaire et elle y réussit. C'était, dit le frère Giuliano Ughi, «une gentille dame, belle et sage, et gracieuse et très vertueuse (onestissima[15].

[Note 15: ][(retour) ] Cronica di Firenze dell' anno 1501 al 1546, Append. à l'Archivio storico italiano, t. VII (1849), p. 133.

Mais elle eut juste le temps de se faire regretter: le 13 avril 1519, elle accoucha d'une fille--c'était la future reine de France--et quinze jours après (28 avril), elle mourut de la fièvre. Laurent, qui, depuis le mois de décembre, gardait le lit ou la chambre, ne lui survécut que quelques jours (4 mai).